15 juin 2012

Labouré-Roi: le communiqué du BIVB

Je vous livre la réaction du BIVB à l'affaire Labouré-Roi.


"Suite à l’annonce, mercredi 13 juin, d’une enquête menée conjointement par l’administration des Fraudes et la Gendarmerie Nationale sur une affaire présumée de fraudes au sein de la société Labouré Roi, la filière des vins de Bourgogne a décidé de se porter partie civile afin d’avoir une connaissance précise des éléments du dossier.
 
Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB), dont la mission principale est de promouvoir et de valoriser l’image de ses vins, mesure la gravité des accusations portées à l’encontre de cette société.
 
C’est au nom de toutes les femmes et tous les hommes qui s’appliquent chaque jour à améliorer la qualité de leurs vins et signent chacune de leurs bouteilles, que le BIVB entend réagir fermement. Il se porte donc partie civile afin d’évaluer les faits reprochés à cette entreprise et, par conséquent, le préjudice subi par la filière.
 
Les vins de Bourgogne sont reconnus mondialement pour leurs appellations prestigieuses et leur lien intangible et profond au terroir. « Plus de la moitié des vins de Bourgogne sont exportés dans 150 pays. C’est pourquoi, aucun soupçon de tricherie qui entacherait la réputation de ces vins ne saurait être toléré », explique Michel Baldassini, Président délégué du BIVB.
 
Suite à l’analyse du dossier, la filière prendra bien évidement toutes les décisions qui s’imposent pour éviter que ce type de situation se reproduise.
 
« Cette affaire ne doit pas porter atteinte à l’immense majorité des producteurs et négociants de Bourgogne, soucieux du respect des fondements des Appellations d’Origines Contrôlées », conclut Pierre-Henry Gagey, Président du BIVB."

Petit commentaire: c'est le minimum minimorum. Le BIVB ne condamne pas formellement. Mais ce n'est pas étonnant: il ne peut se substituer aux juges. On attend pour voir. Se porter partie civile, c'est aussi utile pour connaître le fond du dossier.

Cette réaction ne présage pas de l'attitude du BIVB lors du procès  - rappelez-vous, Interbeaujolais, partie civile au procès des sucreurs du Beaujolais, avait finalement trouvé plus que des circonstances atténuantes aux fraudeurs. Cela ne donnait pas un très bon signal à l'extérieur, mais Interbeaujolais a sans doute estimé que c'était secondaire.

Peut-être aussi ses dirigeants se sentaient-ils trop proches des fraudeurs pour ne pas les soutenir, même au nom des grands principes.

Au-delà des principes, et pour revenir à l'affaire qui nous occupe, le vrai enjeu, à mon sens, ce sera plutôt d'améliorer la traçabilité des vins. De donner des gages à la clientèle. Et rapidement.

Nous sommes en Bourgogne, petite région de production en surface et en volume; mais aussi, très complexe en termes de nombre de mentions de qualité.  A priori, cette région phare du vin en France devrait être l'objet d'un surveillance rapprochée. Et pourtant, deux affaires de fraudes viennent d'être révélées en l'espace de quelques semaines, l'une à Beaune, l'autre à Nuits. Et l'avocat de Labouré-Roi lui même reconnaît qu'il y a eu des irrégularités, et pendant plusieurs années. Les faits sont donc avérés. Voila qui pose problème.

Comment faire en sorte que les contrôles au jour le jour et les agréments soient plus efficaces? Quelles mesures l'Interpro compte-t-elle prendre pour rassurer les clients, notamment à l'exportation?

C'est à l'aune de ces actes-là, et non des communiqués, qu'on jugera de la volonté réelle des représentants de la Bourgogne viticole de combattre la fraude.

Une question qui dépasse le cadre strict de cette affaire: quand une entreprise a été condamnée pour fraude aux appellations, ne conviendrait-il pas de suspendre son droit à vendre des vins d'appellation, au moins pour quelques années?

15:43 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Pourquoi ne pas faire comme pour les Saint Emilion Grand Cru ,
la mise obligatoire au Domaine ou à la Propriété et ainsi déclasser ce
qui ne convient pas .

Écrit par : Roger Liégeois | 21 juin 2012

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