12 août 2013

Les Français ne boivent plus assez de vin

Les dernières prévisions du Ministère de l'Agriculture font état d'une production de vin de l'ordre de 45,8 millions d'hectolitres pour 2013.

J'ai eu l'idée aussi sotte que grenue de rapporter ce chiffre à la population française, qui est actuellement de 65,8 millions de personnes (Mayotte incluse).

Si j'exclue de ce chiffre les moins de 15 ans, il me reste 53 millions de personnes.

Enlevons l'exportation de vin, qui représente environ 15,2 millions d'hectos (merci aux étrangers qui ne pensent pas tous, comme Monsieur Montebourg, qu'il faut consommer national!). Et puis la consommation industrielle (sauces, desserts...).

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Ajoutons le peu de vin que nous importons (un doigt de Porto, un trait de Madère, quelques vins du Maghreb pour les couscousseries, quelques Chiantis pour les pizzerias et du gros rouge d'Espagne pour les vins au litre). La consommation intérieure se stabilise alors autour de 30 millions d'hectos.

Rapportée à nos 53 millions de buveurs potentiels, on obtient le chiffre de 59 litres par habitant et par an. Dois-je rappeler que ce chiffre était de plus de 250 litres dans les années 1960?

Bien sûr, il faudrait tenir compte des "abstinents culturels" ou religieux, des buveurs repentis, des personnes au régime, des malades chroniques, des médecins prohibitionnistes ou de tous ceux que le vin n'intéresse plus; un nombre qu'on peut estimer à un tiers de la population hexagonale en âge de boire - à la louche.

Dans ce cas, nous n'avons plus qu'une population disponible de 35 millions de personnes, censés absorber 30 millions d'hectos de picrate.

Ce qui nous donne un chiffre de l'ordre de 90 litres par personne et par an. Soit un peu plus de 2 bouteilles par semaine. 25 centilitres par jour, et des brouettes. Deux verres.

C'est loin d'être déraisonnable. Je peux le faire. Je le fais.

Mais les chiffres sont là: en moyenne, nous n'atteignons plus ce chiffre. Certains le dépassent, l'explosent même, ce qui peut poser problème. Mais dois-je arrêter de conduire parce que mon voisin est un chauffard? Dois-je arrêter de boire parce que c'est un soiffard?

La réalité des chiffres montre plutôt que beaucoup de Français ont décroché du vin - et surtout, que les nouvelles générations n'ont jamais accroché.

Alors quand le Figaro titre que Les Français boivent toujours trop, quand mon estimé confrère mélange vin et alcools, binge drinking et vin d'honneur,  information et propagande, investigation et copier-coller, quand il relaie les "études" tronquées et dépassées de Hill et consorts, je dis: stop! Il y a belle lurette que nous ne buvons plus assez pour écluser la production. 

Certes, on pourrrait la diminuer - tous les vins produits en France sont loin d'être indispensables. Je ne demande pas mieux qu'on se concentre sur le bon. Qu'on redonne un contenu aux jolies mentions.

Mais surtout, on - je parle de nos élites, de nos gouvernants, de ceux qui ont le droit de causer dans le poste - on pourrait peut-être penser à réhabiliter un produit de culture et sa consommation modérée qui, moyennant une certaine qualité (celle du vin mais aussi celle du buveur) est notre meilleur allié contre les comportements dangereux et les addictions. Le problème n'est pas tant la moyenne de consommation que le nombre de ceux qui consomment trop (et trop de merde!) et le nombre de ceux qui ne consomment plus. La statistique mérite d'être affinée. Il faut lutter contre les excès. Mais l'abstinence n'est pas la solution; c'est juste la négation du problème. 

Parmi les addictions, je range bien sûr l'hygiénisme qui déresponsabilise en interdisant plutôt qu'en éduquant.

Aux verres, citoyens! Que le vin impur et la logorrhée des prohibitionnistes abreuvent nos sillons!

Et ne me rabattez pas les oreilles avec la consommation responsable. Je suis responsable; je pense que mes lecteurs le sont aussi; je ne les infantilise pas, je leur fais confiance.

A bas les mandarins et les gourous, éduquons nos papilles et buvons du bon!

Commentaires

Compliment mon cher ami, je suis totalment d'accord avec ton excellent article. Aux verres, citoyens! Que le vin impur et la logorrhée des prohibitionnistes abreuvent nos sillons!

Écrit par : Franco Ziliani | 12 août 2013

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Merci Hervé,

tu dois connaitre la chanson:

si j'étais président de la république, je te nommerais Hervé à tous les ministères.

Écrit par : Serret André | 12 août 2013

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Le sujet tabou par excellence dont personne n'ose parler, on se demande bien pourquoi.
Une communauté religieuse rêve de faire interdire le vin.
Elle influence une partie de la jeunesse ainsi que tous ses adeptes.

C'est dangereux pour ceux qui vivent du vin et pour ceux qui l'aiment.

