09 mai 2012

Vin et santé... à la télé!

Reçu de Pierre Leclerc, toujours très bien informé des choses concernant le vin et la médecine (et que je remercie au passage):

Heureuse surprise, ce mardi 8 mai à la télé: sur France 5, dans la foulée du "Magazine de la Santé" et avec les mêmes animateurs, dont Marina Carrère d'Encausse, a été diffusé un "Allô docteur"  (30 minutes à partir de 14 h 35) entièrement consacré au vin et à la santé, et globalement positif car, pour une fois, le vin n'a pas été assimilé, pour ses effets santé, aux autres boissons contenant de l'alcool. Ni au jus de raisin.

Les 3 intervenants ont en effet repris le discours de Dominique Lanzmann il y a 3 ans devant l'INRA en conclusion de ses études de Nancy. Il s'agit de l'explication des apparentes contradictions entre le French Paradox, d'une part, et les chiffres sur "alcool et cancers" d'autre part :
Dans le vin, les effets rapidement  délétères de l'alcool (sur certains cancers) sont plus que compensés par les
effets bénéfiques des polyphénols (y compris sur certains cancers) pour une consommation modérée et quotidienne.
Et par rapport au jus de raisin, le vin est 2 fois plus riche en polyphénols, et facilite leur assimilation.

Ce discours est donc enfin repris par des "notables", et passe bien à la télé, y compris dans une émission médicale.
Il ne reste plus à la filière que :
- à trouver quelques budgets pour que les bases de ce discours (les études de Nancy, plusieurs fois citées)
puissent enfin être publiées dans les formes scientifiques reconnues !
-  à plus faire confiance, pour les détails, à l'original qu'aux copies (car, dans les détails, tout n'était pas parfait ...).

Les "notables" présents sur le plateau étaient
 - le professeur Jean-Michel Mérillon (ISVV Bordeaux, et patron entre autres de Dominique LANZMANN et Serge Renaud)
 - le professeur  Ludovic Drouet (Lariboisière, qui a tant fait à l'ONIVINS pour que les études de Nancy ne reçoivent jamais un rond, mais qui, aujourd'hui, cite Serge Renaud a tout bout de champ !)
-  Valérie Godefroy, une jeune Agroparistech qui a travaillé chez Kraft foods, à la fondation Bonduelle, est aujourd'hui coach en nutrition, efficacement mise en avant par l' éditeur de son livre sur "Les Clefs de la Nutrition"

Le point le plus négatif (et qui était l'accroche de l'émission) a été le problème des résidus de pesticides. Avec la reprise du discours de "60 millions de consommateurs" de ce mois de mai sur les "polluants". Il faut dire que cela fait 15 jours que ce dossier est public, qu'il circule, ... et que la filière n'a toujours pas réagit !

"Qui ne dit mot ... consent", c'est pourtant bien connu, non? En outre, l'absence de LMR pour les vins a été soulignée, avec au passage le fameux taux de résidus pouvant être "2 800 fois supérieur à celui de l'eau potable".....

Autre regret, sur  les "2 verres pour les femmes et les 3 pour les hommes", comme définition de la modération: cet optimum (dans le cas du vin) avait déjà été réduit à un maximum (comme pour les autres boissons alcoolisées)
avec la collaboration active de la filière du vin ! Mais désormais, cette concession de "pas plus de 2 ou 3 verres par jour" est de plus en plus systématiquement transformée en "moins de 2 ou 3 verres". Ce qui laisse: 1 verre pour les femmes, et 2 pour les hommes, par jour ....

Pour visionner cette émission titrée  "Vin: à votre santé ?": http://www.france5.fr/sante/allo-docteurs/emission/2012-0...
 
Et pour aller plus loin, trois idées évoquées qui pourraient être utilement exploitées dans la communication:
1) Le discours anti-vins a des effets anxiogènes, et donc négatifs pour la santé, car "le bonheur est bon pour la santé".
2) Le vin, dont on savait qu'il facilite l'assimilation des polyphénols par son alcool... aurait quasiment le taux d'alcool idéal pour cela...
3) et faciliterait aussi l'assimilation des polyphénols par la flore digestive que sa consommation quotidienne apporterait. Ces 2 dernières nouveautés, que je mets au conditionnel,  semblent être apportées par le professeur Drouet.

Bon podcast ...

Pierre Leclerc   
 

08:13 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (11) | | | | |

Commentaires

Wââh...mais que tout cela est positif...là dessus, je m'en vais de ce pas en ouvrir une petite....mais pas de chez leclerc....sorry!

Écrit par : JN Gosselin | 09 mai 2012

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Foutaise et poudre aux yeux !!!!

