30 avril 2013

Petrus goes it alone - vers la fin du Négoce bordelais?

Tiens, un Grand Cru Classé  qui  se préoccupe de sa distribution !

Traditionnellement, à Bordeaux, les propriétaires de GCC vous disent avec aplomb que leur problème est d’assurer la production du meilleur vin possible, pas de le commercialiser; ceci étant le vil travail des négociants.

Par le passé, ce désintérêt ostentatoire a valu aux producteurs quelques jolies surprises, comme de se retrouver bradés de retour d’Amérique, ou dans des circuits que la morale d’un  gentleman farmer réprouve – oui, même le discount!

 Chez Petrus, ça va changer : les vins seront à présent distribués par un seul agent, dont le nom n’a pas encore été choisi. Objectif annoncé: "pouvoir mieux identifier où Petrus est le mieux à sa place, en termes de canaux de distribution".

Jean-François Moueix, le propriétaire de Petrus, fait là un drôle de pied de nez à la maison JP Moueix, de son frère Christian, et même à Duclot – autre société de négoce de la famille. Ceux-ci n’ont apparemment jamais pu donner à Jean-François Moueix une «identification» claire de ses débouchés.

Est-ce juste une affaire de famille ou bien ceci annonce-t-il un détricotage plus généralisé du système bordelais ? Voire des Primeurs? Latour a lui aussi renoncé à passer par «la Place» (ce qui lui vaut de ne plus être repris chez Lavinia).  J’aimerais bien savoir si ce nouveau système est plus rentable pour les propriétés ou non. A combien le vin quitte-t-il vraiment la propriété?

Et même, tenez, si la vente «directe» permet de stopper la spéculation, et de redonner aux GCC un prix plus conforme à la réalité (je veux dire, aux coûts de production), qui sait, peut-être que je vous conseillerai d’en acheter. Cela se passera-t-il avant que l’homme ne mette le pied sur Mars ? Telle est la question.

00:34 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Les commentaires sont fermés.