28 mars 2013

Peut-on interdire à M. Galloni d'écrire ?

Grâce à M. Norbert, fidèle lecteur féru de droit, nous en savons un peu plus sur la plainte déposée par le Wine Advocate contre son ancien collaborateur Antonio Galloni.

Sur le site Lexvini, nous apprenons en effet que parmi les demandes du Wine Advocate à l'encontre de M. Galloni se trouve l'interdiction de publier tout ou partie des notes de dégustation prises par celui-ci, relatives à la Sonoma, à la Bourgogne, au Barolo et à Brunello. Et même, tout article relatif à ces régions.

Le texte anglais est assez précis: le Wine Advocate demande "a temporary restraining order and preliminary injunction to enjoin Galloni from "publishing any and all articles and/or tasting notes relating to the Sonoma, Brunello, Barolo and Burgundy wines".

Il s'agit d'une procédure en urgence (l'équivalent de notre référé).

Les juges n'ont pas encore statué, mais s'ils donnaient raison au Wine Advocate, dans la formulation actuelle, il me semble que cela reviendrait à appliquer une clause de non concurrence (clause qui n'a pas été évoquée jusqu'à présent), et surtout, de manière assez disproportionnée.

Que l'on interdise à M. Galloni d'utiliser un matériel collecté en tant que représentant officiel du Wine Advocate peut se justifier. Qu'on lui interdise (et pour combien de temps?) de faire son métier et de publier quelque article que ce soit sur des régions dont il est le spécialiste, paraît quelque peu abusif.

Bien entendu, cette demande n'aurait qu'un effet temporaire. Mais compte tenu de la durée des procédures judiciaires, nul ne peut dire combien de temps M. Galloni serait empêché de travailler. Et cette perspective même n'est-elle pas un moyen de pression exagéré, de la part du Wine Advocate?

Comme journaliste (totalement étranger à la cause, mais inquiet pour le droit de travailler en général), c'est bien ce que je crains.

Mais j'aimerais connaître l'avis de M. Norbert, bien plus pointu que moi en cette matière...

La suite dans quelques jours, peut-être...

PS. Je serais curieux de savoir ce qu'en pense Robert Parker lui-même. Après tout, il est juriste de formation... Mais appuie-t-il la démarche des nouveaux propriétaires du Wine Advocate, à l'encontre de son ancien poulain?

 

 

 

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : galloni, antonio, parker, wine advocate | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

En fait, il faudrait connaître le contenu du contrat qu'avait signé Antonio Galloni avec le Groupe Parker car, autant que je sache aux USA, tout ce qui n'est pas écrit est permis. En d'autres termes, s'il n'est pas spécifiquement précisé que les textes publiés sont l'unique propriété de Parker, Galloni peut les réutiliser à son compte.
Connaissant Antonio, je doute très fort qu'il ait pris des décisions de ce type sans l'avis préalable d'un juriste.

Écrit par : mauss | 28 mars 2013

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