Je suis buveur de vin, assidu et impénitent.
Je suis producteur de vin, de vin « corsé ».
J’ai exercé pendant dix ans comme médecin clinicien hospitalier (en CHU pour la plus grande partie), en unités d’hémodialyse, de médecine interne et de soins intensifs (y compris à l’Hôpital Bichat et à Villejuif pour les Français qui ont le culte de la célébrité).
J’ai gagné pendant 10 autres années ma vie en gérant et en analysant des études cliniques, au niveau national et international (pas « bidon », mais pipées quand même donc), pour le compte des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux.
Et je peux vous assurer que le « French Paradox » et les autres soi-disant effets positifs du vin (ou des alcools, il y a très peu de différence), c’est de la blague absolue, de la manipulation, du lobbying.
Mais Hervé a raison sur UN point : si le vin (ou son alcool, je m’en tape) rend son consommateur heureux – ou moins malheureux – voilà sans doute son effet le plus salutaire.
Sur ce, à votre santé et merde aux polyphénols et aux anti-oxydants.

Vive le fromage à 30 % de matière grasse. Vive la viande de Salers, de l’Aubrac, d’Angus, pleine de cholestérol. Vive le porc gascon ou ibérique (avec ou sans les glands).
Vive le bon Armagnac, et les rhums agricoles, et les whiskies single malt.
Vive Partagas et Hoyo de Monterey.
Vive Poilâne et le bon pain.
Vive Valrhona.
Vive les pigeons de Chenôve ou de Revel, le canard de Challans .....

Écrit par : luc charlier | 09 mai 2012

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Luc, on ne peut pas toujours marquer contre son camp! Même si le vin n'est pas au premier chef un "aliment de santé" (je ne le vois d'ailleurs pas comme ça), la présentation qui en est faite par les "sommités" habituelles du monde de la santé, et même le ministère, est tellement biaisée qu'on ne peut pas passer sous silence le peu d'échos favorables qu'on entend ça et là!
Plus globalement, avec leur "hygiéniquement correct", on finira tous par mourir centenaires, peut-être, mais en ayant oublié pourquoi on vit encore!

Écrit par : Hervé Lalau | 09 mai 2012

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Mais ma seule maîtresse, oui c’est toi vérité !

Il ne s’agit pas de « marquer contre son camp ». Il s’agit de crédibilité.
Le vin n’est pas un poison violent et l’alcool non plus, à petite dose.
Mais il n’est pas un remède, arrêtons nos conneries !

On boit du vin parce que c’est bon, pour se faire plaisir, et un peu pour la légère désinhibition que cela procure. De même, je suis gourmand de chocolat parce que j’aime cela, pas parce que cela m’excite, me donne des palpitations ou rend mes selles plus dures !

A force de ne critiquer personne, les louanges ne sont plus crédibles : c’est le syndrome Michel Drucker .... formidable.
Idem ici :
« Ne transformons pas en pharmacie
le breuvage sacré de nos beuveries,
la bonn’ marsanne et l’malvoisie,
s’y confectionnent à l’envi .... »

Écrit par : luc charlier | 09 mai 2012

Une question : la baisse de la consommation est-elle bien plus liée aux nouveaux modes de vie ou à la peur de ces toubibs qui disent des choses… en sirotant chez eux quelques nobles topettes avant d'attaquer un partagas, si cher à Monsieur Charlier qui dit des choses tellement sensées ?

Écrit par : mauss | 09 mai 2012

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Luc, demande à Youri sa présentation sur les effets du vin, il est médecin comme toi, c'est un type honnête.
Quant à mon syndrome Drucker, je le décrirai ainsi: quand quelqu'un en sait plus que moi, je le cite, je ne veux pas passer pour un expert dans ce que je ne comprends pas.

Écrit par : Hervé Lalau | 09 mai 2012

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Un peu d’esprit critique au-delà du corporatisme

Il ne s’agit nullement de faire un « concours d’expert », ni pour toi parmi les autres journalistes, ni pour Youri – qui est psy, non ? - ou moi parmi les médecins.
En règle générale, c’est NOTRE esprit critique qui doit s’exercer, pas la référence à un gourou. Je sais, la France aime les mandarins (ou parfois le Picon), mais c’est en Pidgin qu’on fait des affaires !

