20 septembre 2012

Laguiole, la marque ou le village?

Je vous parle beaucoup d'appellations et souvent à mon corps défendant, car si je dénonce les errements, les déviance  du système, j'y suis plutôt favorable.

J'estime en effet qu'il a contribué à sauvegarder un patrimoine. C'est juste quand la sauvegarde se transforme en sclérose, en pérennisation de droits acquis que je râle.

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Qui aime bien, châtie bien

Il existe bien sûr une autre approche, que je qualifierai d'anglo-saxonne, pour simplifier: c'est celle qui consiste à mettre en avant les marques. La marque, détenue par une entreprise, un entrepreneur, garantit une qualité homogène, au contraire de l'appellation, partagée par une multitude de producteurs.

Coca-Cola m'assure que je bois toujours le même Coke Light parce que son nom est sur la canette. Clos Vougeot, lui, ne me garantit pas grand chose d'autre qu'un lieu où poussent les vignes. Et encore, il y a le bas et le haut, c'est bien connu. Qoui qu'il en soit, les vins qui en sont issus sont aussi différents que peuvent l'être les 70 producteurs qui se le partagent.

Pourtant, la marque n'a pas que des avantages. D'abord, elle ne s'embarrasse pas de patrimoine: c'est le marché qui dicte sa loi.

Et elle aboutit parfois à des aberrations, comme dans le cas de Laguiole. Lisez plutôt ICI.

Sans doute nous faudrait-il trouver un juste milieu.

Réformer les AOC, enferrées dans un système où le vigneron médiocre profite du bon vigneron, le fraudeur de l'honnête. Les AOC sont trop vastes, trop floues, trop incapables de faire respecter les règles vraiment utiles, mais leurs cahiers des charges sont pleins de niaiseries: un minimum de degré d'alcool, à l'heure du réchauffement cluimatique, je vous demande un peu? Est-ce un facteur qualitatif?

Et prendre dans la marque ce qui fait sa force, à savoir, la cohérence qualitative, sans pour autant mettre à mal les solidarités que génèrent les appellations. Vaste programme. Si j'avais le temps, je m'en chargerais. Je me vois bien Ministre des Appellations. Juste pour en supprimer la moitié et réduire la taille des autres. L'AOC devrait être  le fleuron du vin en France, pas la moitié de sa production.

Autre possibilité: changer le sens du sigle, pour l'adapter à la réalité potentielle. Que pensez-vous d'Association d'Onanistes à vocation Commerciale?

Rassurez-vous, je blague.

09:35 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Tags : aoc, marque, france, laguiole | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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