08 février 2013

Au Barnum de Suckling, 11 éléphants en piste

Trapéziste volant du Cirque des Primeurs, James Suckling aime les Bordeaux 2010 - enfin, les vins "bankable", s'entend.

Et il le prouve avec son dernier "report", où il donne 100 points (sur 100) à 11 châteaux de sa ménagerie: Cheval Blanc; Latour; Margaux; Vieux Château Certan; Lafleur; Le Pin; Mission Haut-Brion; Mouton Rothschild; Pétrus; Ducru-Beaucaillou et Pontet Canet. Ils sont le clou du spectacle, les éléphants de son Barnum.

Il épingle aussi trois 99/100 (Angélus, Léoville-Las-Cases et Lafite). Les tigres du Bengale, qui font peur aux enfants.

Et cinq 98/100: Figeac, Palmer, Ausone, l’Eglise Clinet et Rauzan-Ségla. Les oies savantes, qui amusent la galerie.

384px-Barnum_&_Bailey_clowns_and_geese2.jpg

C'est bien, les hiérarchies sont à peu près respectées, voila qui fera plaisir aux organisateurs de classements.

Manque juste Pavie, peut-être. Faute vénielle.

J'aimerais quand même savoir ce qui sépare, dans l'esprit de M. Suckling, un 99 d'un 100. Comment fait-on pour tutoyer ainsi la perfection et échouer si près du but? Est-ce une question de terroir? Une question de tonnellerie? Une question d'image? Une question de style?

Personnellement, ça ne me fait ni chaud ni froid: aucun de ces vins ne vaut son prix. Je ne vais plus au cirque.

Qui cela peut-il intéresser à part des gens qui vendent du vin, comme Capital Vintners?

Mr James ferait mieux de quitter les étoiles et le strass, de redescendre sur terre. Et surtout d'ouvrir le cercle de ses connaissances, de sortir des sentiers battus, de défricher plutôt que de rabâcher. Il y perdrait peut-être un peu en audience  mais il y gagnerait un gros supplément d'âme.

Il y a une vie au-delà des GCC, des Supertoscans et de Napas cousus au fil d'or. On peut aussi s'intéresser aux crus de Savoie, aux Castelli des Pouilles, aux jolis blancs de Galice ou même, aux petits châteaux de l'Entre deux Mers.

Je me tape de savoir de que cet showman, cet histrion de la critique pense de vins impayables et déjà prévendus depuis longtemps. S'il y a des gogos pour l'écouter, tant pis pour eux. Et puis, à quoi bon goûter des bouteilles qui ne seront peut-être jamais ouvertes par les investisseurs qui les acquièrent? Entre le vin pour boire et le vin pour faire du commerce, j'ai choisi mon camp.

Que James garde son enthousiasme de pacotille et son petit air "cool" pour les vidéos de la SAQ.

James qui, déjà?

16:34 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

Commentaires

Vous y allez en peu fort dans votre attaque personnel contre l'homme...
Néanmoins, je partage tout à fait le fond de votre propos. Quel intérêt de parler tout le temps de ces mêmes vins "star" que personne ne boit ? Alors qu'il y a tant de "petits" vins fantastiques à découvrir... Mais ça, cela demande assurément plus de travail...

Écrit par : Pascal Hénot | 08 février 2013

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Je parle du professionnel, pas de l'homme, bien sûr, que je ne connais pas, et qui mérite donc le respect.
Mais j'ai visionné ses videos, et j'ai suivi sa "carrière" italienne puis québécoise... Pour cette dernière, voir ici:

http://www.lapresse.ca/vins/actualites/201204/17/01-4516294-la-saq-a-verse-24-000-a-james-suckling.php

et ici: http://www.lapresse.ca/vins/actualites/201204/21/01-4517633-james-suckling-dit-ne-pas-avoir-ete-paye-pour-deguster.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4516294_article_POS1

Écrit par : Hervé Lalau | 08 février 2013

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Oui... bon... Tout travail mérite salaire. Non ?
A moins que vous ne suspectiez... disons... de la "connivence"....

Écrit par : Pascal Hénot | 08 février 2013

Moi, il ne me déplairait pas de les goûter ces vins ; icônes ou pas

Écrit par : candide | 08 février 2013

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Pas les 2010, bien sûr, mais TOUS ces vins, je les ai goûtés à plusieurs reprises, jadis dans une autre vie. OK, à l’époque, Pontet-Canet ne valait pas grand chose, Rauzan non plus et Le Pin n’était pas encore Le Pin. Mais, crois moi, Candide, il « vaut l’ taire » : pas de quoi faire le déplacement à pied !
Tiens, ce soir, ce fut un Bandol 1987 (assez bon millésime là-bas, contrairement à d’autres régions de France), Domaine de Cagueloup, la cuvée qui contient beaucoup de mourvèdre.
Que les tannins étaient souples, soyeux .... Mais je m’égare, je parle vin et plaisir, pas édition et finance.

Écrit par : Luc Charlier | 08 février 2013

# M. Hénot. Comme vous dites élégamment les choses.

Écrit par : Hervé Lalau | 08 février 2013

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