26 janvier 2014

Coup de blues - vous avez dit "interactif"?

En début de semaine, j'allume un blog (que je ne citerai plus). Résultat: mes statistiques grimpent à plus de 1.200 visites, deux jours de suite.

C'est sans doute aussi l'effet Face de bouc. Je ne saurai jamais ce qu'on y a dit de moi ou de mon initiative, et c'est mieux comme ça. Mais une chose est sûre: ça a fait venir chez moi des gens qui n'y venaient jamais.

Dégoûté par le côté stérile des discussions qui s'en suivent, jeudi, et constatant que le blogueur concerné et moi n'avons plus rien à nous dire, je supprime les billets qui s'y rapportent, en me jurant bien de garder pour moi, la prochaine fois, tout ce qui peut ressembler à de la critique pour cette nouvelle caste d'intouchables que sont les blogs dits populaires, pour la sacro-sainte diversité.

Résultat: le lendemain, malgré un billet auquel je suis beaucoup plus attaché, car bien plus utile à mon sens (des commentaires de Coteaux du Giennois), mon "score" redescend à 800 visites (source: Skynet).

Nombril.jpg

Nombriliste, le Lalau...

Moralité: il y a une bonne et une mauvaise notoriété. De bonnes et de mauvaises façons d'attirer du monde. Et j'ajouterai: il y a eu équivoque. Les lecteurs supplémentaires qui étaient venus ont flairé la polémique mais n'ont pas aimé mon blog. Peut-être que si je les connaissais, je ne les aimerais pas non plus. Va savoir. On parle d'interactivité des blogs. Elle est tout de même limitée: les lecteurs en savent beaucoup sur celui qui signe les billets; mais mis à part ceux qui osent un commentaire, le blogueur ne sait pas grand chose de ses lecteurs.

J'ai toujours essayé d'éviter toute dérive élitiste, mon souhait le plus profond est de partager ce que je sais. Les choses que mon métier me donne la chance de voir et de boire, les rencontres qu'il me fait faire. D'un autre côté, je me refuse à donner dans la facilité; je sais d'expérience que le vin s'apprend - comme une langue. Et ne demander aucun effort à ses lecteurs, sous prétexte que tout le monde serait capable de juger par lui même dès la première dégustation, ce serait aussi bête que de donner le volant d'une F1 à un conducteur du dimanche.

Caresser le néophyte dans le sens du poil, parler uniquement de l'air du temps ou de ses petites marottes, sans chercher à éduquer le lecteur, ce n'est pas ma tasse de thé. Je dois cependant me faire à l'idée que c'est peut-être ce que le grand public, ce cher public sans visage, recherche.

Je suis assez amer. J'ai même failli arrêter ces chroniques.Pour tenir un blog au jour le jour, un blog gratuit, au demeurant, il faut y croire un minimum.

Et puis j'ai reçu un petit message me remerciant pour des commentaires de vins. Alors je me suis remotivé.

Je me suis répété qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Qu'on doit accepter la critique. Si seulement c'était le cas de tout le monde!

Avec ce billet, je ne cherche pas tant à convaincre ceux qui n'aimeront jamais ce blog qu'à expliquer comment et pourquoi je blogue. Love it or leave it!

C'est sans doute totalement inutile. Un tantinet nombriliste (vous voyez, même pas besoin de me le dire!). Mais j'ai quand même ressenti le besoin de le faire. Et n'est-ce pas tout l'intérêt d'un blog personnel que de pouvoir y écrire ce qu'on pense?

00:33 Écrit par Hervé Lalau | Tags : nombrilisme, blogs, motivation, vin | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

Commentaires

"Caresser le néophyte dans le sens du poil, parler uniquement de l'air du temps ou de ses petites marottes, sans chercher à éduquer le lecteur, ce n'est pas ma tasse de thé."
Ce n'est pas, non plus, la démarche privilégiée par La Pïnardothek. Relire avant de condamner. Et arrêter de la jouer poète maudit.

