20 juin 2012

Interloire: la sécession va cesser c'est sûr?

Sur le blog des 5 du Vin, ICI, mon copain Jim consacrait hier un billet on ne peut plus d'actualité aux AOC ayant fait  sécession d'Interloire ou susceptibles de le faire. Pour Bourgueil, c'est fait, on le sait, depuis deux ans. Pour les Fiefs Vendéens, ce sera chose faite en 2013 - la décision est prise, mais il y a un an de préavis. A Saint-Nicolas de Bourgueil, on se pose aussi la question - les vignerons l'ont évoqué lundi. Des consultations sont prévues avec d'autres AOC d'Indre et Loire, avant de passer au vote.

Jim l'explique bien: la tentation est grande, pour une AOC qui ne se reconnaîtrait pas dans la communication ni dans les actions de l'interpro, de jeter Interloire avec l'eau du bain. Et l'indépendance peut avoir ses avantages. Mais qu'on soit dedans ou dehors, la nécessité de s'unir pour certaines actions ne fait pas l'ombre d'un doute. Ne serait qu'à la grande exportation, où le message Loire est autrement porteur, et où des campagnes communes ont plus de sens.

interloire,bourgueil

Pour la communication locale, faites confiance aux locaux... (Photo H. Lalau)

Peut-être aussi que si Interloire était plus proche du terrain, plus à l'écoute de sa base...

On peut comprendre l'exaspération de ceux qui produisent exclusivement du cabernet franc et qui voient le plus gros de l'effort marketing consacré à soutenir le sauvignon de Loire, par exemple; des caves particulières qui vendent essentiellement en direct et qui voient le plus gros des budgets de communication dirigé vers le soutien des ventes à la grande exportation - et donc, au négoce ou aux grosses coopératives.

Bien sûr, une interpro ne peut pas garantir à chacun qu'il retirera au centime près ce qu'il met dans le pot commun. Chacun doit le comprendre. Mais elle doit certainement éviter de donner l'impression à certains qu'ils sçont systématiquement laissés pour compte. Et puis aussi, de leur donner l'impression qu'elle sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux. Après tout, l'intropro n'est qu'un outil, pas une fin en soi. D'où la tentation récurrente, pour ceux qui pensent ne pas avoir le bon outil, d'en changer, d'en fourbir un qui soit plus à leur main, ou même de s'en passer carrément.

Et ce n'est pas pas en restreignant le droit des AOC de sortir, comme certaines interpros le souhaitent, qu'on réglera ce problème.

Comme journaliste, je mange à tous les rateliers. J'ai profité d'actions organisées par Interloire (et il y en a de bonnes) mais aussi d'actions organisées par des AOC en sécession, comme Bourgueil. Je n'ai pas à prendre partie. Il y a du bon des deux côtés.

interloire,bourgueil

La Loire sinon rien?

D'ailleurs, l'un n'empêche peut-être pas l'autre. Et si c'était d'abord une question de réglages, de fine tuning, d'arbitrages?

Quelle part des cotisations des vignerons doit-elle rester à la discrétion de chaque AOC, pour des opérations d'intérêt particulier à l'appellation, et quelle part doit-elle être dévolue à l'interprofession pour des actions communes? Voila une question concrète. S'associer, c'est être solidaires, cela ne devrait pas vouloir dire qu'on ne peut plus rien faire seul.

Une fois enlevée la part de l'affectif, des querelles de personnes ou de clochers, on ne peut pas ne pas se poser la question de l'efficacité. Et là, plus de manichéisme: l'indépendance a du bon, la mutualisation aussi.

 

00:33 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : interloire, bourgueil | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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