05 novembre 2013

C'est du réchauffé

Il y a quelques jours, la télévision belge consacrait un long reportage à la restauration préemballée et réchauffée sur place.

A juste titre, je pense, les journalistes déploraient qu'on ne puisse plus faire la différence entre "fait maison" et "industriel réchauffé".

L'enquête allait en profondeur dans les réseaux d'approvisionnement, les méthodes de travail. Par contre, elle ne traitait pas du tout d'un problème sous-jacent: le coût de la main d'oeuvre.

 

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Pourquoi faire ses fonds de sauce soi-même...

Pour de nombreux établissements, en effet, le préemballé-réchauffé est d'abord une façon d'employer moins de personnel: un seul "chef" suffit là où tout une brigade était nécessaire auparavant.

Je vous entend déjà pester contre la rage taxatoire des Etats européens qui brident l'initiative privée; d'un autre côté, en France, la baisse de la TVA sur la restauration ne s'est pas traduite par l'engagement de nouveau personnel.

Tout se passe comme si la restauration classique, bourgeoise, la restauration à papa s'inspirait des fast foods.

Tout ce passe comme si la restauration à papa avait perdu.. papa. La clientèle a changé; dans un monde de plus en plus rapide, elle ne souhaite plus passer du temps au restaurant - soit elle espace ses visites, soit elle opte pour des formules plus rapides et moins onéreuses.

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Quand le "Chef" s'en charge pour vous...

 

Sans doute les marges de ceux qui recourent au réchauffé augmentent-elles. Mais qui a encore envie d'aller au restaurant si c'est pour y manger des plats préparés industriels? Les réchauffer chez soi est encore plus rentable.

De même, ceux qui préfèrent le frais resteront chez eux. 

De même que ceux qui aiment le vin: la plupart des établissements appliquent des coefficients bien trop élevés - qui, sain de corps et d'esprit, paierait volontiers trois ou quatre fois plus cher le vin qu'à la propriété ou au supermarché?

Ce reportage, pour édifiant qu'il soit, m'a quand même laissé un goût amer.

Il faut dire que ce n'est que le dernier d'une longue série. Il y a eu celui sur les additifs alimentaire; celui sur les pesticides; celui sur les graisses; celui sur l'huile de palme; celui sur le commerce équitable; celui sur les OGM.

Attention, je ne discute pas de la nécessité d'informer le public. Mais c'est l'accumulation qui nuit à la démonstration. Et puis souvent, aussi, l'absence de propositions concrètes. Dénoncer, c'est bien, mais qu'est ce fait après?

Qu'est ce qu'on boit? Qu'est-ce qu'on mange?

00:31 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Hervé, en Belgique, je ne sais pas, mais en France, la formule est simple. Du congelé, un à four micro-ondes, un salarié (parfois sans papiers) payé à coups de pied dans le cul. En Italie, les cartes de restaurant mentionnent les plats surgelés. En France, toutes les tentatives analogues ont échoué. Elus et ministres tremblent comme une feuille devant les restaurateurs et l'industrie agro-alimentaire. On n'a pas le droit de savoir ce qu'on mange.

Écrit par : Alain Leygnier | 05 novembre 2013

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