25 avril 2013

Salta, en transit vers les nuages

Aux Valles Calchaquíes, tout au nord de l’Argentine, poussent les vignes parmi les plus hautes du monde : entre 1700 et 2700 m au dessus du niveau de la mer !

C’est là que se niche la Bodega El Transito. Comme un clin d’œil au fameux «train des nuages», le plus haut d’Amérique, qui vous emmène à 4.200 mètres d’altitude, en transit vers le ciel…

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Valles Calchaquies (photo Mariano)

Sous le soleil exactement

Sortez les GPS : nous sommes dans la province de Salta, à 1.300 kilomètres au Nord-Ouest de Buenos Aires et à 1.250 au Nord de Mendoza. Cette latitude tropicale serait bien inhospitalière pour la vigne, si l’altitude (1750 m) ne tempérait pas  la chaleur.

Reste cependant deux problèmes; le premier, c’est la sécheresse (250mm de pluie par an en moyenne), que seule l’irrigation permet de compenser – heureusement, l’eau des glaciers qui descend des Andes est assez abondante. Le second, plus insidieux, ce sont les ultra-violets, qui brûlent les raisins.

Le paysage est impressionnant, les premiers contreforts des Andes sont tout proches, la vigne est aussi joliment peignée qu’une coiffure de première communiante.

Si votre idée de l’Argentine se limite à Mendoza, changez de disque dur: de Cafayate à Lujan de Cuyo, il y a la même distance qu’entre l’Anjou et La Mancha, et à peu près deux fois le dénivelé.

D’ailleurs, alors que Mendoza a surtout misé sur les cépages rouges, et notamment le Malbec et la Bonarda, Cafayate est plutôt une région de blanc; son cépage de prédilection est le Torrontés – le blanc argentin par excellence, aussi résistant à l’ensoleillement qu’à la fraîcheur.

Pietro Marini Torrontés

Un très bon choix, si j’en crois le premier vin dégusté, signé Pietro Marini.

Ne vous fiez pas à sa couleur plutôt pâle, ce vin déborde de caractère. En bouche, le plus côté muscaté du cépage ressort bien, mais il s’allie à quelque chose de plus complexe, du pamplemousse confit et de la pâte d’amande, de la banane verte ; sa bouche est vive, très franche, avec une retour du pamplemousse, mais aussi des épices (poivre noir) et un zeste d’agrumes. Pourquoi donc est-ce que je m’imagine au pied des Andes, en costume de gaucho, une rondelle de citron entre les lèvres…?

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Pietro Marini Malbec

Le second est un rouge d’assemblage, de la marque Pietro Marini également – son Malbec, pour être précis.  J’eu un coup de cœur pour ce vin. Il s’agit d’une série limitée (40000 bouteilles, tout de même), issue à 100% de Malbec de 15 ans d’âge.

La robe est profonde, légèrement violacée ; le nez est très flatteur – prunes, pruneau, petits fruits noirs, très pur aussi. La bouche est fraîche et joyeuse, sur les fruits noirs, un peu de cuir, les tannins sont particulièrement raffinés.

Le malbec acquiert ici une autre dimension, il claque, cinglant comme un coup de fouet dans la pampa.

La bouche est aussi longue que la cordillère des Andes… Le genre de vin propre à réjouir le cœur de l’homme.

C’est tout le mal…bec que je vous souhaite.

00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Traveller’s diarrhoea

Dis-moi, Hervé : quand tu bois du Transito, est-ce que tu attrapes la Turista ?

Écrit par : Luc Charlier | 25 avril 2013

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Monsieur Traveller’s diarrhoea, les vins argentins sont excellents. Vous n'attraperai pas la tourista, mais un peu de culture ne vous ferais aucun mal!!

Écrit par : charles | 14 juin 2013

lol luc charlier :)
en tout cas, le déguster est bien agréable :)

Écrit par : une appli | 29 avril 2013

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