19 février 2013

Quand Tasted fait venir Andreas Larsson en Champagne

Comme des impresarios organisent des tournées d'artistes, le magazine Tasted propose à des maisons de Champagne que le sommelier Andreas Larsson vienne déguster chez eux.

Avec l'espoir, bien sûr, que ce grand prescripteur apprécie et recommande les vins.

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Tout a un coût, évidemment, comme on peut le lire dans le courriel reçu par une maison de Champagne:

"VISITE OFFICIELLE en CHAMPAGNE de Mr ANDREAS LARSSON

Meilleur Sommelier au Monde le 07 Mars 2013.
 
Monsieur Andreas Larsson, se propose de visiter en Champagne en présence de Madame Sali, Journaliste, deux propriétés le 07 Mars 2013, une le matin et l'autre l'aprés-midi.
Durant cette visite Mr Larsson pourra déguster jusqu'à 10 produits, visiter la propriété et effectuer les commentaires et notes de dégustation tandis que Madame Sali interviewra le responsable de la propriété les commentaires et note de dégustation ainsi que l'interview seront repris accompagné d'un beau visuel et sur 4 Pages dans le Magazine International TASTED et le magazine chinois VINOVOGUE édition avant Salon VINEXPO de Bordeaux et imprimé à 500 000 exemplaires parution également sur le site internet TASTEDMAG.COM
 
Le coût de participation est de  10 000 euros HT possibilité de payer en 6 mensualités.
Seul les premières réponses par email seront prises en considération."

Source: Tasted (c'est le texte intégral).

Ce n'est pas tant le prix qui me choque (tout est relatif, à chacun ses moyens) que l'assurance que semble avoir Tasted, à l'avance, que M. Larsson va trouver vin à son goût, et que ses commentaires pourront forcément être utilisés dans un bel article de 4 pages.

Comment peut-on d'ailleurs encore parler d'article, pour ce qui n'est au fond qu'un publireportage?

00:58 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Lien permanent | Commentaires (51) | | | |

Commentaires

Nous sommes plusieurs à avoir reçu copie de cette requête de TASTED. Comme exemple du travail que doit faire un journaliste, suite à divers billets publiés ici ou là au sujet de l'éthique dans ce métier : qui a contacté Andreas Larsson pour avoir son point de vue ?

Comme il est membre du GJE, je l'ai fait, naturellement, et il m'a confirmé par email que cette somme ne lui revient pas et que c'est effectivement un genre de publi-reportage où l'éditeur va utiliser ses notes.

Ce n'est pas joli-joli, car il est évident que dans un tel contexte, l'objectivité doit s'écrire en minuscules. Néanmoins, il ne touche pas d'honoraires pour cela.

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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Est-ce qu'au moins pour le prix on peut être certain du nombre de parutions? Combien touche le commercial sur chaque vente? Et le patron de tasted? Beaucoup de questions sans réponse...

Écrit par : Monte | 22 février 2013

Quand il y a doute, il doit y avoir enquête, c'est sûr. Mais là, où est le doute?
Ce message est clair.
La question n'est pas de savoir ce que gagne M. Larsson, ni même si le prix est trop élevé où pas. Il n'y a aucun reproche à lui faire. Et Tasted est libre de proposer ce qu'il veut à qui il veut.
La seule vraie question pour moi est la suivante: ce que l'on va présenter comme un dossier rédactionnel sera en fait une publicité payée.
Ceci ne souffre guère la discussion: c'est dans le texte qui émane de Tasted, et cette proposition a été faite à plusieurs maisons.
C'est l'unique raison pour laquelle j'ai publié ce message, M. Mauss, et je suis convaincu d'avoir agi en respectant la déontologie.
Je n'ai ni travesti l'information, ni apporté de commentaire déplacé, je laisse à mes lecteurs que je prends pour des gens sensés le soin de se faire leur idée en fonction de ce que Tasted a écrit.

Écrit par : Hervé Lalau | 19 février 2013

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J'ai moi aussi bien sûr cette idiotie.
Deux remarques.
1°) Tasted, qu'est-ce que c'est? (humour)
2°) À François Mauss, mais j'ai envoyé un message direct à Andreas Larsson, quelle est son attitude vis-à-vis de Tasted: démission, procès, communiqué?