Écrit par : Nicolas de Rouyn | 27 janvier 2014

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Décidément, Hervé, je ne vous comprendrai jamais. Vous découvrez un blog que vous n'aimez pas. Bon. Ça arrive tous les jours à énormément de monde. Vous décidez que ça mérite un billet de blog, d'expliquer que vous avez découvert un blog que vous n'aimiez pas. Là déjà, je décroche, j'avoue que cette initiative ne me viendrait pas à l'idée. Mais c'est vous, et comme je sais que vous n'aimez pas non plus mon blog (vous ne vous en êtes jamais caché), je me resouds à la conclusion que nous sommes fondamentalement différents, voilà tout.
Non content de poster un premier billet sur le sujet, voilà que vous en postez un 2ème. Parce que le 1er n'était pas assez clair, ou assez complet, ou assez justifié, que sais-je encore. C'est déjà beaucoup trop, mais bon, comme dit ci-dessus, j'ai cessé de chercher à comprendre.
Mais voilà que vous réitérez à nouveau, pour annoncer cette fois que vous avez supprimé les précédents billets. Alors là, les bras m'en tombent. Voilà qui me semble tellement éloigné de toute déontologie aussi bien journalistique (puisque vous l'êtes, ce me semble) que celle du blogueur (puisque vous l'êtes, ce me semble)!! Effacer les traces. Que plus personne ne puisse voir ce que vous avez écrit, ce qu'on vous a répondu. Quand vous avez juré n'avoir insulté personne (ne me traitez pas de camionneuse, moi aussi je le prendrais comme une insulte)... Couper court au débat.
Mais le plus cocasse est que vous mettez ensuite en doute l'interactivité d'Internet, alors même que vous la refusez, préfèrant supprimer des articles et balayer les internautes en désaccord avec vous d'un revers de souris. Mieux, vous invoquez les "intouchables" que l'on ne peut critiquer alors même que vous venez de le faire. Enfin, vous chassez avec mépris les avis contraires, résidus malades échappés de "face de bouc" comme vous vous plaisez à le qualifier pour bien montrer votre défiance.
Je n'ai pas participé à ce débat. Ni sur votre blog, ni sur Facebook. Oui, pour vous aussi, "amoureux du beau mot et de la langue", Facebook s'écrit Facebook, un nom propre qui a une orthographe propre. Je n'y ai pas participé parce que ce débat ne m'intéresse pas, parce que je vous lis depuis des années et que votre position (évidemment, encore et toujours contraire à la mienne) ne m'a pas surprise, parce que, surtout, j'avais mieux à faire.
Mais sur ce dernier post, vous êtes trop mauvais joueur. Vous critiquez un blog, acceptez d'être critiqué en retour, s'il vous plait. Et ne supprimez pas les articles qui ne tournent pas comme vous le souhaiteriez. Assumez.
Puis aussi: ne vous lamentez pas d'être davantage lu sur cette critique plutôt que sur un article de fond. Cest le quotidien de tous les blogueurs, un article de merde qui marche, un bon article qui fait un flop. Vous n'êtes pas né de la dernière pluie. De là à en avoir le blues... c'est peut être ça qui me met le plus en rogne ce matin : vous dezinguez avec assez peu d'élégance une blogueuse (à peu près comme vous l'aviez fait à mon encontre Il y a qq années) et voilà maintenant que vous avez le blues de n'être pas assez aimé? De n'être pas compris? Pas apprécié à votre juste valeur? Pas assez lu? Pas lu "correctement"? Je ne comprends pas exactement ce qui vous file le blues mais je vous rassure, mon bichon chéri, je vous lis et même, je passe une demi heure à vous répondre. Alors que je m'étais promis de ne plus perdre mon temps par ici. Comme quoi, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, vraiment.
Ps: ceci dit, continuez de me faire rire en écrivant "... On doit accepter la critique. Si seulement c'était le cas de tout le monde!" Si seulement, oui.
PPS: veuillez excuser les d'autres ortho-typographique, je suis dans le train, j'ai bien du mal à écrire.
PPPS : au fait la photo de femme à poil au milieu de l'article, c'est... Euh... Bon goût, tout ça... Non, je m'étais promis de ne plus chercher à comprendre, respectons au moins cette promesse.

