21 novembre 2012

Aujourd'hui, je suis impertinent (et merci à Andrew Jefford)

"95% of wine drinkers take it for granted that wine is inseparable from hilarity, I suspect that almost all of us (wine writers & communicators) take it too seriously, too earnestly, too reverently".

Cette citation est de mon confrère britannique Andrew Jefford. Britannique, certes, mais qui se soigne, puisqu'il vit dans un petit village du Languedoc.

Pour en revenir à sa citation, je pense qu'il a tout à fait raison. Un peu d'humour, de légèreté, d'impertinence ferait beaucoup de bien à la critique vineuse.

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Et en plus, Issan bon, ce vin!

Commençons dès à présent. Avec un conseil d'ami:

"N'achetez jamais un vin au dessus de 80 euros. Quel qu'il soit, il ne mérite pas ce prix. N'oubliez pas qu'il ne coûte jamais plus de 30 euros à produire et à transporter; rajoutez la marge des intérmédiaires, vous ne devriez pas dépasser 50 -60 euros. Le reste est le prix de votre bêtise, ami consommateur".

Et ne me parlez pas d'offre et de demande, de rareté: si le vin est à ce point rare, laissez-le aux spéculateurs et buvez autre chose. Car il n'y a pas de vin assez sacré pour ne pas devoir être bu. Non, correction, tout vin digne de ce nom doit être bu. Ceux qui ne le sont pas, soit parce qu'il sont trop chers, soit parce qu'il et plus rentable de les garder pour les revendre, ne méritent pas le nom de vin.

Leur prix va à l'encontre d'une dimension essentielle du vin: celle du partage. La différence entre un grand gru surcoté et une grande toile ou une grande sculpture (autres biens également prisés des collectionneurs, à des niveaux également indécents), c'est que dans le cas du vin, on ne  peut trouver de reproductions qui permettent au commun des mortels d'apprécier l'oeuvre.

En conclusion, je me refuse à faire la promotion de grands crus impayables et que je n'ai jamais l'occasion de déguster. Rien ne me dit qu'Yquem, Latour, Angelus, Haut Brion, la DRC, soient tellement bons - je demande à voir et à boire. Et tout me dit que le supplément de prix qu'ils exigent par rapport à d'autres domaines de leur zone de production n'est pas justifié. Une bouteille de Château Margaux ne vaut pas 15 fois une bouteille de Château d'Issan. Poutant, à 900 euros contre 60, c'est à peu près le différentiel de prix que l'on constate ces temps-ci sur les sites de vente en ligne. Mon conseil: si vous aimez vraiment le vin qui se boit, achetez donc plutôt une caisse de Château d'Issan.

J'irai même plus loin: à l'heure où le gouvernement cherche désespérément de l'argent, je trouverais normal qu'on applique une taxe de 100% sur le prix de vente des vins au-delà de 80 euros la bouteille.

Bon, Andrew, ça va comme ça, c'est assez irrévérencieux?

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne, Pour rire | Tags : vin, jefford, citation | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

C'est très sérieux ! Très pertinent ! Ça nous fait réfléchir. Bravo irrévérencieux Hervé !

Écrit par : Marc André Gagnon | 21 novembre 2012

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Selon la Chambre d’Agriculture de la Gironde, le coût de production d'une bouteille de vin à Bordeaux est de 2,88 euros.
(http://www.lejournalduvin.com/2012/11/le-vrai-prix-d%E2%80%99un-tonneau-de-bordeaux-rouge/)

Que pensez du verre à 140 $.
http://www.jamessuckling.com/lalique-wine-glass.html

Écrit par : Marc André Gagnon | 21 novembre 2012

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Bonsoir Hervé,

entièrement d'accord avec vous. J'ai rarement l'occasion de boire des vins à plus de 80 euros/bouteille... et je ne m'en porte pas plus mal !. Président (heureux) d'un club de dégustation , je pense pouvoir affirmer qu'il est très rare de trouver un très bon vin à moins de 10 euros/bouteille mais, a contrario, qu'au delà de 30 euros/bouteille la qualité ne suit plus toujours le prix du vin.
Dégustez les meilleures cuvées des bons producteurs du Beaujolais ( qu'on trouve pour environ 15-20 euros), les vins d'Olivier Jullien dans le Languedoc (à 22 euros) ou ceux de Thierry Germain ou Philippe Alliet dans la Loire ( à 25 euros au maximum)... et vous atteindrez le paradis, sans vous ruiner.
C'est beaucoup plus difficile en Bourgogne ou dans le Bordelais mais on y trouve aussi quelques producteurs qui ne pensent pas qu'à faire du fric.

Écrit par : Philippe du Bois d'Enghien | 21 novembre 2012

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