Écrit par : Vincent Pousson | 19 février 2013

Je voulais écrire: "J'ai vu moi aussi…"
J'en profite pour ouvrir une parenthèse, cette info m'est arrivée par plusieurs canaux différents qui m'ont donné à penser que certains au GJE se posaient des questions.

Écrit par : Vincent Pousson | 19 février 2013

Je n'aime pas cela du tout. C'est plus qu'ambigu en apparence.

Écrit par : David Cobbold | 19 février 2013

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David : il est évident que nous sommes contre ce genre de pratiques, mais je voulais être certain que Larsson - certainement rémunéré au moins pour ses frais par Tasted - n'était pas le destinataire de € 10.000.
Là où il faut vigoureusement réagir est que si effectivement la revue ne mentionne pas "publi-reportage", c'est se moquer du monde et ce fait doit être signalé. Attendons donc de voir ce qu'il en sortira sur le papier : ce sera intéressant et bien sûr, en fonction, crois moi qu'on réagira nettement.

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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On peut toujours décider d'appeler "chat", un chien, ou "oiseau", un lapin (ou autres). Ca n'éclaircit pas la bouillie intellectuelle qui forme l'ordinaire de nombreux blogs vineux. Ca n'éclaire pas davantage le statut des "critiques de vin", ou, encore plus chic, des "wine-critics", fatras notionnel qu' utilisent les non-journalistes pour définir les auteurs d'articles sur le vin. Je n'ai jamais entendu un confrère se qualifier de "wine-critic". Ce qui prouve que nous avons encore le sens du ridicule.
Dans le cas de Tasted, la réponse à deux questions permet d'appeler "chat", un chat.
1 Une carte de presse n'est délivrée et validée chaque année qu'autant que le revenu de son titulaire provient pour moitié de son travail dans une entreprise de presse. Est-ce le cas d'Andreas Larsson? Sinon, ce n'est pas un journaliste professionnel.
2 Pour bénéficier des avantages de la Commission paritaire de le presse, un journal doit respecter un ratio pages publicitaires/pages rédactionnelles : un tiers/deux tiers (sauf erreur). Est-ce le cas de Tasted ? Sinon, ce n'est pas un journal, mais un organe publicitaire.
Cette histoire confirme un impression ancienne : ce ne sont ni les petits malins ni les naïfs, qui manquent, mais l'argent.

Écrit par : Alain Leygnier | 19 février 2013

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Effectivement, tout le monde gagnerait à plus de clarté. Je n'ai rien contre le fait que des sommeliers dégustent ni même écrivent sur le vin. Mais il faut en effet qu'ils se présentent bien comme tels.
Pour ce qui est des blogs, je crois que c'est autre chose, Alain. Ils ont leur raison d'être, la liberté d'expression est à ce prix, même si nous n'aimons pas tout ce qui s'y fait ou s'y dit; il faut juste les prendre pour ce qu'ils sont, à savoir tout sauf des medias d'information journalistique.
Note bien qu'avec l'évolution actuelle des medias, l'allégement des rédactions et la course au scoop, je ne suis pas bien sûr que tous les journaux et les journalistes (avec carte de presse) aient toujours des leçons à donner. C'est le système qui se délite.
Moi qui ai un pied dans les deux mondes, j'ai parfois du mal à faire le tri.

