31 mai 2013

Autant en emporte le vent... du Minervois

Sur le blog des 5 du Vin, ICI, mon copain Michel Smith (qui fait rien qu'à s'escagasser tout seul dans son joli coin du Roussillon, ça doit être la Tramontane...) tempête contre le nouveau slogan du Minervois, dont voici l'image.

945863_10200235038292785_826849598_n.jpg

C'est vrai que c'est un peu tiré par les cheveux. On ne comprend pas trop le rapport. En plus, c'est le genre de visuel et d'accroche qui fonctionneraient tout aussi bien en Priorat, à Bandol ou dans la Barossa... Sans parler de Moulin à Vent ou de la Mancha!

Avec ce slogan, mine de rien, on vient d'inventer une notion capitale: le Terroir Aérien. C'est imparable - c'est impalpable!  Ce coup-ci, mon autre copain des 5, David Cobbold, très sceptique sur les rapports précis entre les sols et le vin, ne trouvera rien à redire.

Bref, c'est aussi vide (de sens) qu'un ciel bleu de l'été languedocien.

D'un autre côté, c'est assez honnête de la part des créatifs de l'agence qui a conçu ce magnifique slogan: "cette fois-ci, non seulement on vous vend du vent, mais on vous le dit!".

Est-ce que c'est cher payé? Il faudrait peser le vent.

Moi, ce qui m'intéresse, en définitive, c'est la météo locale. Si j'en juge par l'excellent bouquin de Jacques Kessler et André Chambaud (Météo de la France, Tous les Climats Localité par Localité, aux Editions Lattès), les vents dominants, en Minervois, soufflent du Nord-Ouest vers le Sud-Est. Ce qui fait que le meilleur du Minervois s'en va vers la Clape et les basses Corbières.

Il faudrait peut-être redélimiter les zones d'AOC?

Autant en emporte le vent...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (12) | | | |

Commentaires

Alors, pour toi, je m'escagasserais tout seul dans mon joli coin avé la tramontane pour compagne ? ;-) Autant dire que je ne fous rien ! Alors que je défends les cotisations vigneronnes... Merci quand même de mettre un lien sur mon travail : outre la déconnade, ce petit papier vise à savoir qui pond de tels slogans et surtout à quel prix ? Bon vent à tous !

Écrit par : Michel Smith | 31 mai 2013

Répondre à ce commentaire

D'après la presse régionale le syndicat du cru Minervois, présidé par Philippe Coste, a payé plus de 200 000 euros à Publicis pour cette com qui déconne.

http://www.lindependant.fr/2013/05/14/le-cru-minervois-veut-une-communication-dans-le-vent,1754638.php

http://www.lindependant.fr/2013/02/22/l-aoc-minervois-un-vin-millesime-par-le-vent-de-lassac-a-l-eolien-le-minervois-est-sur-tous-les-fronts-de-l-environnement,1729944.php

Écrit par : Henri | 03 juin 2013

Au VIIIe ou IXe siècle de notre ère, Abû-Nuwâs écrivit : "Le vin , le vent, la vie", comme un coup de marin suave et musqué.

Au XXIe siècle, dans la luminescence et le bruit électronique, l'agitation "clavière" telle un prurit nous offre comme un coup de cers.

Le sujet du vent est, nolens volens, "porteur" de sens.

Sur la montagne noire, comme dans la plaine méridionale, entre cers et marin les vignes des coteaux vivent intensément leurs variations. Ce sont des données qui vont du macro au micro en passant par le méso-climat, non ? Et même si les moulins ont fatalement disparu, la place des éoliennes y est "envahissante" comme un hommage moderne à Circius.

Alors quoi ? Combien ou pourquoi importe moins que la reconnaissance d'un fait dont la simplicité, l'évidence même sont le quotidien, entre cers et marin, de tout un chacun. On s'est encore pris un coup de cers !

Écrit par : Christophe Libaud | 31 mai 2013

Répondre à ce commentaire

Beau coup de vent, belle démonstration. Merci. Ils auraient mieux fait de vous embaucher pour construire l'idée autour des vents...

Écrit par : Michel Smith | 31 mai 2013

Répondre à ce commentaire

D’habitude, le vent emporte les parasites et rend la vigne plus saine.
Ici, c’est le plus grand de tous les parasites des vignerons (après leurs interprofessionnelles, bien sûr), c à d une agence de comm., qui se sert du vent pour faire ... flèche de tout bois. Et moi qui croyais que c’était Volkswagen, le spécialiste des vents.

Écrit par : Luc Charlier | 01 juin 2013

Répondre à ce commentaire

J'adore la référence aux interpros. On va encore se faire des amis!

