19 juin 2012

Chianti Top DOCG-TDI

Révisons nos classiques italiens.

Il y a le Chianti simple. Le Chianti avec nom de sous-région, comme le Chianti Colli Senesi. Le Chianti Classico, au coeur de l'aire historique d'appellation. Le Chianti Classico Riserva (pour les vins d'élevage long).

Comme ce n'est pas encore assez compliqué (il n'y a pas que la France qui aime la complicazione), il y aura bientôt une catégorie encore supérieure - enfin, sur le papier. Comme un pyramidon tout en haut de la pyramide. Ne lui manque plus qu'un nom. Je propose Chianti Top. Ce serait marrant. Ou alors, Chianti Rigolo.

Chianti.jpg

Le Chianti au soleil couchant - Photo (c) H. Lalau.


Rigolotes, les règles qu'on veut appliquer à cette nouvelle catégorie le sont beaucoup moins.

Ses supporters veulent que seules des cuvées produites avec des raisins d'un seul domaine ("single vineyard") soient acceptées - bref, pas de négociants à bord. Et puis, pour faire bonne mesure, les vins devront reposer au moins 3 mois en bouteille. Et ils ne pourront pas être mis en marché avant 30 mois.

S'il suffisait de respecter ces règles pour faire un bon vin!

Je connais pas mal de tocards qui rentrent dans ces normes. Je pense notamment à tous les vins qui ne trouvent pas preneur avant 30 mois. Et à tous ceux qui boisent inconsidérément leurs cuvées.

Tant qu'à faire dans le superflu, je propose d'ajouter quelques contraintes encore plus ridicules:

-Bouchage de liège portugais.

-Vendange manuelle par des vendangeurs toscans depuis 2 générations au moins.

-La taille du mot Chianti sur l'étiquette ne pourra pas être inférieure à 2,23% de la surface totale de l'éiquette, exprimée en mm2.

A ce prix, le "Chianti Top" sera non seulement Contrôlé, Garanti et Totalement Dénué d'Intérêt.

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Acuité

Tu traverses une phase faste, mon bon Hervé, et l’acuité de ce billet ne le dément pas.
Le plus grotesque est évidemment le « vieillissement en bouteille ». Avec des bouchons moins que parfaits, cela pourrait même entraîner ue réelle dégradation du produit. Non, la vraie raison est d’empêcher l’émergence de nouveau-venus peu fortunés : ils ne peuvent se payer le luxe de retarder la commercialisation. J’en sais qqchose, moi qui m’y suis mis fort tard. Quant aux nouveau-venus fortunés, ils sont toujours les bien-venus, même si ce sont souvent des par-venus ! Tout cela est d’un con-venu ...

Écrit par : Luc Charlier | 19 juin 2012

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Faste, faste... pour l'esprit peut-être. Merci quand même, Luc.

Écrit par : Hervé Lalau | 19 juin 2012

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Le juge de paix en la matière sera toujours la dégustation.

On assiste simplement à une course aux classements comme cela se fait aussi à Napa et ailleurs, car cela reste un outil essentiel de communication dans les nouveaux marchés.

Il suffit de voir à quel point la simple mention de médaille, dans la GD française, fait vendre le vin !

Écrit par : mauss | 19 juin 2012

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