04 octobre 2012

Oremus Tokaji Aszu 5 puttonyos 2000

Grâce au retour de l’initiative privée et aux investissements étrangers, le Tokay retrouve  peu à peu son lustre d’antan, et mérite à nouveau son nom de Vin des Rois.

Des rois, Oremus «(Prions», en latin) en a effectivement réjoui plus d’un, puisque le domaine fut la propriété des Princes de Rakoczi de 1616 à 1711, puis de la Cour Royale d’Autriche. Démantelé par le régime communiste, il  a été patiemment recréé par la famille Alvarez (les propriétaires de la fameuse Vega Sicilia) depuis 1993. Le but: renouer avec la tradition des grands Tokays, mis à mal par la collectivisation.

Celle-ci avait non seulement entraîné le désintérêt de bon nombre de viticulteurs devenus fonctionnaires, l'amalgame de qualités disparates, la disparition des crus, mais aussi un nivellement par le bas de la vinification assurée par les "combinats"; une oxydation très peu ménagée avait souvent raison du fruit - et malgré tout, ceux qui ont bu les vins de ces années-là, comme moi, ont souvent trouvé de vraies pépites! Rien n'est jamais tout noir ni tout blanc.

L'enjeu des décennies 1990 et 2000 a été celui de la formation d'une nouvelle génération de vignerons, qui a souvent appris des grands pères le goût et l'art du Tokay d'antan (dont on trouve encore de très vieilles bouteilles). Les étrangers ont apporté l'argent et les technologies, mais seuls les Hongrois pouvaient recréer le style. Un Tokay n'est pas un Sauternes, ni un Malaga, il faut apprivoiser le procédé. Les Alvarez, comme d'autres, que j'ai eu la chance de visiter (notamment Disznókő et Pajzos-Megyer) ont eu la sagesse de ne pas vouloir tout  imposer, de ne pas faire abstraction de l'héritage local. On pourrait parler de tradition revivifiée...

Un peu de terminologie

Tokay, ou Tokaj, en hongrois, est d’abord une ville de l’Est de la Hongrie, qui a donné son nom à la zone viticole, qui borde la frontière avec la Slovaquie.
Il y a plusieurs types de Tokay. Le plus fameux reste l’Aszu. Dans ce système, Les grains de raisins botrytisés et passerillés (aszu) sont cueillis à la main et déposés dans des hottes d’une contenance de 20kg appelées puttonyos. Les grains non aszu partent en vinification pour l’élaboration du vin de base. Les grains aszu y macèrent avant leur pressurage. Le nombre de puttonyos correspond au nombre de paniers mis en macération.

 

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Oremus Tokaji Aszu 5 Puttonyos 2000

Or cuivré aux reflets de topaze brûlée, comme le nez qui, outre ce côté torréfié, développe d’entrée des senteurs amères d’écorces de pamplemousse confites et de rhubarbe. Vivacité douce qui se mêle de safran et de miel de fleur d’oranger. Vient ensuite l’épice de la bouche, qui intrigue, puis dévoile des notes de safran, d’anis vert et d’iode. Puis, entraîné par la fraîcheur omniprésente, le candi, le bitter et l’onctuosité virevoltent en séquences insensées? Sur chaque papille se déposent tout à tour alors agrumes, café, abricot, cacao, fleurs d’acacia… impossible de tous les citer!

Asssemblage: Furmint, Hárslevelü et Muscat à petits grains. Les grains aszu y macèrent durant 48 heures avant leur pressurage. Le jus fermente en cuve inox, puis le vin rejoint les barriques pour une période de 5 ans auxquels s’ajoute encore deux d’affinage en bouteilles. Il contient environ 140 g de sucre résiduel pour une acidité de 7g.

(Avec Marc Vanhellemont pour le commentaire de vin).

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Hongrie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

Acidité de 7 grammes ?

Dans ce genre de vin, au caractère oxydatif, l’acidité volatile peut atteindre des chiffres exceptionnellement élevés, jusqu’à 5 grammes par litre parfois (certains Madère de solera, ou des vins d’Andalousie). Mais 7 ???? Donc, je suppose qu’il ne s’agit pas de la volatile.
Si tu parles de l’acidité totale, une valeur de 7 est très élevée aussi, si elle est exprimée, comme en France ou dans les pays du sud, en équivalents sulfuriques.
Par contre, les Allemands (ainsi que les Autrichiens si je ne m’abuse) ont l’habitude de titrer les acidités en comparaison avec des équivalents tartriques et non sulfuriques. En Hongrie, je ne sais pas. Le facteur de conversion est de 2/3. Dans ce cas, on serait à 4,6 gr /l, une valeur très habituelle.
Tu confirmes ? Ou pas d’ailleurs, peut-être que tout le monde s’en fout, sauf les obsessionnels compulsifs dans mon genre.

Écrit par : Luc Charlier | 04 octobre 2012

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Non, tu as raison l'ami, soyons précis. Juist is juist. C'est la mesure en tantrique - euh, pardon, en tartrique

Écrit par : Hervé Lalau | 04 octobre 2012

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Bonjour,

Merci pour ces informations. Connaissez-vous le producteur de ce vin? Merci,

Luc

Écrit par : Luc | 05 octobre 2012

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Le lien Oremus (en jaune dans l'article) vous guide vers son site

Le propriétaire est la famille Alvarez (Vega Sicilia)

Écrit par : Hervé Lalau | 05 octobre 2012

Mille mercis!

Luc

Écrit par : Luc | 05 octobre 2012

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