01 février 2013

5% d'achats hors domaine: quel intérêt?

Suite de mon billet de ce matin.

Je m'interroge sur la raison d'être, sur l'intérêt, sur la justification de cette tolérance de 5%.

Pour moi, le récoltant, le producteur indépendant, c'est justement celui qui ne vinifie que ses propres raisins; dans l'esprit, ça devrait toujours l'être, non?

D'autant qu'il peut mettre un nom de château sur son étiquette, par exemple. Rappelez-vous: les Français contestent aux Américains l'usage du mot Château, sous prétexte que la législation US n'encadre pas assez le terme (en clair, elle permet de vendre sous le nom de château des vins issus d'autres parcelles, voir d'autres exploitations). Mais les Français font-ils autre chose, s'ils incluent 5% de vins extérieurs au château dans leur cuvée?

Ce n'est pas tant le pourcentage qui importe, que le principe.

Imaginons un château qui achèterait 5% de sa production totale de raisins à d'autres producteurs, et qui les engloberait tous dans son grand vin, une cuvée représentant 10% de sa production. On aurait donc un Grand Vin issu à 50% d'autres propriétés! Et jurez moi que ça ne peut pas arriver, jamais!

Exclusez-moi d'être simpliste, mais pour moi, si un producteur veut acheter des raisins ailleurs, il n'a qu'à ouvrir une affaire de négoce.  Le négoce, ça peut être très bien aussi, et même à petite échelle. Regardez les Bret, à Vinzelles... d'un côté le domaine, la Soufrandière, de l'autre, les Bret Brothers, en négoce. Pas de problème, pas de confusion...

En définitive, je trouve que le législateur serait bien inspiré de supprimer cette tolérance qui ne fait que semer le trouble.

14:18 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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