Écrit par : Miss GlouGlou | 27 janvier 2014

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Bonjour, je suis une lectrice silencieuse du blog que vous ne citez pas. Contrairement à vous, je pense que celle qui y écrit est une super pédagogue. Grâce à son blog, j'ai appris bcp sur le vin, j'achète chez le caviste, etc
Ceci dit, bonne continuation à votre blog. Mais moi, je suis fan de La pinardothèk !

Écrit par : AvelHeol | 27 janvier 2014

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Dont acte. Vous soutenez ce que vous aimez, c'est tout à votre honneur. Votre argument est tout à fait recevable. C'est donc que j'avais tort.

Écrit par : Hervé LALAU | 27 janvier 2014

A Miss Glou Glou
Vous avez le droit de penser ce que vous voulez.
En supprimant mes deux posts, il ne s'agissait pas d'effacer des traces, en tout cas.
La personne concernée m'a dit s'être sentie insultée. Ce n'était pas mon intention. Ni de continuer. Voilà pourquoi j'ai pris cette décision.
Je pense qu'il n'y avait plus de bonne solution.

Écrit par : Hervé Lalau | 27 janvier 2014

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Cher Hervé,

(comme nous passons pas mal de temps ensemble via votre blog, je me permets d'utiliser votre prénom)

Je vais essayer d'éclaircir quelques points, parce qu'au fond, je ne déteste rien tant que les incompréhensions qui débouchent souvent sur des conflits, larvés ou non.
Je passe du temps à écrire ce blog dont on dit pas le nom -à titre gratuit, aussi, évidemment: si je devais d'ailleurs faire les comptes du temps que j'y passe, à écrire les billets, répondre aux commentaires, des bouteilles que j'ouvre, etc je serais à coup sûr déficitaire.
On n'écrit pas pour être aimé (sauf à avoir quelques désordres affectifs), on peut bien sûr apprécier de l'être, mais ça ne doit en aucun cas être une finalité.
J'aime le vin, j'aime écrire: la naissance de ce blog était donc une évidence. Je concède avoir pris un ton, une attitude qui peut ne pas être au goût de tous: je le fais parce que ça m'amuse, parce que ça fait partie de moi. Ce n'est pas un «personnage» ou à peine, qui s'exprime. Si je force un peu le trait, parfois, parce que le jeu de l'écriture veut ça, le fond lui est toujours sincère.
L'incompréhension réside sans doute dans la manière dont vous avez abordé ce blog: un communiqué de presse un peu trop orienté sur certains aspects, et j'imagine, le survol que vous avez fait, voire la lecture en diagonale du blog, puisque vous l'avez confié vous ne le connaissiez pas du tout avant. Je crois pouvoir affirmer que vous n'avez pas lu l'intégralité des billets, plus de 170, c'est beaucoup évidemment. 170 billets où il m'arrive d'être légère (comme le billet sur le monferrato), d'autres ont trait à des moments plus personnels, toujours liés au vin, d'autres présentent des régions sous un aspect le plus complet possible. Voir le Rhône, dernièrement. Tous mes billets n'ont pas vocation à être techniques, ou parfaits: j'aime l'idée de me laisser porter aussi par mes humeurs et mes envies, de ne pas être tenue à une ligne éditoriale. C'est un blog, je ne suis pas journaliste, ce n'est donc pas non plus un « blog de journaliste ». Il a la liberté de n'être rien d'autre qu'un blog d' « envies ». Envie de partager, de communiquer, d'apprendre, de diffuser, de jouer avec le verbe.
On ne va pas revenir sur vos critiques : il n'en subsiste aucune trace.
Je pense aussi qu'on vous a, comme vous l'avez fait aussi- signifié suffisamment votre liberté totale de ne pas aimer.
Quant à votre façon d'opposer ce qui est populaire (donc forcément au ras des paquerettes), et ce qui l'est moins (donc de meilleure qualité) c'est manichéen et réducteur. Vous me faites penser à « Ratatouille » et à cette phrase qui choque en début de film Ego, le critique assassin « tout le monde peut cuisiner ». A la fin du film, attention spoiler, Ego réalise qu'il fallait entendre cette phrase comme « tout le monde ne peut pas être un grand cuisinier, mais un grand cuisinier peut se cacher n'importe où ».

