17 novembre 2013

Bradage dans le Champagne

Par la voix de son porte parole Thibaut Le Mailloux, le CIVC vient de condamner la guerre des prix du Champagne à laquelle se livre la grande distribution française, comme "nuisible pour l'image du Champagne". Cette guerre a vu descendre les prix d'un Champagne du groupe Vranken jusqu'à 7,78 euros chez Carrefour France, cette dernière semaine.

Il y a-t-il eu vente à perte? Pas sûr, car il s'agit de promotions liées à la carte de fidélité de l'enseigne.

Il faudrait connaître le prix de vente exact consenti par Vranken.

Vranken.jpg

Surtout, est-ce vraiment dommageable à la Champagne? D'abord, ce n'est pas la première fois que la GD se fait une image d'écraseur de prix au dépends du Champagne. Même en période économique faste, la tentation est grande.

Alors, dans la conjoncture actuelle, vous pensez! Aujourd'hui, le client de la GD est d'abord à la recherche de bulles pas chères; aussi la question est plutôt de savoir si le Champagne souhaite rester dans ce marché.

L'image a bon dos, mais une bulle est une bulle, et seuls les prix de cession du raisin, liés au foncier, peuvent réellement justifier une différence de prix avec le Saumur, le Crémant de Loire, du Jura, d'Alsace ou d'ailleurs. Sans oublier tous les investissements passés des marques de Champagne, dont l'objectif principal a été de faire croire au buveur que leurs bulles étaient d'une autre classe. A l'aveugle, cependant, c'est loin d'être évident.

Alors pour moi, ce qui met le plus en danger l'image de la Champagne, c'est la médiocrité de ses BSA de base, dont même la chaptalisation ne parvient pas à faire oublier la maigreur et le manque de maturité.

Enfin, que compte faire le CIVC, à part geindre? Pour mettre fin aux pratiques des grandes enseignes de la GD, il faudrait les attaquer en justice, pour vente à perte, en produisant les documents comptables.

Mais s'attaquer à de si gros clients, c'est autre chose de que de réduire au silence le village suisse de Champagne...

Et puis, pas sûr que les cotisants au CIVC le souhaitent vraiment. Image ou pas, il paraît que certains sont parfois bien contents de trouver la GD pour écouler leurs surstocks.

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Tu ne le croiras pas !


Hervé, sur le tard, je me (re)mets au champ’. Grâce au Denis de mon blog, qui m’a tuyauté sur la montagne de Reims, la Côte des blancs et aussi l’Aube, je fais le détour par ces départements lors de mes déplacements sud-nord-sud pour aller en goûter quelques-uns à chaque fois.
Si on accepte – approximation réaliste – qu’un brut de base des « grandes marques » coûte peu ou prou, ne me chicanez pas pour quelques euros, 30 € en GD en dehors des « promos spéciales », je bois pour la moitié de ce prix-là d’excellents blancs de noir chez des vignerons indépendants, et des blancs de blanc fort corrects pour les 2/3 de ce prix. Ça tombe bien, je préfère les vins issus de pinot noir. Enfin, pour 30 €, ce sont de beaux millésimés qu’on trouve. Quand je serai riche, j’en mettrai même un peu dans ma cave. En plus, généralement, il s’agit de bulles dont le vin clair provient des coeurs de presse, et souvent en premier ou grand cru – si cela veut dire quelque chose. Au négoce et chez les marques, vous avez droit aux premiers jus, aux dernières gouttes des pressoirs à plus de 2 bars de pression, aux colibris rachetés chez les autres et aux bouteilles ré-ouvertes pour une nouvelle prise de mousse.
Mon slogan reste plus que jamais : « M .... au CIVC » et courage aux producteurs qui élaborent leurs cuvées de la vigne au pupitre et à nos coffres de voiture. Le champ’ version Anselme Selosse (surtout des blancs pourtant), on en rêve, et il y en a des dizaines d’autres dans le même sillon, sinon tout à fait à ce niveau d’excellence. Survivront-ils ?
Le problème ne siège pas chez la GD, même si je ne la porte pas dans mon coeur. Elle fait la même chose avec TOUS les produits. Pour le champ’, c’est surtout en amont qu’il faut aller chercher.

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2013

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