12 novembre 2012

Jamie Goode: "90% des vins sont de la merde"

Le journaliste britannique Jamie Goode n'y va pas avec le dos de la cuillère: pour lui, 90% des vins sont de la merde.

Toutes origines confondues.

Non qu'ils aient forcément des défauts, mais ils n'ont pour lui ni typicité, ni intérêt.

Voila une déclaration qui fait furieusement penser à l'affaire Lyon Mag, de funeste mémoire - mais là, on ne parlait que du Beaujolais. Les producteurs de Beaujolais avaient d'ailleurs intenté un procès contre le magazine en question, qu'ils avaient gagné en première instance, avant qu'on ne s'aperçoive que la liberté de critique en prenait un sacré coup.

Dans le cas de Jamie Goode, on n'ose imaginer ce qui se passerait si 90% des vignerons lui faisaient un procès! Mais comme il n'a nommé personne, chacun peut toujours faire semblant de croire que la merde, c'est les autres... (merci Jean-Paul Sartre, et bonjour à Staline).

Si on se limite à la France, dont on ne voit pas trop pourquoi elle échapperait totalement à la règle, à cette nouvelle "Loi de Goode", je ferai remarquer simplement que la production d'AOC représente aujourd'hui 55% du volume produit. Et donc, en admettant que tous les autres vins français soient de la merde, au sens goodien du terme, cela signifierait qu'au moins 3/4 des vins d'AOC le sont également. Qu'ils n'ont donc aucune typicité ni aucun intérêt. A se demander comment il ont eu la mention - certes, l'AOC ne garantit pas la qualité, mais la typicité, si - pour autant que cela veuille dire quelque chose.

Jamie, tu as peut-être raison, mais tu pourrais détailler?

Je n'aimerais pas qu'on dise demain que 90% des critiques de vin écrivent de la merde... Ou que 90% de leurs jugements sont faits à l'emporte-pièce. Surtout que derrière la merde, en grattant un peu, on trouve parfois un producteur, un oenologue, des êtres humains...

Amis viticulteurs, vignerons, importateurs, chers confrères, j'attends vos réactions. Non par rapport au chiffre lui-même, qu'on peut discuter (90cm de merde, 80cm, ou 70cm, peu importe, on en a de toute façon plein les bottes); mais par rapport au concept de vin de merde. Ne va-t-il pas de pair avec un autre concept, celui de consommateur de merde?

Après tout, pour que ces vins se vendent, il faut bien qu'on les achète.

Ce qui pose un problème d'un autre ordre.

Ou bien la critique vineuse est totalement à côté de la plaque avec des recommandations dont 90% des consommateurs n'ont rien à faire, tout simplement parce qu'ils ne dégustent pas de la même façon - ou pour être plus précis, les critiques analysent quand les consommateurs boivent. Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser aux critiques de cinéma, qui passent leur temps à descendre les films que j'aime et à me conseiller des toiles qui me font gerber - genre road movie dans le pays minier, avec comme point focal le nombril d'un chômeur psychopathe et unijambiste à la recherche de sa sexualité.

Ou bien les consommateurs sont totalement schizo, ils passent le plus clair de leur vie à boire de la merde et de temps en temps, un éclair d'intelligence les pousse à ouvrir la bonne bouteille recommandée par Jamie et ses pairs.

Ou bien nous sommes l'élite des dégustateurs, la race des seigneurs, parlant à l'élite des buveurs, le peuple élu du vin, des gens non seulement capables de nous comprendre, mais aussi d'ouvrir assez leur porte-monnaie pour acheter nos superbes sélections.

Ou bien encore tout ça n'a aucun sens, aucun initérêt; à chacun sa vérité, Jamie est libre de penser ce qu'il veut, moi aussi, un semblant d'objectivité ne peut venir que de la somme des subjectivités, comme dit l'excellent M. Mauss.

Bon, et si on commentait des vins, pour changer...

