18 novembre 2012

Touraine-Oisly, naissance d'une appellation

Voici quelques semaines, j'ai assisté à la présentation du premier millésime de Touraine Oisly. Une nouvelle mention au sein de l'AOC Touraine.

Nous sommes entre Loire et Cher, ces vins là ne font pas de manière; il ne s'agit pas d'une aire d'un seul tenant, avec une frontière, un périmètre. Non, à Oisly, la délimitation est parcellaire. Concrètement, cela signifie que chaque vigneron propose une ou plusieurs parcelles, les réclame pour la mention. Jusqu'à présent, seuls 20 ha ont été acceptés!

En Touraine Oisly, ne sont autorisés qu'une seule couleur, le blanc, et un seul cépage: le sauvignon blanc. Pour les vignerons, ce choix est justifié par l'histoire: le cépage est attesté dans la zone depuis les années 1920. Plus tard, bien plus tard, à partir des années 1980, la cave coopérative de Oisly et Thésée a contribué à le populariser, jusqu'en Europe du Nord.

Le choix se justifie aussi par les sols: sableux en surface (nous sommes dans un ancien désert!) et argileux en dessous, ils conviennent bien au sauvignon, qui n'aime pas trop le stress hydrique. La maturité arrive lentement, les arômes sont préservés.

 

Oisly.JPG

Quelques fiers vignerons de Oisly en situation.

Celui qui retrouve Dominique Barbou gagne toute ma considération

Le cahier des des charges encadre les rendements (60 hectos/hectare, contre 65 en Touraine simple), mais aussi l'élevage: les vins doivent rester sur lies jusqu'au 30 avril suivant la récolte. Un profil organoleptique a été défini (agrumes, fruits exotiques, fraîcheur et volume grâce à l'élevage sur lies). L'adéquation des vins par rapport à ce profil est contrôlée par une dégustation à l'aveugle et sans débat, qui regroupe 5 jurés minimum (tous vignerons de l'appellation). Un système de points de pénalité permet de recaler les produits présentant trop d'écarts par rapport à la norme souhaitée.

A titre de (bon) exemple; voicI un vin qui m'a particulièrement séduit.


Domaine des Corbillières 2011 Cuvée Fabel Barbou

Une cuvée à la mémoire du grand père Fabel, qui aurait introduit le sauvignon en Touraine.
Joli fruit frais au nez - cédrat, pomelo; bouche fraîche, fumée, assez longue, fruits jaunes en finale. C'est mûr, c'est gourmand. Fermons les yeux, on pense à Quincy... bien plus qu'à la Nouvelle-Zélande. Comparaison n'est pas raison, bien sûr.

Plus d'info: contact@domainedescorbillieres.com

Un point plus complet sur le cuvées dégustées paraîtra dans un prochain In Vino Veritas.

05:31 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : lore, vin, aoc, touraine-oisly | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

Commentaires

Un quarteron de remarques générales

1) Il faut avouer que le sauvignon de cette coop était excellent. C’était in illo tempore Robert Goffart qui l’importait. Et cet énorme dégustateur, qui nous a tant appris, se trompait rarement dans ses choix.
2) Les manières, c’est dans LE Loir & Cher qu’elles n’ont pas cours !
3) A force de faire pisser la treille, n’y-a-t-il pas un risque de devoir bientôt parler d’un .... Oisly-le-Sec ?
4) Dégustation d’agrément par les vignerons eux-même = magouille garantie et cooptation. Vive la France des fermiers généraux, l’état-UDF ou les potes à Tonton, l’omerta et tutti quanti. Le gattopardesque Trancredi avait raison : « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi ! »
PS : Il me semble que mon petit titre devrait plaire à un Gaulliste comme toi, Hervé.

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2012

Répondre à ce commentaire

Un quarteron de remarques générales

1) Il faut avouer que le sauvignon de cette coop était excellent. C’était in illo tempore Robert Goffart qui l’importait. Et cet énorme dégustateur, qui nous a tant appris, se trompait rarement dans ses choix.
2) Les manières, c’est dans LE Loir & Cher qu’elles n’ont pas cours !
3) A force de faire pisser la treille, n’y-a-t-il pas un risque de devoir bientôt parler d’un .... Oisly-le-Sec ?
4) Dégustation d’agrément par les vignerons eux-même = magouille garantie et cooptation. Vive la France des fermiers généraux, l’état-UDF ou les potes à Tonton, l’omerta et tutti quanti. Le gattopardesque Trancredi avait raison : « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi ! »
PS : Il me semble que mon petit titre devrait plaire à un Gaulliste comme toi, Hervé.

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2012

Répondre à ce commentaire

Le prochain Touraine à préciser son lieu géographique est ghattor je suppose

Écrit par : Marc Vanhellemont | 18 novembre 2012

Répondre à ce commentaire

Luc, Marc, merci. Joli, le quarteron pas félon. Et joli le stray-gator.

A part ça, pour la Loire et Cher, désolé, c'est la réalité géographique, même Delpech n'y peu rien et vous savez que je ne résiste pas souvent à un bon mot, même approximatif. Non, surtout approximatif.

En ce qui concerne le comité de dégu, j'ai eu pensé comme toi, Luc, et puis à la fin des fins je me dis, non, c'est leur responsabilité de vignerons pas la mienne - après tout, ce n'est qu'une sous-mention, elle ne leur permet pas actuellement de vendre plus cher, ils sont peu nombreux, c'est surtout une question d'émulation. Et quand tu vois le peu de parcelles acceptées (20ha sur 800) je trouve qu'ils ne sont pas trop laxistes. En plus, ils ne peuvent pas se parler, et ils ne dégustent pas les mêmes vins, pour éviter de s'influencer. Je trouve que c'est assez bien pensé.

Malgré tout, j'ai un reproche, leur profil ne tient pas compte de la sucrosité, et ça m'a gêné de déguster des très secs et des plus de 5g.

Écrit par : Hervé Lalau | 18 novembre 2012

Répondre à ce commentaire

Du hast Recht, Hervé

Je sais qu’il est de bon ton de critiquer le vin allemand en France, mais leur système qui indique le degré de sucrosité a du bon. Les Alsaciens y viennent aussi. Le plus incroyable est que les Allemands s’en départissent un petit peu, en créant Grosses Gewachs etc ... Moi, je suis attaché aux Trocken, Halbtrocken etc ....

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2012

Ai pas pigé ... Stray Gators. Même que wiki nous rappelle que ce sont eux qui ont accompagné Neil Young lui-même pour l’enregistrement de .... Harvest (sic) !

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2012

Ca c'était pour Marc - Oisly-gators, stray-gators...
Association d'idées. The grenache and the damage done.
And every Vlaming is like a setting sun (non, là, rien à voir)...

Écrit par : Hervé Lalau | 18 novembre 2012

Répondre à ce commentaire

See you later.
She’s buying her Hervé to heaven ......

Écrit par : Luc Charlier | 18 novembre 2012

Les commentaires sont fermés.