13 juillet 2013

Stopper la flavescence, oui, mais à quel prix?

Le préfet de Saône et Loire a rendu obligatoire les traitements préventifs contre la flavescence dorée. Ceux-ci ont été effectués entre le 24 et le 28 juin dernier.

Outre le fait que les épandages (parfois pratiqués par hélicoptère) peuvent être nocifs contre la faune locale (et notamment les insectes utiles comme les abeilles et coccinelles), je me pose la question suivante: qu'en est-il de la certification bio.

Un viticulteur bio qui se serait fait traiter "à l'issue de son plein gré" perd-il sa certification?

Question subsidiaire: n'y a-t-il pas d'autres traitements possibles? Des traitements qui n'exigent pas qu'on enferme les enfants et qu'on évite de passer dans les vignes dans les heures qui suivent...

Plus d'info: Le journal de Saône et Loire et Stop Flavescence Bourgogne

13:44 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Tags : flavescence dorée, bourgogne, préfet, saone et loire | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

L'ordre d'arroser de pesticides s'applique à tous y compris aux bio.

Écrit par : Marc André Gagnom | 18 juillet 2013

Répondre à ce commentaire

Alors dans ce cas, il ne devrait plus y avoir une seule bouteille de vin bio en Saône et Loire. Je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à y croire.

Écrit par : Hervé Lalau | 18 juillet 2013

Répondre à ce commentaire

C’est un sujet très compliqué.


La flavescence, vous le savez, ne possède pas réellement de traitement, une fois installée. Elle entraîne la mort de la souche. Cette maladie est contagieuse, par le biais de la piqûre d’un insecte, la cicadelle, une tordeuse. Son vrai agent infectieux, car la cicadelle n’en est que le vecteur, un peu comme le moustique dans le cas du paludisme, est une bactérie particulière, appelée phytoplasme. Il s’agit d’agents sans paroi cellulaire organisée et donc forcément à forme variable, de petite taille (< à 1 micron) et ne possédant que peu de matériel génétique. Celui-ci n’est pas rassemblé au sein d’un noyau organisé – mais ça c’est propre à tous les prokaryotes – et l’ADN « nage » dans le cytoplasme. Ils sont difficiles à mettre en culture.
En fait, ce sont des microbes proches des mycoplasmes de l’homme, vous savez, les responsables de pneumonies atypiques et, pour d’autres espèces, de maladies de la sphère urogénitale, tant chez l’homme que chez la femme. Le phytoplasme a besoin du phloème pour son développement. Malheureusement, il ne paie pas la plante en retour, inhibant notamment la biosynthèse de la chlorophylle, ce qui est « gênant »!

Donc, la seule possibilité pour empêcher la dissémination de cette maladie, c’est de s’en prendre à son vecteur : la cicadelle. Et aucun produit « bio » n’est réellement efficace contre elle. En fait, même si les fondamentalistes vont m’écorcher, aucun insecticide utilisable à grande échelle ne peut revendiquer son inocuité écologique et donc être « bio ». Dans le même ordre d’idée, tous les insecticides « bio » ... ne sont en fait pas vraiment des insecticides, ou alors à des concentrations de ouf ! C’est dire la même chose de deux manières différentes.

Donc, ou bien on accepte de payer le prix (économique mais surtout environnemental) de l’insecticide et il est logique que tout le monde y participe, ou bien on adopte l’attitude égoïste – et dangereuse à terme – qui dicte que si on peut prouver l’absence de vols de cicadelles sur son territoire, on est dispensé de l’obligation. Vous y croyez, vous, à un papillon qui s’arrête à la limite géographique d’un domaine, sans aller chez le voisin ?

La seule alternative, c’est d’accepter, dans son ensemble, que la flavescence va se propager de manière inexorable ! Vous sentez vers quoi je penche, mais j’avoue n’avoir pas encore formé ma conviction à 100 % ... par lâcheté sans doute.

Écrit par : Luc Charlier | 18 juillet 2013

Répondre à ce commentaire

"S’ils souhaitent se soumettre à la loi tout en conservant leur label, ils n’ont qu’une seule solution: le Pyrévert. C’est le seul insecticide homologué « bio » efficace pour lutter contre la cicadelle. Cependant, il n’élime pas que l’insecte vecteur de la maladie, mais aussi toute la faune annexe, comme les abeilles, et présente des risques pour la santé des viticulteurs qui l’emploient."

http://www.larvf.com/,savoie-vignes-maladie-flavecsence-doree-vin-bio-pyrevert-domaine-prieure-saint-christophe,13182,4247322.asp

Écrit par : Marc André Gagnom | 18 juillet 2013

Répondre à ce commentaire

Ne soyons pas crédules au-delà de la raison. La pyréthrine – et tous les dérivés des chrysanthèmes et apparentés – ont une activité insecticide très imparfaite, surtout au doses réellement présentent in loco. Les conditions d’utilisation pour espérer un minimum d’efficacité ne sont JAMAIS toutes réunies. Le produit est excessivement dégradable (oxydation, photo-instable) : c’est bien pour le « Umwelt » mais moins bien pour sa performance. Enfin, c’est éminemment ASPECIFIQUE (modifie la polarité des canaux sodiques) et provoque des dégats sur tous les insectes mais également les poissons. Les seuls qui en réchappent souvent sont .... les oeufs des cicadelles visés ! L’homme est relativement épargné, lui, c’est vrai.

Écrit par : Luc Charlier | 19 juillet 2013

Les commentaires sont fermés.