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Jamie Goode

09:17 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (29) | | | |

Commentaires

Bonjour Monsieur, Pour la gastronomie, je choisis toujours la première qualité Bio, pour les vins c'est la même chose, j'aime le vin blanc mais malheureusement mon foie ne l'aime pas trop, ni mes muscles à cause de crampes, et bien je voudrais signaler si je peux aider quelqu'un que les vins bio blancs ou autres, sans sulfites, je les supporte hyper bien.
C'était un petit conseil pour les personnes dans mon cas.
Sympathie

Écrit par : Christiane | 12 novembre 2012

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Reçu de Jacques Berthomeau:
Quand on fait un pourcentage, si on veut être crédible, il faut se baser sur un échantillon représentatif et comme il y a de forte chance que ce haut personnage n'a pas du beaucoup déguster de ce qu'il qualifie de merde c'est du grand n'importe quoi qui décrédibilise plus encore la critique. Et puis qui connais Jamie Goode en dehors du milieu. Pas grand monde. Il veut faire le buzz : insignifiant ! Tu peux publier Hervé comme je ne suis pas plus connu que le rosbif ça ne prête pas à conséquence (lire la chronique de cet apm)

à plus
amitiés
JB

Écrit par : Hervé Lalau | 12 novembre 2012

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Ce n'est pas une réponse de Normand, même pas de Jésuite, juste une réponse en deux parties.
1°) Là, où je rejoins Jamie Goode, c'est qu'on continue à goûter trop de vins banals, sans grand relief.
2°) Là où je diverge, c'est sur le pourcentage. Non pas par politesse, mais parce que comme toi, Hervé, je me méfie de notre complexe de supériorité de membres (autoproclamés) de "l'élite des dégustateurs, de la race des seigneurs, parlant à l'élite des buveurs, le peuple élu du vin". Également, pour lire parfois Jamie Goode, parce qu'il m'arrive de constater que là où il s'en va souvent goûter les vins, chez les gros faiseurs, les gros importateurs anglais, il est assez normal qu'il ressente une déception si grande. Lui qui a écrit "Authentic Wines" devrait sans doute être moins poli, s'éloigner un peu de la grosse cavalerie londonnienne, moins faire où on lui dit et se rapprocher de vignerons plus authentiques. Peut-être cela le guérirait-il de la dépresion qui semble le guetter…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

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Eh bien le mec n'a pas tout à fait tort. C'est le mot "merde" qui me gêne mais qui, apparemment, est bien pratique pour faire le buzz. Je dirai perso après l'expérience d'une vie bien remplie dans le vin que 80 % des vins produits quelque soit leur rang ou leur appellation sont inintéressants au possible, tristes, repliés sur eux mêmes, sans âmes, sans vitalité. Bien sûr j'applique cette réflexion aux "critiques" vins dont je fais partie (et je me sens si nul, parfois, quand il s'agit d'expliquer pourquoi je n'aime pas tel ou tel vin) tout en rassurant tout le monde pour dire que ce qui rend mon métier formidable, c'est de dénicher les 20 % restants de vins excitants à conseiller à mes rares et chers Lecteurs (notez le L majuscule) qui eux ne se trompent jamais (ironie, bien sûr) tant ils sont géniaux ! Après, le reste est affaire de goût. Moi, je préfère les brunes...

Écrit par : michel Smith | 12 novembre 2012

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N'est déplaise à Jacques, Jamie Goode est très connu outre manche avec son site/blog Wine Anorak. Il est compétent dans certain domaines aussi, étant un scientifique assez diplomé, je crois.
Tout cela rend sa remarque aussi absurde qu'irresponsable. On sait ce qu'il faut penser des statistiques, comme des commentaires à l'emporte pièce. Pas grande chose de bien.
Excellent article Hervé. Tu dois aimer les mêmes films que moi!

