15 août 2012

Défection au pays du Cava

Le domaine Loxarel, à Vilobi del Penedès, a décidé de quitter le Consejo Regulador del Cava, auquel il appartenait depuis sa fondation, pour s'affilier à celui de la DO Penedès. Concrètement, cela veut dire que ses produits porteront dorénavant la mention "Método Tradicional de la DO Penedès".

Ce n'est pas le premier à faire ce choix (on peut citer aussi Mas Comtal ou Colet). Dans son cas, selon Loxarel, il s'agit de pouvoir "mettre en avant un lien plus direct avec son terroir du Penedès". Mais surtout, Loxarel, qui mise sur le Xarello et sur des élevages sur lies fines prolongés, ne se retrouve pas dans la réglementation du Cava, qu'il juge trop laxiste quant à ses minimums requis. 

Si le Cava a vu ses ventes exploser ces dernières années, notamment à l'exportation, son image souffre actuellement de la mise en marché de produits à très bas prix.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Souffrez que je vous mette en marché, chère Bibinne

J’aime ta formulation « souffrir de la mise en marché ».
Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Les gens achètent ce qu’ils trouvent. Et où font-ils leurs courses ? En GD. Les “cavistes” (= marchands de vin en Belgique), n’ont souvent plus qu’une idée en tête : vendre les mêmes vins que Carouf ou bien Ruytcol, au même prix et aux mêmes personnes. Heureusement, il en existe encore d’autres et je vous exhorte à augmenter leur chalandise.

Il n’y a plus d’école du goût, il y a le formatage des goûts par le marketing des multinationales. Attention, le beurre rance de nos grand-mères, le « sagi » rance aussi des Catalans, les Epoisses pourries au marc de Bourgogne, ce n’est pas forcément le « bon goût ».

Quels sont les vignerons qui « gagnent », parmi les petits ? Tous ceux qui bougent, qui font déguster leurs vins, qui rencontrent les restaurateurs, qui sont à la disposition de leurs agents étrangers. Mon modèle absolu, Jean Gardiés (Salut, Jean), a su se fidéliser un chef de culture de qualité et emploie de bons tractoristes. Même à la cave, il a un second. Et il emploie des gens pour vendre. Lui, il passe le plus clair de son temps à aller porter la bonne parole de la Torre ou des Falaises, et il ne lui reste pas une seule bouteille à vendre (30 ou 40 ha de vignes, pourtant). Or, il ne vend pas « de la daube » facile à avaler et à oublier. Ses vins ont du caractère. Et ses prix sont soutenus.

Écrit par : Luc Charlier | 15 août 2012

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