27 septembre 2013

Flaubert et le Champagne

Dernièrement, j'ai relu quelques pages de Flaubert.

Dans son Dictionnaire des Idées Reçues, on trouve plus d'une perle - l'auteur de Mme Bovary n'a pas son pareil pour fustiger la cuistrerie, gratter le vernis de culture qui cache le vide de l'esprit.

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Voici ce qu'il écrit sur le Champagne:

Champagne. Caractérise le dîner de cérémonie. — Faire semblant de le détester, en disant que « ce n’est pas un vin ». — Provoque l’enthousiasme chez les petites gens. — La Russie en consomme plus que la France. — C’est par lui que les idées françaises se sont répandues en Europe. — Sous la Régence, on ne faisait pas autre chose que d’en boire. — (Mais on ne le boit pas, on le « sable ».)

Et sur le cidre

Cidre. Gâte les dents.

Pour la bonne bouche, voici une sélection de mon cru:

Courtisane. Est un mal nécessaire. — Sauvegarde de nos filles et de nos sœurs (tant qu’il y aura des célibataires). — Ou bien : devraient être chassées impitoyablement. — On ne peut plus sortir avec sa femme, à cause de leur présence sur le boulevard. — Sont toujours des filles du peuple débauchées par des bourgeois riches.

Diligences. Regretter le temps des diligences.

Érection. Ne se dit qu’en parlant des monuments.

Étranger. Engouement pour tout ce qui vient de l’étranger, preuve de l’esprit libéral. — Dénigrement de tout ce qui n’est pas français, preuve de patriotisme.

Musique. Fait penser à un tas de choses. — Adoucit les mœurs. Ex. : la Marseillaise.

Yvetot. Voir Yvetot et mourir.

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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