Écrit par : David Cobbold | 12 novembre 2012

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J'ajoute, c'est une forme de message personnel (j'adore Françoise Hardy…), que s'il était plus pugnace, plus couillu quand il s'agit de dénoncer les méfaits d'un certain Mondovino puant (souviens-toi du vase de Pancho…), cela contribuerait peut-être à assainir l'ambiance et à aider les vignerons à voire plus clair.

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

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voir sans "e", pardon.

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

http://www.youtube.com/watch?v=5PK5c6ntpm8
cadeau…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

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Oui, Vincent je crois me souvenir qu'il avait écrit un papier assez critique sur Sancho Campsa, puis l'avait retiré en disant qu'il avait changé d'avis, ou quelque chose du genre?

Écrit par : Hervé Lalau | 12 novembre 2012

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Oui, il avait fait preuve, comme on dit au rugby, d'un "manque de rognons" caractérisé, il s'était fait masterofwinisé…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

Je pense que dans une belle et réputée région comme la Bourgogne, nos vins devraient toujours être des produits d'exception, est-ce toujours le cas? non!
Mais ce jugement me semble manichéen et il jette le bébé avec l'eau du bain.
Il en faut pour tous les goûts! pour tous les palais, pour toutes les bourses.
Beaucoup de dégustateurs professionnels me semblent blasés et s'acharnent à la recherche du moindre minuscule défaut au détriment de l'impression globale. Je pense que 90% est un chiffre excessif!
Cependant il est important de progresser en permanence.
Quoiqu'il en soit, je pense que les vins non qualitatifs, approximatifs n'ont pas d'avenir, et ce n'est pas un mal.
Enfin pour conclure, je vois la qualité progresser sans cesse autour de moi et cela me réjouit!

Écrit par : Muriel DELEGER | 12 novembre 2012

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Merci Madame Deléger, vous parlez d'or. Je crois que le meilleur vin est encore à faire, alors il faut rester positifs.

Écrit par : Hervé Lalau | 12 novembre 2012

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Salut Hervé,
en tant que producteur, je ne peux que me sentir concerné et je me place directement dans le lot des 90 %, je ne suis pas assez prétentieux pour m'imaginer appartenant à l'élite...Que dire d'un avis à l'emporte pièce, que la critique est facile mais que l'action est souvent plus compliquée, que l'avis d'un seul palais sur un sujet aussi subjectif n'a que peut de portée...Plus pragmatique, j'ai du mal à croire que tous les consommateurs, critiques reconnus ou simples wine blogueurs seraient à 90 % incompétents et dans l'erreur récurrente, que les producteurs seraient à 90 % des anes batés incapables de se remettre en question et dont les compétences ne dépasseraient pas celles d'un bulot (ou n'importe quel autres bestioles au QI proche de 0) Personnellement, je n'aime pas Picasso, dois je considérer qu'il est un artiste raté alors que la planète entière l'adule ou suis je simplement incapable de comprendre son art...J'ai du mal à imaginer que la grande majorité des amateurs de vin soit de complets abrutis, par contre, je suis à peu pres persuadé que Jaimie Goode à un ego sur-sur sur dimensionné et que la provocation gratuite ne sera jamais le mode de communication que j'aime... Je vais continuer à suivre les tribulations de Vincent Pousson, hervé Lalau, et bien d'autres, quitte à rester dans les 90 % des balourds du vin. Messieurs, je retourne m'acharner à produire des vins de merde.
PS Hervé, à quand une visite à Santenay, on ne s'est pas vu depuis longtemps et n'oublie pas que tu as pris un engagement vis à vis de l'appellation :-), a bientôt

Écrit par : Antoine Olivier | 12 novembre 2012

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J'adhère Antoine, à bientôt!