Le blog est une chance : tout le monde peut en créér un. Même le moins doué, même le non-journaliste. S'il a quelque chose à dire, il a raison d'écrire.
Mon blog a du succès? Tant mieux. Est-il pour autant du genre à parler au cerveau atrophié de la masse (dieu, que c'est méprisant pour elle) ?
Je ne pense pas, j'en veux pour preuve les retours que j'en ai.
Parlons deux secondes d'interactivité : je suis présente sur Twitter, Facebook, et bien évidemment les lecteurs ont le choix d'intervenir en commentaires sur le blog, voire de m'écrire un mail puisqu'il y a une adresse dédiée. Vous savez quoi ? Je peux en conclure qu'il n'y a pas UN profil de « lecteur de la Pinardothek ». J'en partage même avec vous:)

Il y en a de tous types : des amateurs débutants qui demandent des adresses de bons cavistes, des « pros » (et par là j'entends journalistes, cavistes et vignerons). Imaginez ce que c'est, un vigneron qui vous écrit pour vous féliciter d'avoir écrit sur sa région, ses vins, ou simplement d'avoir un peu et très modestement remis l'église au milieu du village au sujet des vins natures. Vous, je ne sais pas mais moi je « kiffe ».
La Pinardothek est née pour être un « à-côté » des blogs vins sérieux, fouillés, parfois trop hermétiques. Je ne pensais pas rencontrer autant de gens différents dans mes lecteurs. Je ne pensais pas que certains pros approuveraient, je pensais assez naïvement que ma façon volontairement blagueuse et légère sur la forme, sérieuse sur le fond ferait plus grincer des dents qu'autre chose. Finalement, le fait d'être un blog parfois pédagogue, parfois d'humeur offre à mes lecteurs la liberté d'y prendre vraiment ce qu'ils veulent.

Tout ça a fait couler beaucoup trop d'encre. Le commentaire d'Ophélie reprend pas mal de choses que j'aurais voulu vous dire, je ne vais donc pas redonder.

Je vous propose donc de me lire, de temps à autres. Histoire de ne pas rester sur votre première mauvaise impression. Ainsi, si on se croise un jour, dans la « vraie vie » on pourra poursuivre cette conservation. Vous n'êtes sans doute pas un mauvais bougre, comme je ne suis pas non plus une harpie : certaines personnes pour qui j'ai le plus grand respect m'ont affirmé en avoir pour vous.
Le monde du vin n'a pas besoin de se disperser en d'inutiles querelles : je crois bien plus utile de faire entendre ses diverses voix. Fussent-elles à accent liégeois (il importait aussi de le préciser, je n'habite pas à Bruxelles mais à Liège : les boulets me remercieront).

Écrit par : sand | 27 janvier 2014

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De tout cœur avec vous !
Personne ne peut dire quoi que ce soit de négatif sur Mme Sandrine, vous venez de l’apprendre, je le savais depuis longtemps. Elle fait partie des intouchables, de ces blogueuses importantes à qui l’on doit tout laisser passer, tout accepter.
Elle manque toujours de cette qualité primordiale dans le monde du vin : la MODESTIE !
« Tout ce qui est excessif est insignifiant », et la pauvre fille est toujours excessive.
Continuez à nous faire plaisir grâce à vos écrits, à partager vos coups de cœur, vos émotions et vos articles de fond. Je suis heureuse grâce à vous d’avoir découvert l’appellation Coteaux du Giennois que je ne connaissais pas du tout ! MERCI

Écrit par : Laurence Siron | 27 janvier 2014

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A Sandrine
Merci d'avoir pris la peine d'argumenter.
Je regrette cette polémique. J'écris toujours trop vite.
Oui, j'irai voir voir votre blog de temps à autre.
Quant à vos remarques et à celles de Miss Glou Glou, je les prends en compte - et en pleine poire, aussi. Mais comme elle dit, il faut assumer.
Tiens, le plus drôle, à propos d'elle, c'est que je ne me souviens même plus quand j'ai pu la critiquer et pourquoi. Je n'en ai pas retrouvé la trace. J'ai été voir son blog, et j'aime assez ce qu'elle fait. Mais bon, le mal est fait, ça m'apprendra.
Bon vent à vous.

Écrit par : Hervé LALAU | 27 janvier 2014

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