12 mai 2013

Elles viennent d'où, vos Poires d'Anjou?

Je peste assez souvent contre les appellations pour ne pas avoir le droit, de temps à autre, de les défendre.

Je ne parle d'ailleurs pas seulement des appellations d'origine contrôlées, je parle des mentions d'origine en général.

Je regrette que des noms comme Camembert, Gruyère ou Charentais (pour le melon du même nom) puissent être utilisés à tort ou à travers... C'est là le résultat de la convention de Stresa, qui, dans les années 20, a fait tomber dans le domaine public bon nombre de mentions communément employées dans le monde - bien qu'il s'agisse, au sens strict, d'usurpation.

Les Américains aont ainsi le plaisir de manger du Swiss cheese qui ne vient pas de Suisse. Dans d'autres cas, on joue sur les mots, le yaourt à la grecque de Danone vient d'Espagne, le Briardenne n'est pas de Brie, etc...

Mais quid des Poires d'Anjou?

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A première vue, quand vous achetez ces fruits, vous pensez connaître l'origine, vous avez déjà en bouche la Douceur Angevine que vantait du Bellay...

Oui, mais regardez mieux sur l'étiquette, en petits caractères: ces poires ne viennent pas d'Anjou, et même pas de France. Elles sont argentines. Le label bio européen, la feuille étoilées, n'est pas une garantie d'origine.

Voila qui me rappelle furieusement l'histoire la ratatouille niçoise de Castelnaudary, celle de Reflets de France (Carrefour). En plus international. Tiens, je n'ai jamais eu de réaction de Carrefour.

Mais qu'est-ce qu'une world company comme Carrefour peut bien avoir à faire d'indications de provenance, et de petits blogueurs comme moi?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

Commentaires

N’y allez pas !

Tu te trahis, Hervé.
Tu es allé chez carouf au moins une fois au mois de mai, le cliché le prouve.
Shame on you!

Écrit par : Luc Charlier | 12 mai 2013

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Damned, I am refait.
Mais j'ai pas acheté, m'sieur, j'te jure.

Écrit par : Hervé Lalau | 12 mai 2013

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Si nous ne sommes pas vigilants, au final, les poires c'est nous !

Écrit par : Christophe HUMBERT | 12 mai 2013

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Encore une AOP

Lors des Highland Games, une des épreuves consiste à balancer au loin un énorme tronc d’arbre, une grume, et le concours s’appelle « tossing of the caber ». Eurosport, soucieuse d’accroître l’audience de cette belle discipline en Europe continentale, a cherché à obtenir une AOP pour les grumes issues des fôrets angevines. Depuis lors, on dit que le caber naît d’Anjou !

Écrit par : Luc Charlier | 13 mai 2013

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Celle-là, Luc, elle est un peu tirée par les chevaux ;-))

Écrit par : Hervé Lalau | 13 mai 2013

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Ceci me rappelle, il y a de cela une quarantaine d'années, l'étiquette d'un fromage qui figurait sur un plateau abondamment garni de produits GD, et dont l'emballage faisait figure d'exception au milieu de morceaux peu avenants : des feuilles de châtaigniers, liées par un brin de raphia, nous indiquaient sans doute un Banon. Effectivement, en lettre capitales formant un bel arc de cercle, était mentionné : BANON D'OR ; plus bas, horizontalement, au-dessus d'un trait censé représenter la silhouette d'une montagne bien provençale : ROYAL VENTOUX et enfin, tout en bas, dessinant un modeste arc de cercle et écrit en minuscules : fabriqué à Varacieux (Isère). Depuis ce temps, l'AOC Banon, après une redélimitation effectuée par l'INAO (je faisais partie de la commission d'experts) a permis aux producteurs de reprendre possession de leur produit et de maîtriser la contrefaçon de ce très beau fromage.
Tous les jours, hélas, des exemples de ce genre de "pillage" nous sont offerts sur les étals de produits de consommation.

georges TRUC

Écrit par : georges TRUC | 15 mai 2013

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