18 septembre 2013

Mon rêve: rencontrer Pierre Chanau

C'est un grand bonhomme de la viticulture française. Ca fait trente ans qu'il produit des vins dans la plupart des grands terroirs français.

Pourtant, au contraire de Gérard Bertrand, ou des Jeanjean, des Lurton, des Cathiard, des de Boüard, des Perrin, on ne le voit jamais.

On ne sait pas à quoi il ressemble, ni même d'où il est: de Sancerre, de Beaune, de Libourne, de Vallet, de Beaucaire ou de Brouilly.

Lui, c'est Pierre Chanau, bien sûr.

Alors quand hier, j'ai reçu l'invitation à le rencontrer en personne, vous pensez si j'ai été ému.

Hélas, en relisant le communiqué, j'ai dû me rendre à l'évidence: Pierre Chanau n'est qu'une marque, celle des vins d'Auchan.

Curieusement, Auchan semble très fier de son tour de passe passe, d'avoir réussi à faire croire à toute la France du picrate que ce nom qui fleure bon la ruralité profonde, les bottes dans la glaise, est autre chose qu'une invention de marketteurs ch'timis. Ils m'invitent même à fêter ça.

Bon, je resterai chez moi. Et je boirai des vins vinifiés par des vrais gens, sous leur vrai nom. C'est ce que je préfère. C'est d'eux dont j'aime parler, pour le contenu du verre, et même, souvent, pour les vignerons.

Auchan.jpg

Et maintenant, juste une petite suggestion aux Pouvoirs publics, entre deux projets de taxe:

-attendu que l'on ne peut pas utiliser le mot château sur une étiquette, si le vin n'est pas produit au château.

-attendu qu'on ne peut pas non plus écrire château, même si l'on produit au château, si l'on n'est pas en AOC.

- attendu qu'on ne peut pas écrire 12,8° sur une étiquette, mais 12,5 ou 13°. Même si le vin titre effectivement 12,8°.

-attendu que l'on ne peut pas mettre 100% de Carignan dans un Pic Saint Loup (bien que ce cépage soit depuis plus bien longtemps dans la zone que la Syrah)...

-attendu qu'on exige de mentionner l'ajout de sulfites dans un vin, mais pas celui de betterave ni de moût concentré...

- attendu que l'étiquetage des vins foisonne de règles idiotes dont il faudra me démontrer qu'elles protègent effectivement le consommateur...

quand exigerez-vous, Messieurs les Responsables, qu'une étiquette qui porte un prénom et un nom de personne, faisant ainsi légitiment penser au consommateur qu'il a affaire à un vin produit par la personne qui le porte, ou au moins ses héritiers, soit effectivement produit par une structure familiale, et non, comme pour Auchan, Carrefour, Leclerc et qu'on sorte, par quelque gros négociant ou coopérative?

Que font les associations de consommateurs pour supprimer ces "marques de complaisance"?

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : auchan, chanau, marques de complaisance | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

Dans le genre, combien de personnes ont cru que le jambon d'aoste venait de la région éponyme italienne alors qu'il doit son nom similaire à un petit village français ?

Écrit par : mauss | 18 septembre 2013

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Oui, d'autant que certains produits Aoste sont produits à Gand (Belgique), chez Imperial Meat (aujourd'hui propriété d'un groupe chinois).

Écrit par : Hervé Lalau | 18 septembre 2013

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Hervé, je vous suggère dans votre démarche d’aller chercher le soutien de la Noblesse.
Combien de Marquis, Comtes et autres Barons bafoués sur l’autel du marketing…

Écrit par : Pascal Hénot | 19 septembre 2013

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C'est exactement ce que je me suis dit à propos du Champagne Charles de Courance, dont je cherche en vins les quartiers de noblesse chez Carrefour (voir ici même, le 13 septembre dernier), ou du Marquis de Coulmeaux (noble ruiné, apparemment), chez Leclerc.

Merci de votre intérêt pour ma petite et sans doute vaine croisade!

Écrit par : Hervé Lalau | 19 septembre 2013

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Bien vu: la descendance officielle de Dom Pérignon, comme moine ne doit pas être très importante. Plus sérieusement, il s'agit d'une cuvée de Moët & Chandon, une sorte d'hommage historique au "Père Spirituel du Champagne', qui, à mon sens, peut être tolérée. De même que les cuvée des Comtes de Champagne, ou les cuvées Henri IV à Jurançon, Louis IX, Faustino V, etc.
Je ne pense pas que ce genre de noms liés à l'histoire trompent un seul instant le consommateur, qu'il y ait un seul consommateur assez naïf pour penser que Dom Pérignon ou Henri IV sont encore aux manettes..

Écrit par : Hervé Lalau | 20 septembre 2013

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