21 février 2013

Le Médoc, produit d'exportation

Francis Etourneaud, le directeur de l'ODG Médoc-Haut Médoc-Listrac-Médoc se félicite des performances de ses ouailles à l'exportation au cours de l'année 2012: celle-ci représente à présent entre 36 et 41% des ventes totales selon les appellations.

Une mention spéciale pour la Chine dont les importations ont augmenté... de 73%, pour atteindre 35.000 hectos. Ce qui place l'empire du Milieu en tête des conosmmateurs de vin du grand Médoc, largement devant l'Allemagne (30.000 hl), la Belgique (23.000 hl), le Royaume-Uni (16.000 hl) et les États-Unis (15.000 hl, en progression de 31%).

Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais j'aimerai savoir ce qui détourne les Français des vins du Médoc. Le prix? Le style des vins? Et peut-on longtemps soutenir une exportation florissante si les consommateurs locaux se mettent à snober les produits de leurs crus?

00:50 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Bordeaux, la terre dont la terre entière ne veut plus!

Bon, d’accord, ayant été un énorme amateur des médocs (graves aussi) au cours des années ’70, et même ’80 – en fait jusqu’à ce qu’on ait dévoyé le message de Peynaud en le poussant à l’extrême, jusqu’aux concentrateurs, et jusqu’à la mainmise totale des assurances, banques et autres investisseurs ayant chassé l’ancienne pseudo-aristocratie des propriétaires, que je leur préférais – j’ai bien le droit de brûler ce que j’ai adoré. La désaffection pour les vins de la Gironde provient de leur manque total d’avantage concurrentiel p/r aux autres offres, mondiales et françaises, et de la morgue et de l’arrogance insoutenables d’un grand nombre de leurs « hommes publics », rives droite et gauche confondues. Les cabernets pas mûrs, surchaptalisés, extraits à outrance, matraqués par le bois neuf de chez neuf et les merlots sans âme et brûlants, les rendements dantesques (car il faut bien entendu cumuler « grand vin », second vin, troisième vin et générique, tout provient de la même vigne), les amateurs de vin n’en veulent plus. Et les propriétés, bien sûr qu’elles existent, de plus petite taille, qui continuent à faire le « Bordeaux » comme on l’aimait, équilibré, demandant à vieillir, soyeux alors, complexe ... n’ont pas les moyens de rivaliser au niveau des frais de marketing (pub, pots de vin aux prescripteurs, commissions aux sommeliers ....).
Il est amusant – oui, je sais, j’ai une propension à devenir futile, parfois – de constater que l’Empire du Milieu se trouve maintenant .... devant !
Même la Belgique diminue sa consommation de Bordeaux ; note que pour 10.000.000 d’habitants dont 1 million sont réputés ne pas boire d’alcool, ça reste costaud quand même !
On nous a eu .... une fois, mais pas deux !

Écrit par : Luc Charlier | 21 février 2013

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Je pourrai reprendre presque mot pour mot le commentaire de Luc Charlier. Bordeaux a perdu le sens des réalités à partir du milieu des années 90 quand les affaires sont redevenues florissantes, avec le discours de circonstance qui convenait : les seconds vins presque aussi bons que les premiers, les crus bourgeois devenant par magie crus classés, sans que personne à Bordeaux ne s'émeuve du phénomène. Sans parler du travail des sols, laissés pendant longtemps au bon soin des produits phytosanitaires. La pression du climat océanique, paraît-il.

Le résultat quasi-général : des propriétés qui se présentent comme des marques et qui élaborent des vins en fonction de cette "position de marché" supposée. Quel intérêt pour l'amateur de vins à participer de cette foire aux vanités ?

Le nombre de vins provenant de la Loire, du Rhône, du Languedoc-Roussillon -pour ne citer que ces régions- qui dépasse par leur singularité ceux du Médoc ne se comptent plus sur les doigts d'une main. Le discours condescendant qu'a tenu Bordeaux vis-à-vis du reste du monde se retourne désormais contre lui.

Écrit par : bruno l | 21 février 2013

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J'adhère corps et âme aux 2 commentaires précédents...je ne bois plus que sporadiquement ce genre de vinasse qui traînasse dans ma cave en attendant quelques irréductibles aux palais irréversiblement formatés aux goûts de tanins pas assez mûrs et au jus de chaussette de chêne qui passent bien de temps en temps casser la croûte à la maison....beaucoup trop chers pour leur valeur intrinsèque et pour la sensualité vineuse qu'ils procurent ! Vive entr'autre le Lang. Roussillon....!!

Écrit par : Gosselin Jean-Noêl | 22 février 2013

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