Écrit par : Hervé Lalau | 19 février 2013

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Un témoignage

Je suis le dernier à qui on pourra reprocher de vouloir vanter les mérites du publi-rédactionnel.
En 2008, j’ai participé à l’envoi d’échantillons orchestré par notre interprofessionnelle à l’intention d’Andreas Larsson, qui venait d’être « Meilleur Sommelier du Monde ». Un très abondant rapport de sa dégustation est paru dans Tasted Magazine quelques mois après, et deux de mes vins y figuraient : Miquelet 2005 et Majou 2006, avec une description que je trouvais réaliste, assez aimable mais pas dithyrambique. Mon domaine était totalemnt inconnu à l’époque, encore plus que maintenant !
On ne m’a pas demandé d’argent, mais peut-être le CIVR avait-il laché un budget global ?
Peu après, un bureau avec siège à Bordeaux m’a proposé une espèce de « tiré à part », pour une somme modique (une soixantaine d’euros, je crois). Il n’a jamais été donné suite malgré deux ou trois rappels et coups de téléphone de ma part. En toute franchise, je ne sais plus si la somme m’a été restituée ou non. J’ai eu l’impression que cela a été de la négligence et non une arnaque.
Je n’ai jamais rencontré Monsieur Larsson.
Je lui ai fait deux fois un courrier, par Tasted interposé, et lui ai fait dire par certains membres du GJE avec qui j’entretiens des rapports courtois, voire même très amicaux avec l’un d’eux, que j’aurais plaisir à faire sa connaissance. Cela n’a pas eu de suite et jamais on ne m’a fait de proposition ambiguë ni relancé. Mais là encore, je n’appartiens pas au Gotha ni aux nantis financièrement.
Récemment (le 14/2 à 14.57), il y a eu appel à échantillon par mail, à plusieurs reprises, pour Tasted : dégustation à l’aveugle par A. Larsson et M. del Monego. Ici, les « frais administratifs de participation s’élèvent à 75 € HT par produit », I quote. Mon budget ne me permet pas ce genre de dépense, et je réprouve la rétribution des organismes (concours, expos, magazines ....) qui organisent des dégustations, tout en étant prêt à assumer les frais d’envoi et à payer le juste prix une série de copies papier – ou un fichier informatique – en cas de sélection.
Comme Hervé, je vous présente les faits et m’abstiens de commentaire, sinon pour insister sur la manière somme toute correcte dont j’ai été traité par l’organisation autour d’A Larsson.

Écrit par : Luc Charlier | 19 février 2013

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Écrit par : Hervé Lalau | 19 février 2013

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Monsieur Pousson :

Comme vous me donnez l'impression de suivre les activités des membres du GJE et que vous me questionnez à ce sujet, permettez moi de vous répondre ici clairement.
Je n'approuve absolument pas le comportement d'Andreas Larsson qui, depuis qu'il a eu son titre, n'a plus guère de considération pour les autres membres du GJE qui l'ont pourtant bien aidé en la matière. passons : ma sanction habituelle est simple. pas de grand tralala, ni de lettre certifiée : il n'est simplement plus invité à nos sessions au Laurent.
Mais je comprends parfaitement qu'un sommelier qui a trimé pour gagner ce concours veuille en tirer profit. La revue Tasted n'est pas lu par des idiots du Bélouchistan, mais par d'éventuels lecteurs qui savent parfaitement qu'il y a sans doute des compromissions entre rédacteurs, journalistes et pages de pub. On n'est pas idiots, et ça commence par le simple fait qu'on ne lit pas ces revues publicitaires voulant faire croire à du journalisme. Quelque part, il n'y a donc pas tromperie sur la marchandise puisqu'on en connaît la nature.
Mais si on s'en prend à Larsson avec ce comportement disons "douteux", alors dites moi simplement, à part le ténébreux Michel Smith, qui, de nos jours, ayant une petite réputation dans le monde du vin, ne joue pas le même jeu, ± que celui de Larsson. Vérifiez qui écrit pour Bernardo dans le Figaro, et idem dans bien d'autres journaux. C'est la république des "nègres". En fait, on s'en fout car ni vous ni moi on achète selon les conseils de ces gens là.
Chacun défend son beefsteak, à sa façon, noble ou roturière. Et c'est bien pour éviter ces discussions à répétition que j'ai imposé au GJE l'aveugle et, quand ce sont des sessions de commande, et bien, c'est simple : je le dis.
Ni vous ni moi ne sommes des anges. sauf le ténébreux. Oui, j'écrirai férocement si Tasted ne dit pas que pour cette histoire de champagne, c'est un publi-reportage. Mais je ne mettrai pas en place de guillotine pour Larsson qui, certainement moins bien que Dubs, Faure-Brac ou Poussier, essaie de bien monneyer son titre. Toujours la paille et la poutre : ne l'oublions jamais !

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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Merci, monsieur Mauss.
Ne connaissant pas l'instrument de mesure, j'éviterai de me livrer à un concours d'angélisme avec vous. Merci en tout cas pour cette réponse, nette, sans détours, qui a devancé celle d'Andreas Larsson.

