04 juillet 2012

Cumuls des mandats: pas qu'une affaire de politiques

On parle beaucoup du cumul des politiques, ces temps-ci. Mais que faut-il penser du cumul des mandats dans les syndicats, fédérations et interprofeessions viticoles?

J'apprends que Jean-Jacques Bréban rempile la présidence du Conseil Interprofessionnel des vins de Provence. Et je constate qu'il est également Président du Bassin Provence, président de la Fédération Régionale du Négoce et Président du Syndicat Français des Vins Mousseux.

Je respecte le choix de ces différentes instances, dont ce sont les prérogatives démocratiques, mais je m'interroge sur les conflits d'intérêts potentiels que ces cumuls portent en germe.

Un cas d'école. Imaginons que M. Bréban doive défendre le projet de Crémant de Provence auprès de l'INAO. Pourrait-il oublier cette allégeance régionale lorsqu'il siège au sein du Syndicat des Vins mousseux?

Ou bien, au contraire, nomme-t-on des gens dans les syndicats ou comités nationaux parce qu'ils représentent leur région et leur collège (négoce, production, coopératives). Ce subtil équilibre de contre-pouvoirs ne conduit pas à des arrangements  qui ne vont pas dans le sens de l'intérêt général, ou pire, n'est-il pas un facteur d'inertie?

Le cas de M. Bréban n'est bien sûr qu'un exemple, et loin de moi l'idée de mettre en doute sa probité. C'est juste le système des poupées russes s'empilant dans les différents cercles de décision qui me pose question.

Et vous?

01:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Cher M. Lalau, tout d' abord bonnes vacances qui sont je suis sûr assez proches d' un vignoble. Concernant votre dernier article je peux vous apporter mon témoignage, en tant qu' ancien président de syndicat des vins. En général on arrive progressivement à ce poste en passant par le bureau ou la vice présidence pour "repérer" le milieu très fermé des représentants syndicaux.

J' ai été désigné représentant de mon AOC à l' interpro en 1994 à l' époque CIVT, et rapidement j' ai vu que la parole de certaines personnes portaient plus que d' autres. Pourquoi ? Parce que leur ancienneté et la multitude de leurs mandats font qu' on les écoute. Le problème c' est que certains (pas tous) ne côtoient plus ( du fait de la multitude de réunions qu' ils sont contraints de faire) que des personnes qui sont elles aussi dans le même cas.
Tant est si bien que croyant avoir une vue globale du marché, connaissant très bien les gros metteurs en marché ils prennent des décisions au nom des vignerons de la base (qu'ils ne voient plus) qui sont souvent à contre courant de l' aspiration de la majorité des vignerons.
Et comme le cumul des mandats est la règle, tout ce petit monde "tourne en rond". Lorsqu 'un nouvel élu arrive avec d' autres convictions , d' autres idées, rapidement le groupe d' élus qui se connaissent si bien et qui sont partout, ont vite fait de " dégommer" le petit nouveau. qui au début se bat pour ses idées, use beaucoup d' énergie et finalement finit par baisser les bras.
Mais ce système reste malgré tout démocratique, et nous avons les élus que nous méritons. Si on a du mal a changer les choses c' est que ceux qui pourraient participer à ce changement préfèrent jouer la carte perso, ne s' occuper que de leur Domaine et être heureux. Ainsi faute de " combattants" ce sont les mêmes qui se présentent, sont réélus ,et qui cumulent les fonctions , avec tous les inconvénients que vous avez cités.

Si l' esprit collectif et l' envie de gérer ensemble notre métier se perd, et bien il faudra que les vignerons arrêtent de se plaindre et s ' habituent à subir des décisions qu' ils ne cautionnent pas.

Bien cordialement, tchin tchin !!

Écrit par : Boucard Philippe | 08 juillet 2012

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