01 septembre 2014

Pourquoi importons-nous tant de miel?

Le marché du miel pourrait-il préfigurer l'évolution de celui du vin dans un futur plus ou moins proche?

Si c'est le cas, les viticulteurs français ont du soucis à se faire...

Jusque dans les années 1990, la France était globalement auto-suffisante en miel. Mais en 10 ans, sa production a été divisée par deux. Elle ne représente plus qu'un peu plus d'un tiers de la consommation nationale (15.000 tonnes sur 40.000).

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A quoi reconnaît-on une abeille française? Au prix de son miel!

Selon France AgriMer, la France a importé 25.500 tonnes de miel en 2012, principalement en provenance d’Espagne, de Chine, d'Ukraine, d’Argentine, d'Allemagne et de Hongrie. 

En cause, principalement le prix: un kilo de miel français coûte 3 euros à produire, pour seulement 1,5 euro en Espagne, par exemple. Difficile à comprendre si l'on se dit que l'essentiel du boulot est fait par les abeilles, qui ne connaissent pas notre code du travail et dont les habitudes ne dépendent a priori pas de la langue ou du modèle social du pays où leur ruche est implantée. Mais il y a tout le reste, la main d'oeuvre humaine, l'entretien des ruches, la récolte, la mise en pot - tout cela est imposé, encadré, assujetti - plein pot, au tarif national.

D'un autre côté, les producteurs français émettent de sérieux doutes sur la qualité de certains miels importés - notamment en provenance de Chine (premier producteur mondial, avec plus de 500.000 tonnes). Selon eux, les producteurs de l'Empire du Milieu écourteraient le cycle naturel de maturation du miel pour réduire les coûts, ne permettant pas aux abeilles de reboucher les alvéoles.

Pourquoi donc est-ce que je pense à des vins dont les raisins sont récoltés en sous-maturité et qui sont abondamment chaptalisés?

Qui qu'il en soit, le miel ainsi récolté contiendrait trop d'eau et se conserverait moins bien. 

Le hic, apparemment, c'est que le consommateur français ne fait guère la différence. Le produit s'appelle miel dans les deux cas, et l'origine est souvent assez discrète sur l'emballage. Alors il achète le moins cher.

Comment remédier à cet état de fait? Interdire les importations? Pour celles en provenance de l'Union européenne, ce serait contraire à la libre circulation des marchandises. 

Abaisser le coût du travail en France? C'est contraire au modèle français.

N'en déplaise à M. Montebourg, la part du miel national devrait donc continuer à baisser dans la consommation française.

 

08:10 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, Espagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Dans le sud de la France en tout cas, les coûts de production sont aussi liés au massacre des ruches par l'utilisation massive des pesticides (remplacement, faible production, éparpillement des points de collecte ...). L'université de Perpignan, forte de son "Visa pour l'Image" annuel (il commence) possède une section "photo-reportage" avec un module "photo aérienne". Oh, on ne vous envoie pas en l'air, mais vous apprenez à piloter un "drone". Peut-être est-ce l'avenir pour les apiculteurs?

Écrit par : Luc Charlier | 01 septembre 2014

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Bonne remarque, mais comment expliquer, alors, que les ruches espagnoles en souffrent mois?

Écrit par : Hervé Lalau | 01 septembre 2014

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Je ne crois pas à la théorie d'écourtement de la "maturation" du miel. Aussitôt avoir rentré le miel, les abeilles operculent les alvéoles et tout cela leur sert de réserve pour l'hiver. Mon beau-père avait des ruches et je me souviens qu'il faisait 2 récoltes par an: une en mai après les fleurs des arbres fruitiers et une en août après les fleurs sauvages d'été. Le miel c'est du sucre inverti cad du saccharose (= sucre double) qui a été transformé en 2 sucres simples (fructose et lévulose) par les enzymes produites par l'abeille. Le miel contient environ 20% d'eau et cristallise peu à peu, étant sursaturé en sucres, et s'épaissit et cet à ce moment qu'il est mis en pots. En principe, le miel est bon à prendre dès l'operculation opérée par ces petits insectes extraordinaires.
Mais, il se peut que le miel espagnol soit baptisé partiellement de miels provenant de chine, d'Amérique centrale et du sud et par conséquent vendu meilleur marché. Je ne crois pas qu'il y ait des possibilités de détecter en labo des provenances non locales...!

Écrit par : Gosselin Jean-Noël | 03 septembre 2014

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