Écrit par : Vincent Pousson | 19 février 2013

Je joue à Voltaire (le talent en moins)

Je vais vous surprendre, mais je voudrais défendre les « sommeliers-stars », beaucoup plus que les MW par exemple. J’en ai rencontré quelques-uns (la soixantaine arrive), depuis l’époque de Jean-Luc Pouteau environ. Au départ, la plupart sont sortis d’une école hôtelière où on les a « matés », dressés, comme on fait avec les infirmières ou les apprentis-bouchers. Les plus passionnés d’entre eux ont gardé le feu sacré, l’intérêt pour le bon vin, alors que le métier essaie de les transformer en « garçon de café » spécialisé : « tu ouvres la bouteille, tu sers, tu pousses la référence la plus chère possible et puis basta ». En plus de leur métier, avec des horaires pas possibles, l’exigence (justifiée) des clients, leur impolitesse (injustifiée) parfois, ils continuent à déguster des dizaines de vins, à potasser, à aller aux qualif., aux éliminatoires etc ....
Et ils sont souvent jeunes, immatures, insouciants, sortis de l’ombre.
Et puis, un jour, ils deviennent célèbres, passent à la télé, sont forcés d’apprendre un peu d’anglais (OK, pour un Suédois, c’est plus facile qu’un Chinois ou un Brésilien) et de parler en public. Et les gros domaines, les représentants des marchands de vin en vue, les autres prescripteurs les flagornent ou tentent de les acheter. Difficile de garder la tête froide, surtout quand tout va si vite.
Donc, par pitié, même si on ne cautionne pas le côté « barnum » de leur entourage, gardons un peu d’indulgence pour le sommelier-vedette et prévenons-le, gentiment et fermement, qu’il ne doit pas tomber dans le piège car il ne restera pas longtemps au firmament. Après, qu’ils touchent un honoraire, même élevé, ne me dérange pas. Quand j’étais encore actif dans le milieu pharmaceutique et que j’animais une séance de dégustation en marge d’un événement scientifique, on payait mes heures aussi, à leur juste prix. Quand feu Raymond Goethals (vous savez, le « sorcier » du football qui a fait gagner Marseille du temps de Tapie) acceptait d’être présent à un repas de VIP, on le payait pour raconter ses anecdotes.
Après, ma vie plus récente m’a fait rencontrer beaucoup de sommeliers, même s’ils ne sont pas tous champions du monde. Je suis surpris de leur connaissance du vin – je veux dire dans le verre, pas leur érudition sur les anecdotes historiques ou mondaines du vignoble – et de leur enthousiasme, surtout chez les plus jeunes. Je ne citerai que trois exemples, sans vexer les autres. Tous d’abord : Maxim Demuynck, chez Sang Hoon Degeimbre à Eghezée, le « nonce apostolique du pape Thys en Belgique ». Il sait tout sur tous les vins, et ce depuis qu’il est tout gamin. Faut dire que son papa est lui-même un excellent professionnel. Ensuite : tous les stagiaires qui gravitent autour de Georges Gracia à la Barbacane, et se succèdent. Je ne sais pas où il les choisit ni comment il les motive, mais ces petits sortent de là avec un réel savoir-faire. Enfin, Yannis Kherachi à Montpellier. Il parcourt le monde pour les frères Pourcel et dispose sans doute d’un pouvoir décisionnel important. Pourtant, il reste ouvert et accessible, parfois même très direct.
Bon, il y a sans doute des caractères plus influençables que d’autres ....

Écrit par : Luc Charlier | 19 février 2013

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Bien d'accord avec vous, Monsieur Charlier, et mon propre commentaire le confirme. Ajoutons à cela que si du temps de Dubs ou de Faure-Brac ou même Poussier, ces lauréats avaient un temps devant eux relativement long pour bien établir leur juste réputation, financièrement parlant (livres, conférences, animations), aujourd'hui, à tort ou à raison, le gagnant ne voit devant lui que le temps qui va le séparer du prochain lauréat. On appelle cela l'immédiateté qui envahit tout.
Financée par les propriétés qui voient une distribution internationale avec de belles photos, Tasted a trouvé un filon qui n'est naturellement pas le nôtre. Mais là encore, je ne les vois pas agiter le drapeau limpide de la pureté objective de leurs textes. En fait, je crois que tout lecteur le sair, consciemment ou non.
Le véritable amateur a d'autres sources d'informations. Certes, et cela peut être crispant, elles n'ont pas l'audience de ces autres médias papier, quand bien même il reste d'excellentes revues véritablement indépendantes des pubs s'y trouvant, comme TWFW.
Bref, on peut comprendre Andreas comme on pouvait espérer de lui un comportement plus en esprit avec ce dont on rêve.

