03 septembre 2012

Bizeul, la RVF, tout ça (un commentaire)

Pour une raison que j'ignore, le commentaire de mon confrère suédois Per Karlsson, à propos de la polémique Bizeul/RVF, refuse obstinément de se matérialiser ici. Pour qu'il ne reste pas éternellement dans les limbes du web, je le publie ici.

“Another minor detail (?) in the debate was quite interesting:
 
It appears from the comments made by Herve Bizeul, the winemaker & ex-wine journalist and ex-wine judge, that to be able to taste and judge his wines one has to love the Roussillon region and be intimately knowledgeable with its history, tradition and winemaking styles. If you are not already "sold" on its wines then you should apparently not come and pretend that you can taste them and have a fair opinion about them.
 
Perhaps I misunderstand the quotations from vinquebec but that is how it looked to me.”

Pendant que j'y suis, je vous engage à lire le billet de Jacques Berthomeau sur ce thème, daté de ce matin. C'est ICI

Voila une chronique bien sentie! A titre personnel, je ne m'engagerai pas aussi franchement que Jacques, car je crois qu'il y a  du vrai et de l'exagération des deux côtés.

D'une part, je pense qu'un peu d'empathie ne fait pas de mal à un critique quand il doit juger les vins d'une région; et je pense qu'un journaliste doit avoir une certaine expérience, un certain "background" avant de pouvoir l"ouvrir" (sinon, autant laisser la critique aux consommateurs...).

De l'autre, je pense que la RVF n'a de compte à rendre qu'à ses lecteurs (et à la conscience de ses rédacteurs). Dans le cas qui nous intéresse, je crois qu'elle s'honorerait à passer outre l'interdiction de M. Bizeul, et à publier les notes des vins qu'elle aurait fait acheter pour l'occasion, faute de les avoir reçus de M. Bizeul. Sans esprit revanchard, bien sûr, et si possible, à plusieurs.

Je crois aussi que le débat gagnerait en intérêt si on ne le ramenait pas constamment à des problèmes personnels ou d'ego. Ce sont les vins que l'on doit juger, pas la personnalité de M. Bizeul, son parcours journalistique ou de négociant, ni, d'ailleurs, la personnalité de M. Gerbelle. Quand j'achète un vin, je n'achète pas le vigneron, ni le critique. Je leur demande seulement de faire leur travail le plus honnêtement possible.

Je suis bien en peine de juger des mérites du dégustateur choisi par la RVF pour les vins du Roussillon cette année, ne le connaissant pas. Par contre, il me semble que la polémique actuelle pourrait être mise à profit pour améliorer la méthodologie de sélection des vins. Si la présélection se faisait via un comité plutôt que par une seule personne, on éviterait sans doute pas mal des risques de "personnalisation" que j'évoquais plus haut.

12:08 Écrit par Hervé Lalau dans France, Roussillon | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

Commentaires

Hervé,

J’ai moi-même dû user de stratagèmes tous plus subtils les uns que les autres pour arriver à mettre en ligne mon tout petit post sur « air wine tasting competition », ton blog le refusant à 6 reprises en 48 heures. L’obstination paie.

Quant à ce qui arrive à Hervé Bizeul, vos commentaires m’intéressent beaucoup. Je n’en ferai aucun sur ce sujet précis lui-même mais signale que je tiens a priori « de son côté », sauf en ce qui concerne la liberté de publier ou non. Et que ce n’est pas à un plumitif, célèbre ou non, compétent ou non, de nous dire ce que le consommateur boira dans 5 ans et quels types de vins conviennent. De toute façon, dans la majorité des revues, les seuls vins qui valent la peine sont ceux qui vont enrichir les actionnaires de la GD et de l’agro-alimentaire, et acheter du publi-rédactionnel.

Écrit par : Luc Charlier | 03 septembre 2012

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Hervé,

Comme je le souligne dans ma chronique je ne me prononce pas dans la relation H.B et R.V.F car ce ne sont pas mes oignons n'étant ni journaliste, ni critique.
Mon papier vise essentiellement la conclusion de Gerbelle que je trouve outrageante vis-à-vis d'un vigneron...

Écrit par : Berthomeau | 03 septembre 2012

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Jacques, je l'avais bien compris comme tel. Mais au delà du cas Bizeul, j'ai toujours une question pour toi, faut-il aimer une région et ses vins pour bien en parler? C'est une question délicate, je n'ai pas forcément une réponse claire et franche, mais j'accepte tous les avis.

Écrit par : Hervé Lalau | 03 septembre 2012

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Non je ne crois pas qu'il faille aimer une région et ses vins pour bien en parler, sans citer d'exemples précis afin de m'éviter l'ire des gens du cru il est des régions où je n'apprécie pas beaucoup d'aller mais il n'empêche que je suis capable, je crois, de bien parler de certains des vins qui y sont produits. Mais tu le sais Hervé je ne suis pas un pro de la dégustation mais un buveur debout...

Écrit par : Berthomeau | 03 septembre 2012

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Bonjour Hervé,
qu'ils soient assis ou debouts, j'ai une sympathie particulière pour les buveurs de vin :j'ai souvent remarqué qu'ils ont une merveilleuse tendance à partager leur passion.
Alors, essayons de trouver aux journalistes de la RVF et à Hervé Bizeul un point commun (autre que l'amour de l'argent ?) : la recherche de l'excellence en matière de vins.
Nous (les amateurs de ce divin breuvage) sommes souvent attaqués par les "abstinents maladifs" , inutile de nous critiquer entre nous !.
Hervé et Jacques, je pense que vous avez - comme moi - un attachement particulier pour la Corse alors, comme on dit là-bas : "pace e salute".

Écrit par : Philippe du Bois d'Enghien | 04 septembre 2012

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Bonjour, je trouve ce blog vraiment sympa, je me lance dans le blogging et j'espère que j'aurais assez de motivation pour y poster régulièrement.

Écrit par : Blog de marine | 19 avril 2013

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