11 novembre 2013

11 novembre le coeur au chaud avec la Cuvée du Papet

Pour ce 11 novembre, alors que les premiers frimas blanchissent la campagne belge, et que se déroulent les commémorations de l'Armistice, j'ai eu besoin d'un petit remontant. Ou plutôt, j'ai eu besoin de commémorer quelque chose, moi aussi: une amitié.

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Clos du Mont- Olivet Cuvée du Papet 2006. Photo (c) H. Lalau

Thierry Sabon est vigneron au Clos du Mont-Olivet, à Châteauneuf du Pape, mais je l'ai rencontré à Stellenbosch. Nous étions tous les deux jurés au concours Michelangelo.

Le plus amusant, c'est que c'est là, dans un restaurant de la vieille ville, que j'ai pu déguster pour la première fois son vin - il en avait amené deux bouteilles. Après une petite semaine au régime sud-africain (pas désagréable, certes), j'étais content de reboire français. Et puis sa Cuvée du Papet 2005 était vraiment superbe.

J'ai revu Thierry chez lui, en 2012, et j'ai visité les vignes familiales; le Mont Olivet se trouve sur le parcours de la promenade fléchée (incontournable, si vous passez dans la région). C'est un bien bel endroit, et vous savez que je suis persuadé que les grands vins aiment les beaux endroits.

Ce midi, j'ai débouché la petite soeur de la bouteille dégustée à Stellenbosch, sa Cuvée du Papet 2006. Un cadeau de Thierry.

Tiens, je me demande si le Papet avait "fait 14-18", comme disaient sobrement les anciens combattants.

Rien de martial dans ce vin, en tout cas. La puissance, oui, mais pas l'agressivité. Une attaque franche, sur les épices et la réglisse, bien grenache; mais on n'est pas dans les tranchées, plutôt sur un coussin moelleux de velours pourpre, posé sur un beau chesterfield en cuir. Un peu de tabac blond me chatouille les papilles - on se croirait dans un vieux club anglais.

J'arrête là, c'est une grande bouteille, déjà bien belle à boire. Mais avec encore du potentiel.

Bravo Thierry, et merci.

Mes compliments au Papet, aussi! Respect aux anciens pour leur courage au combat... et pour leurs oeuvres du temps de paix.

12:45 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : châteauneuf du pape, papet, clos du mont-olivet | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Merci Hervé pour ces commentaires.

Au moment ou ta main se posait sur un Papet 2006 je traversais le plat pays qui est désormais le tien en provenance de Hollande, en écoutant, tout au long de mon parcours, des émissions sur la première guerre mondiale.

Le papet Joseph, né en 1910, n'a pas participé à la boucherie, Séraphin, son père, oui. Il est revenu, comme mes autres arrières grands-pères mais le père de ma grand-mère paternelle a eu les pieds gelés à Verdun, ce qui ne l'empêchait pas, maraîcher de son état, de travailler ses terres à genoux.
Son frère a eu moins de chances, il est mort à Verdun, comme des centaines de milliers de paysans, Français et Allemands, facilitant ainsi le passage à l’ère industrielle.
C'est peut-être pour ça que j'ai refusé de faire les écoles d'officiers.
Dommage que de trop nombreuses rues portent encore le nom des généraux qui ont envoyé tant de jeunes gens à la mort.

Écrit par : Thierry Sabon | 17 novembre 2013

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Ouaip, voilà un commentaire que Léon aurait pu faire.
La guerre de 14-18 ne fut pas un conflit entre le Kaiser et les "alliés" européens. Il fut la "solution " envisagée par les néo-industriels et leur soutien dans les classes de la haute pour se débarrasser d'un prolétariat nombreux dont la prise de conscience sociale devenait dangereuse pour les nantis.

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2013

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