22 février 2013

Un grand blanc du Médoc

Je n'ai pas pu résister! Bien sûr qu'on ne fait pas de Médoc blanc.

Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de vignes de blanc en Médoc. On en trouve notamment au château Fonréaud, un cru dont j'ai pu déguster les vins (en remontant jusqu'en 1964), à l'occasion du déjeuner de presse organisé hier au Ventre Saint Gris, à Bruxelles. La famile Chanfreau y fêtait le 50ème anniversaire du rachat du château (ainsi que du château Lestage)... et la bonne santé de leur ventes en Belgique, leur premier marché à l'exportation.

Mais revenons au blanc, et plus précisément au Cygne (version 2011), puisque c'est son joli nom. Une cuvée créée... au 19ème siècle, bien avant les AOC.

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Le Cygne 2011 (Photo H. Lalau)

Aujourd'hui, faute de Médoc, son appellation, bien sûr, c'est Bordeaux. Ce n'est pas la plus grosse cuvée du Château (il s'en produit eenviron 15.000 bouteilles), mais ce n'est certainement pas la moins soignée....

Fidèle à la tradition bordelaise de l'assemblage, ce vin est un beau mariage des trois cépages, qui fonctionne très bien: le sémillon amène la structure et la muscadelle un côté plus floral, plus aérien. Quant au sauvignon, sa fraîcheur surnage.
Il montre d'abord le bout d'un joli nez de pamplemousse, avant de virer vers les fleurs et le miel d'acacia; en bouche, il est sec mais acidulé, sa texture est fine et soyeuse, terminant sur un léger amer tout à fait bienvenu; s'il présente aujourd'hui beaucoup de fraîcheur, il semble aussi taillé pour une bonne garde.

Comme le souligne Jean Chanfreau, les tris du blanc permettent de mieux régler, non seulement le blanc, mais aussi le rouge.

En parlant de rouge, justement, un coup de coeur: le Château Lestage 1986. Une impression de plénitude, une bouche classique mais pas surannée, du fruit et de la fraîcheur, un boisé sobre, une texture veloutée, juste quelques notes grillées, un régal. Le 1995 est aussi très bien, le premier nez un peu plus évolué (fruit sec, truffe, cacao, sous bois), mais plein de classe, la bouche assez riche, mais harmonieuse.

De quoi vous donner envie d'attendre tous ces Bordeaux auxquels ont rend si mal justice en les dégustant trop jeunes, voire dans le ventre de leur mère la barrique, aux Primeurs. Mais c'est une autre histoire...

Plus d'info: Catherine di Costanzo, di-costanzo.catherine@wanadoo.fr

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : fonreaud, bordeaux, médoc, blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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