26 septembre 2013

Hine, zwei, drei

En deux temps trois mouvements, Chroniques Vineuses vous explique tout sur la finance internationale, l'ingénierie comptable, l'alcool et le Made in France.

Vous connaissez SAS - Son Altesse Sérénissime, fleuron de la littérature de gare.

Vous connaissez aussi EADS - le marchand d'avions et de systèmes d'armement.

Mais connaissez-vous EDV SAS? Non? A votre décharge, c'est une société toute récente. Derrière ce sigle (Editions du Voyage? Elektronische Daten Verarbeitung?) se cachent les descendants de la Famille Nicolas, les anciens propriétaires de la chaîne de magasins de vins éponyme, revendue à Castel en 1988.

C'est beau, la famille! 25 ans après, ces gens ont toujours envie de créer ensemble. Non, je ne persifle pas. Au contraire, je suis admiratif. Tant de cousins, de parents, de mères et de filles se déchirent à cause de sombres histoires d'argent. D'où l'adage: "l'argent ne fait pas le bonheur". Mais je m'égare du Nord.

Pour ceux qui se demanderaient quels sont les avantages d'une Société par Actions Simplifiée, par rapport à une société anonyme classique, il y a notamment le fait que certains associés peuvent disposer de droits non proportionnels à leur parts dans le capital. Les comptables parmi vous auront immédiatement saisi tout l'intérêt.

Surtout dans les alcools, où le capital immobilisé a la fâcheuse tendance de s'évaporer. A Cognac, c'est ce qu'on appelle "la part des anges". A Edimbourg, on appelle ça plutôt "a bluddy waste o'money".

Hine.jpeg

Si je vous en parle, c'est justement que cette toute nouvelle entité placée sous le signe d'une famille heureuse vient de se porter acquéreur des Cognacs Hine, propriété d'un fonds offshore, CL financial, depuis son rachat à Hennessy.

Trois propriétaires en quelques années. Hine, zwei, drei. Vous suivez toujours?

Si je résume, et c'est là l'essentiel, Hine fêtera ses 250 ans sous pavillon français. Voila qui devrait réjouir M. Montebourg, d'autant que la maison est d'origine anglaise. C'est une sorte de relocalisation sans déménagement, et en plus, ce sont des roastbeefs qui ont mis le capital de départ!

Même si les Français boivent aujourd'hui beaucoup plus de mauvais whisky que de bon Cognac, voila qui méritait un cocorico, non?

 

 

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Les commentaires sont fermés.