Écrit par : Hervé LALAU | 01 juin 2013

Répondre à ce commentaire

« On », c’est moi. Mes « sorties » n’engagent pas ta responsabilité. De même, après m’être fait allumer pour deux phrases isolées de leur contexte lors d’un billet précédent et auxquelles certains ont fait dire l’inverse du contenu de mon intervention, je n’ai plus le droit de vinifier un de mes vins doux. Tant pis pour eux mais dommage pour moi aussi.
J’ai donc réfléchi à deux fois (si si) avant de laisser figurer cette critique, sincère et que tout le monde fait mais que personne n’ose écrire. Je préciserai toutefois que ce ne sont pas les hommes (ou femmes) qui sont en cause, mais l’organisation de ces institutions même. Elles vivent des deniers publics d’une part, mais aussi des cotisations OBLIGATOIRES des adhérents, qui sont fonction des volumes déclarés. Donc, leurs clients préférés sont naturellement les gros metteurs en marché. Les petits, elles n’en ont rien à cirer, ce ne sont pas nous qui emmenons bouffer leurs cadres, qui envoyons leurs collaborateurs parader en Chine ou autres pays émergents, qui commandons des stands à la con, des prospectus en 6 langues traduits par des analphabètes bien en cour etc ... Mais au-delà, pour ne parler que de la mienne, il y a quelques collaborateurs adorables, essayant réellement de « faire avancer le schmilblic » et quelques autres dont le carnet d’adresses peut être utile. Mais ils sont baillonnés par les habitudes, le copinage séculaire et la pesanteur du système. Le pire de tout, c’est « Sud de France ». Cet éléphant grotesque doit engloutir des fortunes en frais de fonctionnement, pour défendre une « cause commune » qui n’existe pas et bâtir une image que personne ne veut endosser. Il ne sert à RIEN. Tiens, j’en profite pour faire un coucou amical et rendre hommage à Y.Z., il se reconnaîtra s’il me lit.

Écrit par : Luc Charlier | 01 juin 2013

Répondre à ce commentaire

Non, non, Luc, sur ce coup là, nous sommes bien à l'unisson. Et comme toi, je pense que ce ne sont pas les gens qui sont en cause mais le système. Et puis, si on ne peut plus dire ce qu'on pense sur un blog ami, alors où le peut-on?

Alors merci.

Écrit par : Hervé Lalau | 01 juin 2013

Répondre à ce commentaire

Tu veux savoir la vérité ?
Presque 60 ans. Diabète, hypertension sévère mal équilibrée.
Trois gosses adultes qui n’en ont rien à foutre.
Bientôt 9 millésimes rentrés et du bon vin.
Il me reste 10 ans à tirer à tout casser et j’ai des amis.
Plus de 30 étoilés parmi les clients.
I don’t give a fuck !

Écrit par : Luc Charlier | 01 juin 2013

Répondre à ce commentaire

Même avec 300 jours de vent, 200.000 euros, ça fait cher la journée.

Écrit par : Hervé Lalau | 03 juin 2013

Répondre à ce commentaire

Surtout que l'idée du vent a été a déjà été exploitée de belle manière par l'équipe d'Embres et Castelmaure dans les Corbières pour leu gamme "L'esprit du Vent". Avec ce joli texte troussé à l'époque par Vincent Pousson :
"Il est sauvage, parfois violent. Son souffle translucide fait danser la flamme noire des cyprès, les oliviers scintillent comme du vif argent. Sa vigueur boréale purifie la peau mate des grenaches, son haleine fraîche clarifie le jus oriental de la syrah. D’autres jours, encore, il drape les falaises blanches d’un vaporeux nuage d’Afrique. La garrigue, gorgée de lourds effluves, s’alanguit. Les schistes sombres transpirent tels les épidermes chauds au hammam. La Méditerranée s’empare des corps et des âmes.
Ici, à Castelmaure, sur l’antique frontera où se heurtent en un fracas tellurique Languedoc et Catalogne, le vent est notre accent, il dit notre caractère. Sous quelque nom qu’il porte, Tramontane, Cers, Marin, Grec, c’est lui, brûlant ou glacé, qui nous a parlé d’autres vins, d’autres vérités, d’autres désirs. Alors, en liberté, nous avons laissé souffler sur nos plus hautes vignes L’esprit du vent pour que naissent ces cuvées éphémères, poussières de temps."

Écrit par : Michel Smith | 03 juin 2013

Répondre à ce commentaire

Très beau texte dédié à des vins qui valent la peine d'être goûtés. Les vins de la coopé d'Embres et Castelmaure me plaisent.

Écrit par : Henri | 04 juin 2013

Les commentaires sont fermés.