Écrit par : Muriel DELEGER | 12 novembre 2012

Continuez, Antoine! À produire des "vins de merde", des vins gourmands en tout cas! Et à nous lire quand vous avez le temps, parce que je sais que produire des "vins de merde", ça demande du temps, plus de temps que pour écrire des billets de merde…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

"..certes, l'AOC ne garantit pas la qualité, mais la typicité, si "... ??? l'AOC ce sont ds normes de production: densité, cépages, modes de culture, ... les vins passent ensuite un agrément ou l'on valide une "qualité et typicité dela a dire qu' un vin AOC garanti une typicité... Un Brunello avec 30% de Cab Sauv es ce typique? quel est le St Emilion le plus typique celui des sables ou celui des coteaux? etc... Cordialement.

Écrit par : Pagès | 12 novembre 2012

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J'ai aussi beaucoup de mal à comprendre le mot typicité dans un contexte normal, hors marketing.

Écrit par : Hervé Lalau | 12 novembre 2012

Le meilleur vin reste toujours à faire.
Nos goûts changent, évoluent... La concurrence fait monter le niveau!
Moi je vois toute une génération qui se remet en question, qui voyage et apprends ailleurs pour avoir de l'expérience et du recul.

Bien sur que nous sommes toujours effarés de certains vins qui ne devraient pas en avoir le nom!!! Mais quand je pense à ce que nous goûtions il y a seulement 10 ans, un pas de géant a été fait...

Écrit par : Muriel DELEGER | 12 novembre 2012

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Antoine, merci d'avoir pris le temps de donner ton sentiment. Sans fausse modestie, il est beaucoup plus important que toi tu fasses les vins que tu aimes, plutôt que nous critiques trouvions les mots pour les décrire ou les neurones pour les comprendre.
A propos de Santenay, banco, la Bourgogne me manque, propose-moi une date et je descends si je peux.

PS. J'ai toujours ton 2000 (année de mon fils Olivier) dans ma cave et il me trade de l'ouvrir.

Écrit par : Hervé Lalau | 12 novembre 2012

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comme Michel, je n'aime pas trop les jargons à la mode et trop facile, donc le buzz-mot de la formule - et je me garderait bien, de juger "les Vins", vue la toute petite proportion, qu'il m'était jusque-là donné de gouter dans ma vie d'amateur (qui est bien plus courte, que ma vie tout court;-). Mais si je pars de cette expérience bien limitée et personnelle, je dois avouer, que moi aussi, je trouve, que 90% des vins, qu'on me sert à table dans mon entourage, dans les invitations et la plupart des restaurants (et n'en parlons des "fêtes entres copains"...) sont pour mon palais et mes attentes à un vin, qui me plait (donc qui attire mon attention, avant de l'engloutir;-) sans intérêt, donc ils m'enuyent, j'ai l'impression de perdre mon temps... je passe à l'eau (un autre chapitre, quand on est habitué à sa bonne eau de source...) et je suis sans efforts celle, qui peut encore conduire à la fin du repas :-). Donc finalement, ces vins, pour moi, sont un sacré atout pour ma santé et la sécurité routière :-).

Écrit par : Iris | 12 novembre 2012

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C'est bien comme ça que j'envisage mon métier, si j'arrivais à plaire à tout le monde, on m'appellerais Crésus !!
Pour une balade à Santenay, on pourrait envisager plutôt en début d'année prochaine, la fin d'année est rude pour nous tous, vendre des vins "de merde" demande un gros investissement...
J'insiste un peu non ??

Écrit par : Antoine Olivier | 12 novembre 2012

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Antoine, comme Grumeur, je ne peux pas laisser dire de Santenay, porte Sud des grands vins de Côte d'or - le côté par lequel on devrait toujours arriver ;-))) - que c'est un vin de merde! En plus, les prix sont très compétitifs. Et vos blancs sont toujours à découvrir, pour pas mal de consommateurs, alors qu'ils sont si purs...