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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Monsieur Mauss, question sans arrière-pensée, que signifie TWFM ? Par ailleurs, notons, que, comme les présidents de la République et les premiers ministres, les meilleurs sommeliers du monde conservent leur titre toute leur vie.

Écrit par : Alain Leygnier | 19 février 2013

Surely what is important here is that an article is being promised for a fee and that this proposition is linked to Andreas Larsson. If this article is clearly labelled as advertorial then I have no problem with this. If, however, it is presented as an independent article, then that is entirely a different matter. If it is the latter then it has the potential to damage Larsson's reputation. This is not the first time that Tasted has solicited payment for a visit by Larsson. In February 2012 prior to a visit to Bordeaux a similar request was issued to some Bordeaux estates, which was to involve a vertical tasting of up to ten wines.
Although Larsson's name is highlighted, it seems to me that there are questions that should be put Anthony Chicheportiche as the owner of the magazines.

Écrit par : Jim Budd | 19 février 2013

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J'arrive enfin de nouveau à poster des commentaires (mon blog a eu de gros problèmes cet après-midi...)...

A MM Charlier et Mauss. D'abord merci de vous intéresser à ce thème, et de ne pas tomber dans le piège du tous pourris.
Moi aussi, j'ai d'abord du respect pour les sommeliers - vedettes ou pas, d'ailleurs.
Je suis tout à fait prêt à croire que MM Larsson, ou Del Monego, Faure-Brac ou Bernardo sont de chics et braves types, comme mes copains Boschman ou Spies, que je connais mieux. Qu'on ne s'y trompe pas: comme journaliste, je n'ai aucune jalousie, et comme dégustateur encore moins; parfois, ces gens me bluffent littéralement avec leur connaissance du vi. Et puis, je ne suis pas d'un naturel envieux, plutôt admiratif. J'ai parfois voyagé avec certains d'entre eux et ça s'est généralement bien passé.

Je me répète, ce qui m'insupporte, c'est qu'on puisse faire passer une publicité pour un article rédactionnel. Et accessoirement, qu'on choisisse le lieu où passera le sommelier en fonction du paiement, ce que le lecteur ne peut deviner si on ne lui explique par par une mention "publi-information", "publireportage", advertorial, etc...

Écrit par : Hervé Lalau | 19 février 2013

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On est bien tous d'accord sur cette analyse, et si donc le prochain Tasted ayant cette présentation "champagne" ne met pas "publi-reportage" (ou équivalent), on ne sera pas les derniers à montrer un juste courroux.

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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Monsieur Leynier :

TWFW : THE WORLD OF FINE WINE, la plus belle et plus éclectique revue sur le vin, notamment pour l'iconographie.

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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Merci.

Écrit par : Alain Leygnier | 19 février 2013

Monsieur Leynier :

Sorry :

TWFW : revue anglaise. The World of Fine Wine.
Editeur : Neil Beckett.

Écrit par : mauss | 19 février 2013

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Luc, est-ce que tu n'as pas récu aussi il y a quelques jours le mail de cette agence de Bordeaux, qui propose d'envoyer des vins de 2009 à 2012 pour une grande dégustation en Allemagne avec ce Monsieur Larson et un Monsieur Del Mogeno (contre 75€ HT de frais de participation/bouteille) pour une publication dans Tasted Journal, distribué gratuitement en 400 000 Exemplaires en Chinois et 150 000 en Anglais - si j'ai bien compris, cela sera un spécial Languedoc Roussillon...

