22 janvier 2014

Berthier "L'Inédit", un joli pinot du Giennois

C'est sans doute mon éducation bourguignonne (mes parents étaient très Pommard), mais je suis assez difficile en matière de Pinot Noir.

Même en Bourgogne. Correction: surtout en Bourgogne.

Principal problème: trouver le juste équilibre entre maturité, structure et élevage.

Ecueil n°1 (nom de code, Charybdis): pas mûr, végétal et fluet. Et quand même cher.

Ecueil n°2 (nom de code: Scylla): surextrait, boisé et alcooleux. Et quand même cher.

Alors, quand je trouve un Pinot noir qui a du fruit, qui est mûr et vif, je ne boude pas mon plaisir.

Surtout quand il vient des Côteaux du Giennois - car c'est une bonne raison de vous parler de cette appellation dont on ne peut pas dire que la notoriété soit envahissante.

Cette jeune AOC, née en 1996, se situe deux deux côtés de la Loire, dans le prolongement de Pouilly et de Sancerre, en allant vers le Nord. Elle regroupe 200 ha, répartis entre 33 exploitants. Les cépages autorisés sont ceux du Sancerre, Sauvignon et Pinot noir, avec, en plus, le Gamay.

Je serai honnête avec vous - jusqu'à présent, je connaissais surtout ses blancs. De jolis Sauvignons dont les vignes sont dans le prolongement des celles de Pouilly. Ceux de Poupat (cuvée Rivotte) et de Quintin (Cuvée Rive Droite). J'avais bien dégusté quelques rouges, mais c'étaient tous des Gamay (le Poupat Rivotte rouge est très sympathique).

C'est donc, je pense, mon premier Pinot du Giennois. Un vin doublement Inédit, pour moi - puisque c'est le nom de la cuvée.

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La famille Berthier a des vignes en Coteaux du Giennois (le domaine de Montbenoît, 10,5ha), mais aussi à Sancerre (le Domaine des Clairneaux, à Saint Gemme, tout au Nord de l'appellation). Le Domaine de Montbenoît, lui, se situe à Pougny, non loin de Cosne - côté Nièvre, donc.

Revenons à notre Inédit (présenté ici dans le millésime 2012). Et osons, en toute condescendance, commenter le vin (ceux que ça ennuie peuvent sauter cinq lignes).

Le nez est une explosion de fruit mûrs - cerise et framboise, surtout; les mêmes reviennent en bouche et craquent sur la langue. Avec en prime, d'étonnantes épices (clou de girofle, cumin, poivre gris), et même un peu de menthe. C'est frais, très frais, relativement étoffé, cependant. Les tannins sont présents, mais sans rien de rugueux. Je me répète, mais ils sont mûrs, c'est sans doute là le secret...

L'étiquette porte le mot "Audacieuse". Est-ce le fait d'avoir tenté (et réussi) un si joli rouge de Pinot si près d'une grande appellation de blanc comme Pouilly-Fumé?  En tous cas, je vous le recommande.

Mettez le en bouteille-mystère parmi quelques Sancerre, Menetou-Salon et même quelques Côtes de Nuits, vous n'en direz des nouvelles...

Plus d'info: Vignobles Berthier

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France, Loire | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

Commentaires

L’ex-pinot d’un pote au Forgeron

Ex, car il a cédé son domaine en 2010, tout en gardant un oeil dessus. Et c’est effectivement Michel Smith qui m’a présenté Russ. Nous sommes allés ensemble au sommet de la « vigne de la Loute ». Voilà un autre exemple de pinot équilibré : il provient de l’Oregon.
Voir : http://coumemajou.jimdo.com/2014/01/20/pinot-christine-says/

Écrit par : Luc Charlier | 22 janvier 2014

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Oui, Williamette, ce fut une de mes plus belles surprises, avec la Nouvelle Zélande et les Grisons, quand j'ai dégusté les sélections du Mondial du Pinot, il ya quelques années. Ah, j'oubliais l'Allemagne - l'Ahr (et la manière), les bonnes années; Baden, aussi. Etonnants spätleses des environs du Kaiserstuhl. Je devrais y retourner un jour. Ya ka, fokon.

Écrit par : Hervé LALAU | 22 janvier 2014

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Merci pour cet article sur un vin des coteaux du Giennois.
Je m’intéresse justement à cette appellation en ce moment et il vrai qu'on ne trouve pas pléthore de comptes-rendus de dégustation sur le web.
Mais grâce à vous j'ai noté le nom de Poupat ici même ainsi que dans un de vos précédents billets (où vous aviez laissé entendre que peut-être vous nous en raconteriez un peu plus sur lui et Quintin : http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2012/05/29/a-sancerre-le-week-end-dernier.html).
Et ça tombe plutôt bien car il se trouve non loin de chez mes beaux-parents, je compte bien lui rendre une petite visite très prochainement.

Encore merci et longue vie à votre blog.

Écrit par : Sylvain | 22 janvier 2014

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Je me prenez en flagrant délit de promesse non tenue! C'est vrai que je l'avais écrit. Et que j'ai oublié. Je vais fais diligence, comme on dit chez Wells Fargo.

Merci de votre attention.

Écrit par : Hervé Lalau | 22 janvier 2014

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Il n'y a pas de promesse non tenue, juste qu’éventuellement vous nous en auriez parlé.
On peut comprendre que vous ayez suffisamment de choses à nous raconter pour de temps à autres en oublier quelques unes en chemin.
Je vous avoue quand même avoir fait ce petit rappel dans un but plus qu’intéressé :)
Bonne journée.

Écrit par : Sylvain | 22 janvier 2014

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Hervé,

Ce sont surtout les pinots du Württemberg qui valent la peine. Mais il n’y en a que très peu et les amateurs des Souabes les gardent pour eux. J’ai eu la chance de passer une soirée – et une grande partie de la nuit – à la table de Willy Haag, il y a une quinzaine d’années, grâce à Dirk van der Niepoort qui me servait de chaperon – ils sont amis. Bien sûr, nous avons bu les ors de Brauneberg, mais aussi pas mal de rouges sortant de sa cave perso : splendides.

Écrit par : Luc Charlier | 22 janvier 2014

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Pas de chance, la seule fois où je suis passé au Württemberg, on nous a parqué dans un chai de coopérative qui vendait du vin au litre. Je n'en ai pas gardé une bonne idée du Spätburgunder local. Je note le nom de Willy Haag.

Écrit par : Hervé Lalau | 22 janvier 2014

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Euh, mon billet prêtait à confusion, sauf peut-être pour les inconditionnels de la Moselle (j'en suis). Willy Haag (et son fils aussi maintenant) est un des papes de la Moselle (avec JJ Prüm), au même titre que Müller dans la Saar. Mais il possède une formidable cave perso, qui contient de grands SpätB du Württemberg. Voilà, c'est plus clair ainsi.

Écrit par : Luc Charlier | 23 janvier 2014

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