18 février 2014

Loureiro Goliardo, Tintos de Mar, rouge typé de Galice

La Galice a gagné ses galons de grande région viticole, d'abord dans le public espagnol, puis au-delà des frontières, grâce à ses blancs. Notamment ses blancs d'Albariño - un des cépages les plus fins au monde.

En matière de rouges, par contre, tout ou presque reste à faire.

Pourtant, il y a de l'espoir. Ses températures plus fraîches que dans le reste de l'Espagne, ses sols pauvres (granite et schistes, principalement) et ses cépages locaux (Caíño, Loureiro...) sont autant d'atouts pour produire des vins aromatiques et singuliers. Saviez-vous que le premier vin consommé en Amérique, à l'arrivée des navires de Colomb, était un rouge de Ribadavia - aujourd'hui en appellation Ribeiro? Les archives ne disent pas quel goût il avait, mais on sait qu'il voyageait bien, notamment grâce à ses tannins et à son acidité.

D'aucuns voient dans ce finistère ibérique le futur du rouge espagnol. Rendez-vous dans 20 ans pour le dire: l'Espagne n'arrête pas de nous surprendre. Qui aurait prédit, il y a 20 ans, le succès de la Rlbera del Duero, de Rueda ou du Priorat, sans parler des étoiles montantes que sont Somontano ou Mentrida, et sans oublier la renaissance du vieux Callet de Mallorca, ou de la Mencía de Bierzo?

Revenons en Galice, et plus précisément en Rias Baixas, avec ce monocépage Loureiro de la maison Forjas del Salnés, sous la marque Goliardo.

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Le nez est très expressif, gourmand, séducteur - cerise, groseille, cassis, avec quelques notes iodées qui étonnent moins quand on lit le sous-titre: "Tintos de Mar". La bouche, elle, est spectaculaire, l'acidité surprenante, les tannins très présents - ce n'est pas un défaut, c'est une structure. Ce vin a un côté sauvage qui fait partie de son charme; ceux qui prendront le temps de l'apprivoiser y gagneront de jolies sensations, des épices, du fumé, des fleurs, à nouveau du fruit noir, de la salinité aussi. C'est long, et ça ne ressemble à rien d'autre.

Imaginez un panier de fruits laissé sur un rocher, sur la côte rugueuse de la Galice, exposé aux embruns d'Atlantique; ajoutez un feu de camp et des herbes sur la lande. Vous aurez une petite idée de ce que nous propose Rodrigo Méndez et Raúl Pérez, les créateurs de ce vin décoiffant qui oscille entre finesse et rusticité. Bref, un vin pour amateurs un tant soit peu éclairés, ou au moins curieux de nature. Surprenez vos papilles!

Le même vigneron propose également une cuvée d'assemblage (Caíño, Loureiro et Espadeiro), un peu dans les mêmes tonalités mais un tantinet plus sage, plus rond. Mais toujours très gourmand. On recommandera aussi son excellent blanc d'Albariño (pêche, poire, agrumes, vif et riche à la fois), le Leirana.

Pour info, Loureiro veut dire laurier en Portugais comme en Galicien. Bien adapté à l'humidité, mais craignant le gel, ce cépage est surtout présent sur la côte, aussi bien en Galice qu'au Nord du Portugal, en Vinho Verde, où on l'appelle également Loureira ou Marqués. Il est assez proche de la Mencía de Bierzo et de Ribeiro, et du Jaén du Dão - ces variantes étant plus adaptées à des climats un peu plus continentaux.

Importateur: La Buena Vida (B).

08:42 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne | Tags : loureiro, galice, espagne, vin, vigne, découverte, forjas del sainés | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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