Écrit par : Iris | 19 février 2013

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Si, ma douce Iris, c'est exactement à cela que je fais allusion.
Il n'y avait rien de tendencieux à cela et on ne m'a rien promis. Mais, pour la même chose en 2008, il ne fallait pas payer !
Donc, pour enfoncer le clou : 1. Larsson ne m'a jamais fait de tort, ni personne autour de lui/ 2. Je ne joue pas dans le barnum du 75 € pour avoir le droit de leur offrir des échantillons à me sfrais, et le port en sus/ 3. Ne soyons pas trop durs avec les sommeliers vedettes/ 4. Dénonçons par contre bruyamment la pratique qui fait passer de la pub payante pour de l'information indépendante à valeur de reportage pro.

Écrit par : Luc Charlier | 19 février 2013

Merci Hervé… ; )

Écrit par : borneuf | 20 février 2013

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Pas de mauvais esprit svp, il y a des frais, et puis la couronne suédoise est au plus haut. Je vous rappelle la devise officielle de ce magazine : "100% blind". Cette contribution vous sera facturée 2000 euros

Écrit par : Mehdi Dupond-Lefrisé | 20 février 2013

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Pas d'attaques personnelles, svp.

Écrit par : Hervé Lalau | 20 février 2013

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Très intéressant!

Écrit par : Marc André Gagnon | 20 février 2013

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"Comment peut-on d'ailleurs encore parler d'article, pour ce qui n'est au fond qu'un publireportage?" Je dirais plutôt "un ridicule reportage publicitaire". Ah si seulement on pouvait recenir au vrai journalisme...

Écrit par : michel Smith | 20 février 2013

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Où est la réaction de M. Larsson?

Écrit par : Marc André Gagnon | 20 février 2013

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Dans un des billets suivants d'Hervé, Marc André.

Écrit par : Vincent Pousson | 20 février 2013

Le pire dans tout cela, c'est que très souvent, faute de vouloir (ou de pouvoir) payer des journalistes pros pour des articles en bonne et due forme, des magazines de ce style emploient gratuitement des sommeliers à qui ils font miroiter un tas de choses en échanges de commentaires de dégustation souvent insipides. Et quand en plus on leur demande de faire des portraits, alors là ça dépasse l'entendement. Et quand je pense qu'il y a pléthore de vignerons qui acceptent de banquer, ça me rend dingue !!!

Écrit par : michel Smith | 21 février 2013

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Milchel, tu parles d'or. Tu souhaites le retour du vrai journalisme. Moi aussi, mais je n'en crois rien, le pire est devant nous. Aujourd'hui, on demande aux journalistes de faire des articles depuis leur bureau. C'est le cas, entre autres, dans la plupart des titre d'un groupe allemand bien connu. Avec Internet, un téléphone, un carnet d'adresses, des photos gratuites, un brin de plume, on bidonne dans le luxe. Si c'est bien fait, et c'est bien fait, le lecteur ne s'aperçoit de rien. Quant au reste, sommeliers/journalistes, à chacun son métier.

Écrit par : Alain Leygnier | 21 février 2013

Ça ne concerne d'ailleurs pas que le vin. C'est juste pire dans le vin, et dans le "journalisme" spécialisé.

Écrit par : Vincent Pousson | 21 février 2013

Voilà bien une question majeure dans la communication autour du vin. Il existe une pléthore de revues dont les revenus proviennent majoritairement de financements de propriétés.
Pourquoi ?
1 : parce qu'elles sont généralement "luxueuses" et donc donnent une belle image des domaines.
2 : parce qu'elles sont souvent traduites en plusieurs langues.
3 : parce qu'elles ont une très large distribution (hôtels) du fait que leur coût est totalement couvert par ces financements des domaines et donc elles sont la plupart du temps distribuées gratuitement.
4 : parce que les éditeurs trouvent souvent quelques signatures dotées de "diplômes" qui valorisent - pour les lecteurs néophytes - le contenu.

On revient aux deux catégories de lecteurs :

- ceux qui veulent véritablement de réelles informations, connaissances, apprentissages
- ceux pour qui le vin est avant tout un objet de promotion individuelle ou sociale : et ce sont ceux là que visent ces revues de luxe.

On a quand même entre les deux, dans des quotidiens, des "colonnes" de vrais journalistes du vin qui ont une réelle influence tant il est vrai que ces quotidiens apportent, à tort ou à raison, un sérieux.
Exemples : Le Monde, le NYT avec Asimov, Slate avec Steinberger.
Mais, c'est vrai aussi, cela devient un peu des peaux de chagrin.

