06 novembre 2013

"Pas de droit qui naisse de la violence"

«Il n'y a pas de droit qui naisse de la violence», a déclaré hier le ministre Benoît Hamon, en réponse aux ultimatums des producteurs et transporteurs bretons.

Je ne me prononcerai pas sur la légitimité des revendications bretonnes, ni limousines, ni picardes, ni alsaciennes, qu'elles soient sectorielles ou globales. Je n'ai aucune compétence ni mandat pour le faire.

Comme tout le monde, j'ai de la peine pour tous ceux qui sont menacés de perdre leur emploi dans la charcuterie, les produits de la mer ou tout autre industrie, en Bretagne ou ailleurs. Même si je ne peux que m'étonner que nous - c'est à dire la France et l'Europe - ayons massivement subventionné une industrie d'exportation de poulet dont on voit bien aujourd'hui qu'elle n'est pas économiquement viable sans les aides.

Mais c'est la phrase du ministre qui m'intrigue: n'est-il pas l'héritier des deux siècles de luttes, parfois violentes?

Quid de la Révolution française? Quid de 1848? Quid de la Résistance? Quid des guerres de la décolonisation? Quid de mai 68? Quid des révoltes du vin, de Marcellin Albert?

Je pourrais trouver 100 exemples où effectivement, c'est la violence qui a fait avancer le droit (notamment contre des lois injustes).

Non que j'approuve la violence, mais il faudrait expliquer aux Français pourquoi il faut détruire des portiques, brûler des pneus et assiéger une préfecture pour que la classe politique s'aperçoive tout à coup que l'écotaxe est mauvaise. Surtout après que l'ancienne majorité l'ait adoptée et que la nouvelle l'ait appliquée. Que l'une comme l'autre remettent aujourd'hui en cause le principe de la taxe, son assiette, l'opérateur à qui on l'a confié (à qui l'on reproche d'être italien, comme si c'était une tare!), juste parce que "la Rue" défie le Pouvoir, c'est un peu surréaliste.

Je ne comprendrai décidément jamais rien à la politique.

08:55 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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