06 avril 2013

Où l'on reparle du Mont Tauch

Juste quelques questions relatives à la Cave du Mont Tauch, dont je vous parlais hier, et plus globalement à la coopération.

-Comment les banques ont-elles pu financer sans sourciller les projets de développement quelque peu mégalo de cette cave, dont il s'est rapidement avéré qu'ils ne reposaient pas sur un véritable potentiel. Comment le Crédit Agricole, notamment, qu'on dit tellement en phase avec la base vigneronne, a-t-il pu consentir de telles sommes? Dans le système agricole français, banques, syndicats et coopératives agricoles ne pratiquerainet-ils pas une forme d'inceste financier?

-Que sont devenus les gestionnaires de l'époque - je parle des gestionnaires de la cave, mais aussi ceux de la banque? Quel dommage qu'ils ne soient plus là pour assumer leurs décisions! Même si c'est toujours un peu facile de critiquer après coup, ceux qui paient la casse aujourd'hui ont le droit de se le demander. Les dirigeants et les banquiers de l'époque avient-ils les compétences requises?

-Le fait, pour une coopérative, de se lancer dans le négoce, c'est à dire, de vendre des vins que ses adhérents n'ont pas produits, n'outrepasse-t-il pas sa mission, ses statuts? Même si cela se fait via une société à part. Ne faudrait-il pas, d'ailleurs, empêcher les coopérativces de se doter ainsi de bras commerciaux séparés?

-La masse salariale est-elle une variable d'ajustement  pour les coopératives aussi? Le coopérateur-patron est-il aussi "voyou" que le capitaliste, pour reprendre une rhétorique chère à MM Mélanchon et consorts?

-Il semble que la cave, accablée de dettes, a dû recourir à la vente à perte. N'est-ce pas une distorsion de concurrence?

-Dettes financières, dettes sociales? Qui va payer tout ça? Ou va-t-on simplement effacer l'ardoise?

Ne vous méprennez pas, je suis solidaire de la "base vigneronne", qui n'en peut mais, et je souhaite bonne chance aux salariés de la coopérative, en place ou licenciés, ainsi qu'aux coopérateurs.

vignerons-box.jpg

La "vigneron box" de la cave du Mont Tauch

Pour moi, c'est le vin qui compte, pas la structure juridique du producteur.

La mauvaise gestion n'est d'ailleurs pas l'apanage des seules coopératives, en France. La ccopération peut être viable, et produire bon, comme le prouvent par exemple La Chablisienne ou la Cave de Tain.

Mais l'affaire du Mont Tauch me semble illustrer un système vicié, où plus personne ne semble responsable de rien - jusqu'à ce que d'autres viennent payer l'addition, que ce soit les producteurs ou la collectivité.

 

00:59 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Les investissements en coopérative sont un sport si ce n'est national , du moins régional : combien de présidents de coop ont eu le syndrome de la grenouille et du boeuf ? voir le val d'orbieu , période Barsalou , avec Listel et ses investissements bordelais , ou plus récemment Foncalieu avec Haut Gléon ...
Dans le Languedoc , en été le port de lunettes de soleil , pour ne pas risquer l'ophtalmie , est nécessaire a l'abord de nombre de coopératives tant l'inox flambant neuf reflète la lumière . Heureusement pour les yeux , bon nombre de ces investissement financés pour partie grâce a l'argent de la communauté européenne ( merci les Belges ) est maintenant dans des structures inutilisées donc moins propres et moins luisantes ( voire moins reluisantes ) .
Pour ce qui est des sociétés de négoces , nombre de coops avaient recours a elles afin de pouvoir payer un prix décent a l'adhérent par l'achat de vin a un prix toujours plus bas . On se souviens d'une structure coopérative , qui par l'achat de vin étrangers , rémunérait le coopérateur a un prix plus élevé que le prix moyen de vente de ses vins ...
le plan social touchant les salariés de Mont Tauch est bien triste , mais celui qui a touché les viticulteurs victimes de dirigeants incompétents est pire encore . Ces dirigeants élus démocratiquement par leur vote ...
Enfin , pour le moment on n'a pas connaissance de dirigeant de coopérative ayant un compte bancaire a Singapour ou aux iles Caimans , même avec tout cet argent brassés par les investissements cités plus haut , étonnant ,non ?

Écrit par : dopey | 06 avril 2013

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Les investissements démesurés des structures coopératives languedociennes, ainsi que leur développement sur le négoce, sont le résultat de déviances de gestion fondamentales :
- les subventions aux investissements des dossiers France Agri Mer sont généralement données pour partie avant l'investissement, donc investir est un moyen d'améliorer sa trésorerie à court terme, en espérant ne pas avoir un jour à rembourser tout ça...
- le négoce est un moyen fictif de maintenir en haut les rémunérations des adhérents, sachant que ceertains adhérents sont plus rémunérés que d'autres, je recommande d'aller regarder les domaines ou les véhicules des vignerons qui ont été présidents de Mont Tauch ou qui sont au CA de Val d'Orbieu, cela s'appelle des "marchés particuliers", et souvent les mêmes vignerons sont aussi administrateurs du Crédit Agricole...
Ce qui est désolant, c'est que Fitou, dans les années 70/80, c'était une appellation riche, donc en 30 ans de magouilles languedociennes ils ont réussi à détruire 30 ans de construction de valeur ajoutée.
Il y avait un très bon directeur à Mont Tauch, Marc G., alors pourquoi a t il été remercié alors que tout allait bien à l'époque ? même question pour Eric B au Val d'Orbieu pendant qu'on y est ? Et si la leçon de tout ça, c'était tout simplement qu'il faut que présidents et membres des bureaux d'union fassent eux aussi des déclarations de conflits d'intérêt et de patrimoine ? de façon à ce que le politique n'ai jamais la tentation de faire de l'opérationnel ?

Écrit par : Anonymous | 09 avril 2013

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