24 avril 2013

Les anti-vins français ne désarment pas

La mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale s'intéresse de près à la taxation des tabacs et des alcools.

Du dialogue entre le président de la commission, Yves Daudoigny (Sénateur de l'Aisne) et Mme Catherine Hill (chef du service de biostatistiques et d'épidémiologie de l'Institut Gustave Roussy), il ressort que pour cette dernière, la forte baisse de la consommation de vin enregistrée ces 30 dernières années n'est pas encore suffisante (mais le sera-t-elle jamais pour cette anti-vins notoire?).

A noter également que cette "spécialiste" ne fait aucune différence entre vin, la bière et les alcools forts, évoquant le binge drinking des jeunes pour justifier une augmentation des taxes sur le vin, alors que ce type d'alcoolisation rapide est rarement obtenu avec du vin, trop cher et pas assez alcoolisé pour l'effet recherché.

Mme Catherine Hill:

Depuis 50 ans, la consommation globale des alcools a pourtant diminué dans notre pays, en particulier la consommation de vin, passée de 40 grammes à 15 grammes par personne et par jour.

On constate par ailleurs que le niveau des taxes sur les alcools est extrêmement hétérogène et favorise particulièrement le cidre et les différentes catégories de vins.

Au niveau sanitaire, l'alcool est pourtant responsable de 49 000 décès par an en France, 36 500 chez les hommes et 12 500 chez les femmes. Les causes de ces décès sont principalement les cancers qui représentent 15 000 décès par an, les maladies cardiovasculaires, les maladies digestives, les accidents et les suicides.

À cet égard, les effets de l'alcool sur la santé dépendent uniquement de la quantité consommée et ne tiennent pas compte du produit. Notre étude montre qu'à 13 grammes d'alcool pur par jour, les effets nocifs l'emportent sur les bénéfices issus de la protection du risque cardiovasculaire offerte par une consommation modérée. Les risques liés à une consommation inférieure à 13 grammes d'alcool pur par jour restent à déterminer. Une étude anglaise évalue toutefois à 5 grammes par jour, soit un demi-verre, le niveau de consommation optimum pour les buveurs.

Comparé au tabac, l'alcool est donc très peu taxé sous la plupart de ses formes : le droit de consommation sur l'alcool rapporte 4 fois moins que le droit de consommation sur le tabac. Dans ces conditions, il est temps de se pencher sérieusement sur la fiscalité des boissons alcoolisées les plus consommées.

M. Yves Daudigny, président:

Certaines études laissent entendre que le coût social de l'alcool serait nettement inférieur au coût social du tabac. Que pensez-vous de ces résultats ?

Mme Catherine Hill:

Je pense que ces études se basent sur des données anciennes et sous-estiment les risques liés à l'alcool. Nos estimations sont beaucoup plus élevées que celles réalisées par le passé qui se contentaient de prendre en compte des pathologies ciblées telles que les cancers ORL, les cirrhoses ou les psychoses alcooliques.

M. Yves Daudigny, président:

Quelle serait votre principale recommandation en matière de fiscalité des alcools ?

Mme Catherine Hill:

Il faut taxer le vin afin de contribuer à diminuer le niveau de consommation d'alcool actuel.

Source: www.senat.fr

Moralité? Loin de moi l'idée de pousser la population à une consommation immodérée de vin. Mais puisque les anti-vins ne désarment pas, et que tout se résume aujourd'hui à une bataille de prétendus experts, ou plus sûrement, de lobbys, il serait temps que l'on sorte des amalgames, que les producteurs de vin exiegnt les vrais chiffres, plutôt que de servir de boucs émissaires à la rage taxatoire.

 

PS. Si le sujet vous intéresse, une bonne adresse: http://www.honneurduvin.com

09:26 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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