18 septembre 2012

La question qui tue: déclasser tout Saint Emilion!

A mon excellent confrère québécois Marc André Gagnon, Michel Rolland a confié que le nouveau classement de Saint Emilion était "inattaquable". C'est ce qu'on verra...

Mais l'oenologue bordelais lui a aussi avoué que la qualité des vins de Saint-Émilion s'est énormément améliorée ces dernières années. «À une certaine époque, c'est tout Saint-Émilion qui aurait pu être déclassé.»

Une seule question: pourquoi ne l'a-t-on pas fait? N'était-ce pas duper les consommateurs?

Plus généralement: pourquoi tous les titres, les classements, les breloques, les distinctions ne sont-ils jamais retirés à ceux qui ne les méritent plus?

rolland,saint emilion

A l'abri de ses murs et de son classement, avant l'orage... Saint Emilion (Photo H. Lalau).

00:49 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : rolland, saint emilion | Lien permanent | Commentaires (15) | | | |

Commentaires

Parce que, et on l’a bien vu à Saint Emilion, déclasser, c’est impossible. Qui ose maintenant déclasser un domaine dans un classement ?

Écrit par : Per-BKWine | 18 septembre 2012

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A part les journalistes et autres commentateurs, tout le monde s’en fout à présent des classements, une fois un certain niveau de prix. Pour « Jan met de pet », un Macon à 6 € TTC qui a obtenu une médaille d’or, c’est « WAW ! ». Pour celui qui se paie un Meursault à 40 € , ou plus, il y a des chances qu’il sache ce qu’il achète.
A Bordeaux, c’est pareil, un Côte-de-machin approuvé par le beau-fils Wynants ou par Bruneau junior, cela peut avoir une valeur commerciale au bout du linéaire. Que Palmer soit premier, deuxième ou quinzième CC, tout le monde s’en tape !
Enfin, dans les cercles d’amateurs que je fréquente, il en va ainsi.

Écrit par : Luc Charlier | 18 septembre 2012

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Bien dit Léon !

Écrit par : Michel Smith | 18 septembre 2012

Nos cercles d'amateurs recherchent les pépites, peu importe l'appelation, l'étiquette mais ce ne sont pas les cercles d'amateurs qui font le marché. Le conso lambda a besoin d'images, de références qui le rassurent....

Écrit par : JN Gosselin | 18 septembre 2012

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@ LC

Cela ne semble pas du tout correspondre à la réalité. Les propriétaires y mettent une grande importance sans doute pur de bonne raisons commerciales. Les consommateurs semblent prêts à payer plus (souvent estimé à +30% ou +) pour un « classé ». De toute apparence les classements ont (malheureusement) un grand impact sur le marché semble-t-il.

Écrit par : Per-BKWine | 18 septembre 2012

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Oui, Per, moi aussi, je crois que tout le monde ne s'en fout pas; que c'est une argument de vente important, notamment à l'étranger (là où l'on evut bien mettre le prix, quand il y a une notoriété, mais où on ne connaît pas trop ce que signifie vraiment le classement).
Et même si tout le monde s'en fichait, quand un professionnel comme Rolland, qui en a vinifié plus d'un, nous dit qu'il fut une époque où la plupart des classés auraient dû être déclassés, ça veut dire qu'il y a eut tromperie, que la mention est au mieux, usurpée ou au pire, sans objet.
Et c'est le rôle des journalistes de le relever, car sinon à quoi servons-nous, il suffit de publier les classements tels quels. Sommes-nous seulement des porte-voix, ou pouvons-nous émettre des avis?

Écrit par : Hervé Lalau | 18 septembre 2012

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Et bien répondu Hervé !

Écrit par : Michel Smith | 18 septembre 2012

Quand M Rolland dit qu'à une certaine époque, la plupart des classés auraient dû être déclassés, je ne crois pas qu'il y ait eu tromperie car sa remarque est probablement valable pour tous les classements, y compris ceux des autres appelations aussi, car probablement compare-t-il avec la qualité des vins d'aujourd'hui, les standards ne sont plus les mêmes.

Écrit par : JN Gosselin | 18 septembre 2012

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Pour une fois, pas d'accord avec vous car les vins de l'époque (décennies 80-90) sont toujours en vente dans certains cavistes spécialisés, ils portent la mention de la même façon que ceux des décennies 2000 et 2010 et sont tout aussi chers, voire plus, alors qu'un professionnel nous dit aujourd'hui qu'il ne le valent pas. Bien sûr, il ne l'aurait jamais dit à l'époque. J'en reviens à ma remarque du début: pourquoi cette mention, dont on a discuté du mode d'attribution devant les tribunaux, pour cause de réclamations (je ne juge pas de leur bien fondé, mais c'était pour être réintégré dans le classement), pourquoi cette mention n'a-t-elle jamais été remise en question pour des raisons qualitatives? Par exemple en 1984 et 1987, quand la plupart des vins ne valaient même pas l'AOC...
Ces années là, vin classé veut-il dire le meilleur des mauvais vins?

Écrit par : Hervé Lalau | 18 septembre 2012

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Attention à ne pas confondre: il ne s'agit pas de vins classés, mais de crus, c'est à dire des exploitations viticoles, des marques...
Leur classement est valable pour dix ans tant que la base foncière n'est pas modifiée.
Ceci dit dans cette période, selon les conditions naturelles, leur récolte peut effectivement ne pas correspondre aux critères de l'AOC, en tout ou en partie, et dans ce cas le vin sera déclassé (et la mention de cru classé ne peut pas apparaître car elle est réservée aux vins d'AOC).
Il n'y a aucune tromperie. Dans un petit millésime, un cru classé sera tout de même en général meilleur grâce aux qualités de l'exploitation, selon le vieil adage bien connu (acheter un grand cru dans une petite année et un petit cru dans une grande année).

Écrit par : Norbert | 18 septembre 2012

Non mais je suis d'accord, les mauvais millésimes ne valent pas tripette mais les classements ne vont jamais s'éffondrer devant les caprices de la nature.
De plus, je suis parfois déçu de l'incapaciter de certains St Emilion à bien vieillir...(gôuts de tisanes, décoctions de feuilles de laurier sèchées....).

Écrit par : JN Gosselin | 18 septembre 2012

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Oui, j'ai noté aussi. Le côté sec, c'est peut-être lié à un usage du bois inconsidéré.

Écrit par : Hervé Lalau | 18 septembre 2012

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Pas de confusion dans mon esprit, ce sont effectivement deux choses différentes. Mais une année où la production est notoirement médiocre comme en 1984, on aurait dû non seulement ne pas accorder l'AOC, et à fortiori, les mentions de classement. Mais comprenons-nous bien, c'est un voeu pieux, personne n'osera jamais en France retirer ce genre de droit acquis à une appellation ou un domaine.
Faut-il s'étonner après ça si certains sont de plus en plus dubitatifs par rapport à ces mentions?.

Écrit par : Hervé Lalau | 18 septembre 2012

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Abandonnons alors les appellations, puisqu'elles sont incapables d'assurer autre chose qu'une sorte de certificat d'origine. Et, de l'autre côté, elles empêchent souvent l'innovation et même parfois le bon sens. Je vous rappelle, par exemple, cette absurde imposition, en Côte du Rhône, d'une proportion minimum de grenache.

Écrit par : David Cobbold | 19 septembre 2012

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Et en Languedoc, la Syrah...
Mais tu vas très loin, David. Ne penses-tu pas qu'on pourrait réformer le système plutôt que l'abandonner?

Écrit par : Hervé Lalau | 19 septembre 2012

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