28 octobre 2012

Introducing... Miss Vicky Wine

C'est pas pour me vanter, mais jeudi dernier, j'ai déjeûné avec Miss Vicky Wine.

Alias Anne-Victoire Monrozier.

C'était à Oisly. On a bu les mêmes vins - mon sauvignon habite dans le Loir et Cher, ces gens-là ne font pas de manières, mais de jolis pinards plein de vivacité. Il y en a même sur lesquels on a eu les mêmes coups de coeur. Je veux dire, qu'on a kiffés. Non, je retire "kiffés", Miss Vicky est jeune - elle pourrait être ma fille - mais elle ne parle pas comme ça.

Multitâches

D'ailleurs, elle ne parle pas tellement, car elle est totalement multitâches. Tu lui causes de la consommation des Belges ou du sauvignon des Kiwis, elle est déjà sur son smartphone, à checker ses mails ou à twitter, va savoir; mais tu sens quand même, rien qu'à la lueur dans son oeil gauche, qu'elle ne perd pas une miette de ce que tu dis.

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Miss Vicky Wine en action

 

D'ailleurs, entre la poire et le fromage, elle a réussi à m'interviewer sur son iphone 4, histoire de ne pas perdre la main.

Car qu'est-ce qu'un vieux journaleux comme moi pourraît apprendre à une jeune blogueuse interactive, fille de vignerons, et qui a sa rubrique dans l'édition vituelle de l'Express. Et son blog perso en anglais. Et plus de 3000 amis sur Face de Bouc.Tu parles d'un réseau, d'une agilité multimédias! 

C'est pas pour faire le modeste, mais face à des comètes de ce genre, ma pauvre étoile pâlit... moi, le  côté multitaches, c'est plutôt sur ma veste, ou sur la robe de la voisine que je le cultive. Avec détachement...

Je m'en fiche, notez bien, je n'ai pas l'esprit de compétition, et puis, mine de rien, la Miss m'a fait une excellente impression.

Portrait en creux

Attention, c'est la minute de psychologie; mes enfants vous diront que je suis aussi psychologue qu'une scie à métaux, mais bon, je me lance.

Miss Vicky aime le vin, ça se voit, et pas seulement au badge qui le proclame sur le revers de sa veste.

Elle aime les vignerons, elle aime le partage - les Vino Camps, les Wine Soirées, c'est elle. Elle a un petit côté "show", bien sûr, mais elle est jolie comme un coeur, alors pourquoi pas? 

D'un autre côté, je ressens comme une fragilité derrière ce personnage hyperactif (je vous avais prévenu, quand je fais de la psychologie, c'est du lourd). Mais ça ne me la rend que plus sympathique; sans doute mon côté paternel.

Etre ainsi en représentation, à côté d'experts proclamés ou auto-proclamés, de grandes gueules et de gros égos, ce n'est pas toujours évident. Même moi qui vous parle, avec 25 ans de métier, parfois, je décroche. Faut dire que je supporte de moins en moins ceux de mes "confrères"  qui s'obstinent à expliquer aux vignerons comment faire leurs vins... Et la politesse, bordel! Et puis j'ai une sainte horreur du péremptoire, du grossier, du m'as-tu-vu, de la fausse gouaille de nobliaute, du pousse-toi de là que je m'y mette. 

Je pense que Vicky aussi, mais il faut bien exister, se survendre un peu, dans ce monde de fausses gloires. Surtout qu'aux critiques institutionalisés, une jeune blogueuse pleine d'idées fait l'effet d'une renarde dans le poulailler, d'une jeune souris dans leur fromage.

Pourtant, je ne pense pas qu'elle fasse ça pour le fric. Pas que.

Bon, avec tous ces côtés, je ne sais plus où est le centre. "Et le vin dans tout ça?", comme aurait dit Chancel.

Mam'zelle Anne-Victoire, pardon, Miss Vicky, je n'ai sans doute pas le profil ni l'âge de m'intéresser à tout ce que tu fais, mais j'ai l'impression que tu y mets du coeur, et c'est l'essentiel.

