07 octobre 2013

Amazon UK n'aime pas le foie gras... moi si!

Encore une triste victoire du sentimentalisme et de l'hypocrisie: Amazon Grande-Bretagne bannit les ventes de foie gras de son site.

Et bien, qu'ils se rassurent, ce n'est pas là que je comptais en acheter! Mais je compte bien, par contre, manger plus de foie gras dans l'avenir, pour compenser cette mauvaise publicité faite à cette belle activité de nos éleveurs gascons, périgourdins ou alsaciens.

Ce qui me rend furieux, c'est de voir qu'une société de service pense savoir mieux que ses clients ce qui est bon pour eux, ce qu'ils ont envie de manger ou pas. Ne serait-ce pas là une forme de dictature?

 

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Photo: Le Magazine Officiel du Foie Gras

Vive le foie gras quand même! Nature, au porto, cuit, en millefeuilles, avec des figues, des noix, en crousti...

Merde aux bégueules! Et honnis soient qui mal y pensent!

Méfions-nous tout de même, cela risque bien d'arriver chez nous un jour, si nous n'y prenons garde.

Des activistes anti-foie gras, il y en a également en France. Et quelques politiciens bobos pour les écouter aussi, même s'ils n'ont jamais vu une oie de leur vie. Ne les laissons pas nous enlever cette liberté-là.

Ne laissons pas la perfide Albion nous culpabiliser: les British font souvent bien pire chez eux que de gaver les oies.

Non seulement ils abattent des vaches, des cochons, des agneaux, des brebis (farcies), des chèvres, mais en plus, ils massacrent leur viandes - de même que leurs haricots en boîte et leurs énormes petits pois: en les faisant bouillir, ou en les accompagnant de sauces immondes, ils les rendent immangeables.

Oui, c'est bien pire que le gavage. C'est un crime contre l'humanité gastronomique! Boutons donc le rosbif hors de France!

Un seul slogan: Tous pour un et foie gras pour tous! 

Commentaires

Cher Hervé,

Je suis avec intérêt votre blog mais là cela fait deux billets qui me laissent une impression désagréable.

L’autre jour la défense narquoise de l’utilisation à des fins publicitaires d’un morceau de corps de femme pour vendre un produit qui n’a absolument rien à voir, puis la description en termes de « victoire du sentimentalisme et de l’hypocrisie » de la décision d’Amazon de ne plus vendre de foie gras.

Vous parlez de victoire du sentimentalisme et de l’hypocrisie. Je parlerais de défaite du cynisme et de la mauvaise foi. Vous aimez le foie gras ? Je comprends. J’ai beaucoup aimé cela moi aussi.

Mais le problème du foie gras est son coût occulte : actes de barbarie envers les animaux, broyage des canetons femelles à la naissance (leur foie est inexploitable pour des raisons de réseau veineux). Je me doute que vous vous fournissez auprès de petits producteurs plus respectueux des animaux (si tant est qu’on puisse parler de respect pour décrire un processus visant à faire naître des êtres vivants pour les exploiter comme une matière inerte). Ce n’est pas le cas de tous les consommateurs de foie gras, avides de consommer un produit présenté comme de luxe, au tarif le plus bas, sans s’interroger sur ses conditions de production.

Vous me parlerez peut-être des travaux de l’INRA pour infirmer les conclusions de l’UE sur la souffrance et la surmortalité des canards en période de gavage. Il est utile de savoir que ces travaux ont été dans une importante mesure financés par le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (CIFOG), une organisation professionnelle qui rassemble les producteurs et industriels du foie gras, désireux d’aider les consommateurs à se pelotonner dans un déni confortable qui leur permette de continuer à manger des foies gras bon marché sans se poser de questions sur le traitement des canards dont ils sont issus.

« Ce qui me rend furieux, c'est de voir qu'une société de service pense mieux savoir que ses clients ce qui est bon pour eux, ce qu'ils ont envie de manger ou pas. Ne serait-ce pas là une forme de dictature? »

Amazon ne pense pas mieux savoir que leurs clients ce qui est bon pour eux, mais cesse de vendre un produit qui lui semble éthiquement plus que discutable.

En l’occurrence, ils ne sont pas les seuls. La Californie et maintenant Israël bannissent le foie gras de leur territoire. D’autres suivront.

Non pas qu’ils soient sentimentaux ou hypocrites, pas plus qu’Amazon. Au contraire, ils agissent de façon responsable. Ce n’est pas parce qu’il existe un marché pour un produit, quel qu’il soit, qu’il est forcément acceptable d’en vendre d’un point de vue éthique.

Ce n’est pas parce qu’un produit ou une pratique est traditionnel(le) que ledit produit ou ladite pratique est acceptable d’un point de vue éthique.

Pas de dictature donc de mon point de vue mais une prise de position sur un produit dont on ne peut plus raisonnablement soutenir qu’il ne fait pas polémique.

Personnellement je salue la décision d’Amazon.

Cordialement,

Stéphanie Grevrend

Écrit par : Stéphanie Grevrend | 09 octobre 2013

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Merci de votre commentaire argumenté - et de votre intérêt.

Je respecte votre opinion. Je maintiens la mienne, qui est de dire que si demain tous les distributeurs du monde s'arrogent le droit de décider ce qui est bon de vendre ou pas, notre liberté de consommer en prendra un coup.
Et ce n'est pas valable que pour le foie gras.
En Suisse, Migros refuse de vendre du vin "pour des raison éthiques"...

Quant au premier billet, merci de le prendre plutôt comme le dernier feu d'une race en voie de disparition. Je suis un homme, c'est ma seule excuse.

Écrit par : Hervé Lalau | 09 octobre 2013

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Merci de votre réponse.

Vous avez raison, la responsabilité ultime est celle du consommateur, c'est lui qui vote pour ou qui refuse un produit et le système de production associé.

Pour l'autre billet, votre excuse n'en est pas une, de nombreux hommes refusent de cautionner cela.

En outre le problème ne vient pas de la présence d'un bout de femme, si l'objet de la publicité était de vendre une crème pour le corps pourquoi pas. Pas un problème de voir de beaux corps non plus, juste une forme de lassitude que des bouts de corps de femmes, déhumanisées et réduites à un morceau de leur anatomie, soient utilisés pour vendre tout et n'importe quoi ... même du vin...

Écrit par : Stéphanie Grevrend | 09 octobre 2013

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