31 janvier 2014

Philippe Gilbert, à Menetou-Salon

Comme le Muscadet est le vin de Nantes, comme le Beaujolais est celui de Lyon, le Menetou-Salon est celui de Bourges. Toutes proportions gardées. Car si Bourges fut l'éphémère capitale d'un roi sans couronne (Charles VII), primo, cela fait un bon bail; deuxio, la ville n'a rien d'une métropole; et tertio, Menetou-Salon et ses 465 hectares de vigne ne soutiennent guère la comparaison.

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La jolie cave familiale

Mais la taille ne fait pas tout, comme disait la Schtroumpfette.

Dans cette paisible bourgade berrichonne (je parle de Menetou-Salon), on trouve la maison Philippe Gilbert.

Un domaine familial de 28 hectares, en bio depuis 2004 et en biodynamie depuis 2007. Deux complices: Philippe Gilbert, le propriétaire, et Jean-Philippe Louis, l'oenologue, qui cherchent à exprimer dans leurs vins non seulement les qualités de leurs parcelles, mais aussi la bonne santé de leur vigne.

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Les deux cuvées Les Renardières

Menetou-Salon rouge Les Renardières 2007

Une année difficile, un déficit de maturité dans la plupart des cas, et pourtant, ici, un vin plein de caractère, plein d'épices aussi - rien de vert ni de végétal. Le nez est entre fruit des bois et fruit du bois - cette cuvée a fait un séjour d'un an en barrique.
La bouche est très franche, plus élégante que puissante, et soutenue par une texture que je qualifierai de crayeuse, faute de mieux. Savoir qu'il y a du calcaire dans les sols influence sans doute mes capacités allégoriques... Le côté un tantinet austère des tannins me fait penser à certains Côtes de Nuits. 15/20

Menetou-Salon rouge Les Renardières 2008

L'année est un peu plus mûre, le fruit dans le vin aussi. La bouche est à l'unison, bien mûre, grasse, la texture soyeuse; de la mâche, de l'ampleur, mais aussi pas mal de tranchant en finale - un petit coup de fraîcheur et de salinité bienvenue pour donner l'envie de se servir un deuxième verre. Et plus si affinités. 16/20

Difficile de faire la part du terroir, des vignerons et de leurs méthodes (biodynamiques, en l'occurrence). Ce qui est sûr, c'est que c'est de l'excellent pinot.


Menetou-Salon Blanc Philippe Gilbert 2009

Très riche au nez - pêche abricot, coing, cédrat confit. Assez volumineux en bouche. Mais la trame est à la fois fine et ample - un peu comme un tissu léger mais résistant. Il s'est agit d'une toute petite vendange (la propriété a été grêlée). 15/20

Le cépage sauvignon s'efface derrière quelque chose de plus ambitieux.

Contact: http://www.domainephilippegilbert.fr

00:36 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : philippe gilbert, menetou-salon, centre loire, vin | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Commentaires

Me voilà rassuré, je pensais que vous alliez nous parler de cyclisme...!

Écrit par : Julien Wayaffe | 01 février 2014

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Le vin des bourg’


(i) En Belgique, le vrai vin des « bourg’ », celui que l’on boit à l’Hôtel des 3 Faisans, cela a tjs été le Sancerre. Blague à part, les meilleurs sont délicieux ... mais les meilleurs sont rares, très rares. Deux bras alternatifs existent : le Quincy (et Reuilly dans une moindre mesure) et le Menetou. Tu as raison. Moi, c’était chez l’excellent Henry Pellé à Morogues que j’allais me servir.
(ii) Et le vrai roi de Bourges, ça a tjs été Jack Lang, qui a bien vidé les caisses de la ville. Un socialo ne fait pas le printemps !
(iii) Tu peux aussi dire : le vin des Toulousains, c’est le Fronton ... hélas pour eux.
Et pour finir de me faire détester : il n’y a que les blancs qui vaillent qqchose dans ces appellations du Cher. On s’en fout d’ailleurs, c’est ce qu’il nous faut pour accompagner du Selles, du Valençay et du Chavignol !
Tout cela est excessif, j’en suis conscient : c’est en partie pour le fun, en partie ....

Écrit par : Luc Charlier | 01 février 2014

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Ohé la Belgique, Lang n'a jamais vidé les caisses de Bourges vu qu'il n'a jamais été élu ici.... une fois !

Écrit par : Fourgeot | 01 février 2014

C'est en tant que Ministre de la culture qu'il arrosait le festival (d'où ma subtile allusion au "printemps"), obligeant par là-même la ville et le Conseil Général à y aller de leur écot également. Honnêtement, ce n'est pas sur ce point-là qu'on peut le critiquer d'ailleurs. C'était pour le fun. Une fois encore ...

Écrit par : Luc Charlier | 01 février 2014

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