Écrit par : Fouqueau serge | 14 août 2013

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N’importe quoi ces insinuations qui n’osent même pas dire de quoi elles parlent. Il y a certes beaucoup à redire sur l’Islam intégriste, notamment son refus de l’esprit critique, sa discrimination à l’égard de la femme et l’obligation qui est faite de pratiquer la guerre sainte (djihad). Pour le reste, leurs croyances ne me dérangent en rien et ils se foutent du tiers comme du quart du vin et de ses dérivés. Il ne faut pas faire dire de sottises à votre fiel, M. Fouqueau que je ne connais pas mais qui a au moins le cran de donner son nom. On devine malheureusement où vous voulez en venir. Notez que l’hindouisme déconseille la consommation d’alcool aussi, comme tous les produits qui échauffent l’esprit et perturbent la discrimination. En outre, cette religion n’autorise pas la consommation de produits d’origine animale, d’où le problème pour certains vins collés à la gélatine. Mais croyez-vous que l’esprit saint soit plus digeste ? Et votre Inquisition a fait plus de morts que le 3ème Reich. Il y a en Belgique un million de Marocains, Monsieur Fouqueau, musulmans pour la plupart. Ils constituent 10 % de la population et la majorité d’entre eux vivent en parfaite intelligence avec mes compatriotes. Ce pays est un des meilleurs importateurs de vin et personne ne songe à l’interdire. Par contre, on préfère exporter nos évêques pédophiles plutôt que les consommer chez nous. Et c’est dans vos monastères qu’ils atterrissent.

Écrit par : Luc Charlier | 14 août 2013

monsieur Luc Charier


Si vous aviez perdu un jour votre liberté, si vous aviez connu de près, par exemple la Gestapo, vous ne vous poseriez pas la question de savoir ce qu'il faut penser, ce qu'il faut dire et faire pour conserver sa liberté pleine et entière.
J'ai toujours voté et milité à gauche, j'ai quatre vingt quatre ans et votre texte plein d'insinuations qui ne me concernent pas m'attriste infiniment.

Serge Fouqueau

Écrit par : Fouqueau serge | 14 août 2013

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1) Dont acte.
2) La première insinuation vient de vous. Si ce n’est pas la communauté islamique que vous visiez dans son ensemble, ce qui est inique, votre texte était plus qu’ambigu.
3) Depuis deux ou trois années, l’intégrisme catholique refleurit en France, la fille préférée de l’Eglise. Je les ai vus défiler à Paris, derrière leurs « oriflammes » - cela vous dit quelque chose ? – et chantant leurs cantiques. Ici aussi, ce n’est pas cette foi que j’incrimine, deux de mes tous meilleurs amis sont profondément chrétiens et la morale judéo-chrétienne est la mienne (sauf pour ce qui est des sacrements et des questions d’avortement ou d’euthanasie).
4) Votre réponse, que je respecte en tant que telle, recommence à user de l’insinuation et ne dit RIEN. En outre, l’exression-même de « ce qu’il faut penser » trahit bien votre mode de fonctionnement. Il ne « faut » rien penser ; chacun a le droit de penser ce qu’il veut (Hugo et Voltaire, cela vous dit quelque chose ?). Par contre, là je vous suis, on ne peut pas FAIRE n’importe quoi.
5) Quatre-vint quatre ans n’est pas un argument. Ma mère en a 83 ans et j’approche de la soixantaine, ce qui m’a donné la chance de ne pas avoir connu le conflit de 40-45, effectivement. Je ne sais pas si j’aurais eu le courage d’entrer en opposition organisée avec le nazisme mais je pense que j’aurais été fusillé « sur un coup de tête » un jour car je ne sais pas fermer ma gueule. Ou alors j’aurais fuit comme un lâche, c’est possible. Certains sont partis à Londres pour ne pas avoir faim à Paris. Notez que j’ai écrit « le nazisme », pas l’Allemagne. Ce pays, dont je manie la langue, compte plus d’artistes et de penseurs que la « Gaule » n’en a jamais eu, et les meilleurs vins blancs au monde. Ce qui nous ramène à notre sujet.
6) Car voici bien le débat, M. Fouqueau : vous détournez – et c’est votre choix – la démonstration d’Hervé Lalau au profit d’une dénonciation d’une communauté. Ou alors je n’ai rien compris à votre intervention.
7) Dites les choses, au lieu de sous-entendre.
8) Je n’insinue rien, moi, je réagis à votre intervention, peut-être à tort mais clairement. Si ce propos ne vous concerne pas, il ne doit pas vous attrister non plus. Il n’y rien de pire qu’un vieil homme triste ... à part une jeune fille triste bien sûr !

Ceci sera ma dernière réaction sur ce sujet, totalement hors cadre. Dans un pays d’ovalie, je botte en touche !

Écrit par : Luc Charlier | 15 août 2013

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