Écrit par : Hervé Lalau | 12 novembre 2012

Mais si 90% des vins que ce cher sujet de sa majesté déguste sont de la daube en bouteille, il faudrait me dire comment il fait pour publier autant de bonnes critiques. J´ai plusieurs hypothèses mais ne sait à laquelle m´arrêter:
Soit il ne goûte pas vraiment ces vins et donc nous avons à faire à un Jamiegate.
Soit il passe 21h36 (90%de 24h) de sa journée à goûter et dans ce cas s´est super Jamie.
Soit on peut considérer qu´il à un "crap taste" comme 90% de ses concitoyens nourris au fish and chips.
Soit que ces 90% sont arrivés à point nommé pour faire remonter les stats de son blog.
Soit que Mr James n´a pas recraché les vins de sa dégust avant d´écrire son billet à l´humeur badine et dans ce cas cela ne devait pas être si merdique que ça!
Soit qu´il est profondément honnête dans sa vision du marché du vin actuel et que ceci altère son raisonnement statistique pourtant en général si aiguisé chez la perfide Albion.

Soit un peu de tout cela mais de toute façon ce n´est pas si important car dans une semaine notre société de l´intox aura déjà fait table rase de tout ça...

Crap or not too crap? that is the question!

Écrit par : cedric | 12 novembre 2012

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Bon sang mais c'est bien sûr ! Je dirai même plus : CQFD !

J'ai toujours trouvé bizarre que Jamie ait une haleine fétide sinon même fécale.
L'explication tiendrait donc à ce qu'il boit où plutôt à ce qu'il déguste.

Qu'il en tire les conséquences qui s'imposent. Rester dans le système finirait de le décrédibiliser.

Écrit par : laurentp | 12 novembre 2012

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Le Lalau il a réussi son coup grâce à Johnny B Good , ça s'arrose en écoutant Chuck Berry et Hervé si moi je déclare que 98% des vins anglais sont du pipi de chat tu fais un post ?

http://youtu.be/AEq62iQo0eU

Écrit par : Berthomeau | 12 novembre 2012

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Seulement 98%, Jacques?

Écrit par : Vincent Pousson | 12 novembre 2012

Je m'insurge : Il y a d'excellent blancs en GB ;-)))

Écrit par : michel Smith | 12 novembre 2012

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Et ben, en vlà des salades...moi qui croyais avoir bu tout récemment des vins qui frôlaient la perfection.....!...et qui suis persuadé que l'on a fait tellement de progrès depuis 25 ans....! Je me demande si je suis bien réveillé...y a même des producteurs qui trouvent que les vins des autres, c'est de la merde!Surréaliste!
Conclusion:...je vous aime et vous admire mes amis viticulteurs!

Écrit par : JN Gosselin | 13 novembre 2012

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Petit précis scatologique à usage externe, comme de bien entendu :
En tant qu'autoproducteur de merde, défécateur si vous préférez, j'aime à passer un certain temps dans les cabinets pour y assouvir ma curiosité dans des lectures éclectiques qui sont à 90 %, très certainement selon nos amis d'outre-manche, des inepties méphitiques mais comme chacun sait "le diable est là où on le met", d'une certaine manière j'aime à croire qu'ainsi "je pars en voyage" en consultant les oracles numériques sur cette merveille qu'est la tablette tactile. Et ce matin que de bruit dans les tuyaux autour de ce calomniateur britannique (euphémi(a)sme ?..). J'aurai pu, toutes choses égales par ailleurs (?) m'appliquer le jugement de Sir Winston : " Je ne peux pas m'occuper de deux merdes à la fois", mais j'ai préféré, incontinent, me saisir de mon Bierce, récieux bréviaire du coproproducteur, et relire sa définition de l'indigestion : "Mal que le patient et ses amis mélangent fréquemment avec des convictions d'une foi profonde et le souci de l'humanité. Ainsi, le primitif Homme Rouge de l'ouest déclare non sans, il faut l'avouer, une certaine vigueur : "Panse garnie petite prière ; grosse colique, loué soit Dieu".
La messe est dite, non ?

Écrit par : Christophe Libaud | 14 novembre 2012

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