21 janvier 2013

Cité de la gastronomie: le gouvernement décide de ne pas décider

Cinq villes postulaient pour le titre (envié?) de capitale de la gastronomie française, et surtout, pour la mise en route d'un projet de cité de la gastronomie: Lyon, Dijon, Beaune, Tours et.. Chevilly-Larue (tout près du MIN de Rungis).

Le gouvernement devait trancher ces jours-ci, il reporte sa décision au mois d'avril; et se dirige plutôt vers la mise en place d'un "réseau" de plusieurs villes. Histoire de ne faire de peine à personne?

Mais après tout, à quoi bon? Avons-nous vraiment besoin d'une cité de la gastronomie? N'avons-nous pas plutôt besoin d'une bonne gastronomie, de bons restaurants, accueillants, pratiquant le juste prix des mets et des vins, une cuisine inventive et inspirée par le terroir?

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La gastronomie, une passion française

Ce qu'il nous faut, c'est une cuisine digne de l'image que les étrangers (et les quelques Français qui s'y intéressent) se font encore de la table à la Française, mais qui s'estompe chaque année un peu plus quand ils doivent supporter nos buffets de gare indigents, nos restoroutes repoussants, la bouffe standardisée qui s'impose jusque dans les cantons les plus reculés, la mauvaise formation du personnel d'accueil, sans oublier la morgue des restaurateurs et cafetiers parisiens.

J'ai l'air de noircir le tableau, de cracher dans la soupe aux choux; et pourtant, non, je ne fais que constater la détérioration de ce secteur, détérioration qui va de pair avec la perte du goût de bien manger par les Français eux-mêmes.

Pourquoi des restaurateurs feraient-ils des efforts quand les nouvelles générations ne demandent souvent qu'à manger vite et médiocre, quand ils préfèrent invesitir dans le dernier téléphone mobile ou la dernière tablette plutôt que de payer le juste prix pour un bon repas gastronomique? Pourquoi feraienils encore leurs fonds de sauce ou leurs galces quand Nestlé ou Miko leur proposent à moindre frais de personnel?

Je ne sais pas s'il faiut rire ou pleurer de la consécration obtenue voici deux ans par le Repas Gastronomique Français, élevé au rang de patrimoine de l'Humanité. Il était bien temps de le préserver, car il a virtuellement disparu, faute de transmission.

Ne vous méprenez pas: je sais bien qu'il reste des artisans de valeur, des cuisiniers de talent; mais combien de chances a-t-on de tomber chez eux plutôt que chez des gougnafiers? Ce ne sont pas ceux là qui font de la pub à la télé.

Veuillez excuser ce coup de gueule totalement inutile (car ce n'est pas moi qui vais changer les choses). Qui aime bien châtie bien; j'ai eu la chance de grandir à une époque où sortir au restaurant était un plaisir qu'on partageait en famille, aussi bien à Paris que dans les petites villes de province - et je parle pas de restaurants de prestige.

J'aurais voulu pouvoir le partager, ce plaisir, avec mes enfants, mais de récentes déconvenues ne m'incitent guère à renouveler trop souvent l'expérience, et mes moyens ne me permettent pas de fréquenter les étoilés....

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Gastronomie | Tags : gastronomie, cité de la gastronomie, lyon, dijon | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

A quoi ça sert que Lalau se décarcasse ?


Tu as raison, Hervé. Pourtant, s’ils ont acheté la dernière tablette, au moins pourront-ils poser leur plateau-repas dessus. Et qui sait, peut-être le menu comprendra-t-il une souris ... d’agneau ? En plus, le chef pourra zapper les sauces toutes faites, ne pas créer un écran de fumée, bien saisir la viande, importer des denrées de qualité et même servir du ..... Bug-jolais bien friand.

Écrit par : Luc Charlier | 21 janvier 2013

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