Alors, que faire ?

Une idée, à l'époque d'internet : pourquoi ne pas créer un site multi langue où régulièrement, des textes de noms connus comme notre ténébreux, seraient mis en ligne et traduits en chinois, japonais, anglais, portugais (pour le Brésil) ?
Certes, cela aura un coût : à nous de trouver des financements. Et bien sûr, tous les commentaires de dégustation, d'opinions sur un domaine, devront suivre une certaine éthique minimale. On me voit venir : cela veut dire dégustation à l'aveugle.
A une époque où il y a de fortes turbulences aux USA côté presse du vin, avec le retrait assez brouillon de Parker, l'Europe a une carte à jouer qui ne peut passer que par des traductions systématiques.
Bref, au lieu de se plaindre régulièrement de ces faussaires du vin, essayons une approche positive.

Écrit par : mauss | 21 février 2013

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Le problème, l'unique problème, c'est ce mot qui s'est glissé au cœur de votre intéressant propos, le nœud du problème dans un monde de gratuité (factice), le commencement de la fin de la liberté et d'une nécessaire insolence (sans laquelle le journalisme n'est qu'un vain mot): le financement.
Il n'existe qu'une solution crédible, et c'est d'ailleurs ce qui a fait la différence entre Uncle Bob et les autres, vendus à la pub ou complices des wine merchants londoniens, faire payer le lecteur. Et pour mettre en place pareil système, il faut un investissement de base non négligeable.

Écrit par : Vincent Pousson | 21 février 2013

Moi je retiens quand même l'idée de M. Mauss: faire quelque choses pour que ça change?
Une coopérative d'édition qui mutualise les frais? Chiche?

Écrit par : Hervé LALAU | 21 février 2013

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Why not?

Écrit par : Vincent Pousson | 21 février 2013

Une piste : les gens qui animent le site Flake (http://www.webflakes.com/) traduisent plusieurs blogs en anglais.
Je n'ai pas de détails sur le modèle économique, mais la pub pour des voitures ou des montres ou je ne sais quoi en dehors de domaines viticoles, pourquoi pas ?

Écrit par : mauss | 21 février 2013

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Nous sommes plusieurs à y participer, non?

Écrit par : Vincent Pousson | 21 février 2013

Ouhlàlà !
Je vais bloguer la dessus, aujourd’hui.
Mon fils aîné est journaliste de formation (diplômé), et il a travaillé dans la com depuis 7 ans.
Lassé des compromissions, il s’est enfuit (enfoui ?) vers l’Afrique du Sud où il bosse plein temps dans une ONG pour 300 € par mois, au péril de sa vie (un homme blanc à Port Elisabeth, sans garde du corps ni Smith & Wesson).
Il n’est donc pas le vénal type, corporatiste et midi-à-sa-portiste ... que vous semblez défendre par certains côtés. Oui, je sais, là je ne me fais pas bien voir, ni de Leygnier et Mauss – mais ma cause est perdue auprès d’eux – ni même du Forgeron (que certains appellent le ténébreux) pour qui j’ai de l’amitié. Notez que j’ai écrit « par CERTAINS côtés ».
Et pourtant : il pense comme VOUS ! La chair de ma chair, le fruit de mes entrailles comme le beuglait cet hypocrite de Balavoine (encore un ami de Tonton qui l’a pourtant fait descendre) pense comme vous.
Il dit qu’un journaliste doit être un professionnel formé (formaté ?), généraliste, capable d’aller chercher une information auprès des experts, la vérifier et la rendre accessible à tout le monde. Voilà ce qu’il dit, le brave petit, comme vous.
Et il a tort ! Les généralistes ne savent rien, ne comprennent rien, ne servent à rien. Dans le vin comme dans toute activité commerciale, il existe des gens qui racontent n’importe quoi, comme ça les arrange, soit par rouerie, soit par ignorance. Les légendes font florès, les gourous aussi. Et les journalistes généralistes gobent tout. Tandis que quand c’est un Casamayor – ou un autre, mais celui-là me plaît bien - qui déguste un vin, il ne raconte pas d’imbécilités. Parce qu’on ne lui en fait pas accroire.
Moi, un oenologue qui saurait écrire, un sommelier qui sait faire preuve d’esprit critique, un « maître ès lettres » qui garderait son objectivité, un prof de science au palais exercé, un petit chimiste doué de curiosité ..... cela me va aussi bien qu’un incompétent notoire, même si celui-ci possède par ailleurs ou par hasard une carte de presse en bonne et due forme.