Si tu passes un jour par Waterloo, je t'invite à boire un coup à mes frais. On débranchera les portables, les smartphones, on sera peut-être moins smart, mais on fera sans. Si tu veux, on parlera de l'avenir du vin, de la consommation des jeunes que tu perçois sans doute bien mieux que moi. On refera ton monde, qui n'est déjà plus le mien.

13:21 Écrit par Hervé Lalau dans France, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |

Commentaires

Un honneur d'avoir rencontré le grand Hervé Lallau, une chance d'avoir pu partager ce rare moment avec toi.

Depuis le temps de cette photo, Miss Vicky Wine a bien grandi, un peu moins show, sans doute plus multitâche et toujours aussi touchée par des rencontres comme à Oisly ce jour brumeux d'octobre. Merci pour ces mots, ta scie à métaux n'est pas si tranchante et ta conversation captivante.

Santé au Sauvignon blanc, à l'amitié franco-belge et à très bientôt à Waterloo. J'apporterai le Fleurie !

Écrit par : Anne-Victoire Monrozier - Miss Vicky Wine | 28 octobre 2012

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Joli portrait. Et pas faux.

Écrit par : Per-BKWine | 28 octobre 2012

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C'est bien elle, mais je pense qu'elle aurait mérité que l'on choisisse une photo un peu plus récente ;-)

Écrit par : Marc Roisin | 28 octobre 2012

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ma p'tite Miss Vicky! très joli portrait!

Écrit par : Le Vin Parfait | 28 octobre 2012

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Sa donne envie de la rencontrer!

Écrit par : thomasquintard | 28 octobre 2012

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Rencontrée il y aun an ou deux : elle est comme ça, Anne-Victoire. Rencontré aussi récemment Miss Glouglou. Mais ça, je l'garde pour moi. Provisoirement.

Écrit par : Michel Smith | 28 octobre 2012

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Par ma foi....elle était à Mégavino....???

Écrit par : JN Gosselin | 29 octobre 2012

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Oui, M. Gosselin, mais moi pas, alors j'ai dû attendre le voyage de Oisly et Chenonceaux pour la rencontrer.

Écrit par : Hervé Lalau | 29 octobre 2012

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Je dois avouer que sa gouaille toute décalée est des plus agréables à lire; drôle et pertinente, elle détonne par son impertinence et sa fraîcheur, dans ce monde du vin qui se prend parfois trop au sérieux. Respect Miss Vicky

Écrit par : arsene Bacchus | 29 octobre 2012

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A jeune Fitou, vieux matous.
Et pour la Miss Vicky, vous ne savez plus où vous mettre, mes kikis !
Comme Coluche: "Je me mârrrre !"

Écrit par : Luc Charlier | 29 octobre 2012

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Au fait, je n'ai toujours pas vu ta réponse à David au sujet de l'amour dans les vignes...

Écrit par : Hervé Lalau | 30 octobre 2012

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On ne prête qu’aux riches ....
Et David semble m’accorder plus de crédit que ... le Crédit Agricole.
Peut-être parce que lui sait de quoi il parle, alors que la plupart des « conseillers » de cet organisme bancaire ne connaissent pas les dossiers qu’ils traitent, n’ont pas trente ans, savent à peine lire (compter, ça oui !), changent d’affectation tous les 15 mois et n’en ont généralement rien à cirer, tout affairés qu’ils sont avec leur heure de table (qui dure 2 h 30’), leurs réunions de service, leurs RTT et les trimestres à valider pour leur retraite anticipée.

Écrit par : Luc Charlier | 30 octobre 2012

Excellent portrait, criant de vérité ! Bravo.
M. Lalau, il ne reste plus qu'à venir au Vinocamp pour rencontrer toute la bande !

Écrit par : Arnaud D. | 31 octobre 2012

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Portrait bien mené, félicitation.

Écrit par : phil | 28 janvier 2013

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