Écrit par : Luc Charlier | 21 février 2013

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Monsieur Charlier !

Je ne vous connais que par vos écrits : pourquoi donc ne vous aimerais-je point ? Ils n'ont strictement rien de répréhensible, sinon un ton qu'on peut légitimement jalouser tant il est en phase avec vos pensées, ce qui est loin d'être le cas chez beaucoup d'autres écrivaillons comme bibi !

Que la vie vous soit douce !

Écrit par : mauss | 21 février 2013

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Monsieur Mauss,

J’ai le choix entre laisser votre question comme une interrogation oratoire, ou y répondre extensivement. Le premier bras de l’alternative serait plus réfléchi et plus sage. Vous avez compris que j’ai choisi le deuxième! Mais on va me taxer de naïf et de prétentieux à la fois, ou de fourbe et d’arrogant, si c’est public. Je garde le txt – qui est rédigé – dans mon clavier et vous le ferai parvenir personnellement .... si vous me donnez une adresse e-mail, « hors antenne ». Celle sur le blog du GJE n’accepte que 250 caractères. La mienne est charlier.luc@wanadoo.fr.
Pour les lecteurs que ceci passionne (ma mère et mon meilleur ami, et encore, les jours où il n’y a rien à la télé), je n’ai pas écrit que je regrettais de ne pas être aimé de vous, j’ai sous-entendu que le petit monde que je représente ne doit pas forcément être votre « cup of tea ». Et c’est votre droit le plus strict. On n’a pas attendu les 15.000 bt que j’élabore par an pour boire du vin, et du bon.

Écrit par : Luc Charlier | 21 février 2013

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Écrit par : Jean-Michel | 21 février 2013

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C'est fait !

Écrit par : mauss | 21 février 2013

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Vu et réagu, merçu

Écrit par : Luc Charlier | 22 février 2013

C' est l' histoire d' un gars qui reçoit un coup de fil d' un journal "spécialisé" qui lui dit en substance: ton vin à été super bien dégusté par nos 2 tops sommeliers, t'es même coup de coeur, et on voudrait savoir si tu veux faire une pub parce-que, vu ta note mon gars ça s'rait dommage de te priver! combien qui dit le gars? 6000€ c' est donné coco!!!
Ben oui mais j'les ais pas tes 6000 balles, je s'rait quand même dans l'journal !!! T' inquiète on est des gars sérieux nous.

Effectivement le gars y est, avec une note lamentable, y'a plus de coup de cœur évidemment et un commentaire fiéleu, on peut s' inquiéter pour ceux qui, au départ on eu une mauvaise note, quoique avec un bon chèque de 6000€ les choses ont du s' arranger!
Mais de quel journal parlons nous à votre avis?

Écrit par : rapin | 13 mars 2013

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Sais pas moi... Sommeliers International ? Une très grosse pompe à fric qui suce plus d'un vigneron !

Écrit par : michel Smith | 13 mars 2013

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la réponse est dans le titre du post

Écrit par : rapin | 14 mars 2013

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Fort instructif !!! En cours de lecture ça m'a fait penser aux revues de golf financées par la pub! Il n'y a que marques de prestige, que ce soit des 4-roues, tocantes tape-à-l'oeil, hôtels et Châteaux classés. Ces revues sont donc €€&*?/$$iques, mais on le savait.
Tu m'achètes une page de pub et je t'écris un super commentaire. Maintenant que je suis à la retraite, j'observe plus et ai l'impression de vivre de plus en plus dans un monde où beaucoup essaient de piquer leur argent aux autres par des voies commerciales, ce qui n'a rien de nouveau et existe depuis que les relations d'échange existent.
Que leurs excès les éliminent!

Écrit par : Paul | 18 avril 2013

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Andreas Larsson est-il trop saoul pour ne pas réaliser qu'il est le fonds de commerce d'Anthony Chicheportiche? Est-il normal de laisser les vignerons se faire anarquer?

Écrit par : Monte | 26 avril 2013

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