Plus sérieusement : la formation médicale de base ne prépare nullement à l’analyse critique de la littérature scientifique. Les médecins qui n’y ont pas porté un intérêt personnel ou professionnel ne connaissent rien à la statistique. Le cours qu’on reçoit est totalement inadapté et se donne souvent la première ou la seconde année : on a 19 ou 20 ans et la tête ailleurs. Moi, c’est la trentaine passée, et à cause de mes fonctions dans le pharma, que je m’y suis remis, par obligation d’abord, puis avec amusement. Premier point : ce n’est pas parce qu’un papier est publié, même dans une « bonne » revue, qu’il faut croire tout ce qui y est dit. Voir la « mémoire de l’eau ».
Deuxième point : les tests statistiques ne vérifient que ce qu’ils sont sensés vérifiés. La plupart du temps il s’agit de dire si la différence qu’on observe est due au hasard ou bien réellement à un effet lié au phénomène qu’on observe. Et les tests sont fiables, je ne le nie pas, même si certains sont plus « robustes » - c’est comme cela que l’on dit – que d’autres. Mais les tests ne disent JAMAIS si la différence qu’on observe à de l’IMPORTANCE. Ça, c’est notre esprit critique qui doit le déterminer. Troisième point : les études sont biaisées. Je ne pense pas qu’on manipule les données de base (falsification, création de cas qui n’existent pas ...) même si cela se produit sans doute de manière exceptionnelle. Mais l’analyse qu’on en fait peut se piloter vers tel ou tel résultat, notamment en changeant les classes, les intervalles, le paramètre observé etc .... Le facteur le plus important est le SPONSOR. Le sponsor peut-être une interprofessionnelle ou une université, et il peut aussi être caché. En outre, pas mal de chercheurs exercent au sein des universités, mais aussi dans le secteur industriel. En Allemagne et aux US of A, c’est encore plus fréquent qu’en France ou en Belgique. Si on est payé par la Faculté Victor Segalen de Talence, qu’on a un papa qui travaille au CIVB, un cousin qui est propriétaire de 10 ha de cabernet à Saint-Seurin et un autre qui produit des Fins Bois, il est difficile de cracher dans la soupe, surtout si son meilleur pote est tonnelier en plus. Changez les noms de lieu et de cépage (Geisenheim, Bingen, Müller-Thurgau, Brandwein) et mon raisonnement se tient aussi. Idem en Californie ou à Clare Valley.

Je n’ai pas entendu l’exposé de Youri, mais je suis sûr qu’il présente des résultats cohérents – vu qu’il a sélectionné – nilly willy - des papiers qui vont dans le même sens. Le Professeur Luc Van Gaal (U I Antwerpen), un des piliers de l’Association Belge du Diabète, endocrinologue de renom et grand amateur de vin a bien suivi ce sujet aussi et je l’ai entendu plusieurs fois. Que disent ces résultats (que le vin soit rouge ou blanc d’ailleurs, avec quelques bémols) : qu’une PETITE quantité d’alcool est salutaire, si on n’a pas de maladie hépatique ou de l’estomac. Combien ? Nobody knows, mais sans doute autour d’un verre par jour pour les femmes, de deux pour les hommes. Ils disent aussi que du vin serait mieux que de la bière ou des alcools forts, à dose égale. Et l’avantage résiderait dans les anti-oxydants (pour faire simple). Enfin, le rouge serait un peu mieux que le blanc.

So what ?
Tout d’abord, ces « systèmes » (je veux dire ici un être humain dans son contexte quotidien et soumis à une alimentation habituelle, influencée par son lieu de travail, la géographie, ses horaires ....) sont tellement muliparamétriques qu’ils sont IMPOSSIBLES à contrôler. On peut mettre un rat nu dans une cage, avec un manège pour qu’il trotte, et le nourrir exclusivement de ceci ou ça en lui faisant boire du Mouton-Rothschild (pauvre rat !). Ce serait beaucoup plus difficile de faire la même chose avec M. Bettane. Pourtant, ça m’amuserait beaucoup de le voir trottiner sur un manège dans une cage et on peut lui laisser ses vêtements, en ce qui me concerne.
Ensuite, quel amateur se contente d’UN verre de vin par jour, en moyenne (ou même deux ou trois) ? NO-ONE !
Enfin, et surtout, qu’observe-t-on comme bénéfice réel ? Une diminution statistique réelle mais ridiculement insignifiante des affections cardio-vasculaires. On va faire – si on le croit – 0.0001 % d’infarctus en moins. La belle affaire !

Donc, persiste et signe : même si on croit à ces études – ce qui n’est pas mon cas, ce qu’elles montrent n’a aucun intérêt dans la pratique et ne s’applique pas à des personnes réelles, consommatrices lambda de vin.

Écrit par : luc charlier | 10 mai 2012

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ERRATUM

Il aurait fallu lire :.... les tests statistiques ne vérifient que ce qu’ils sont sensés vérifiER. Toutes mes excuses, j’ai appuyé trop vite sur « publier ».

Écrit par : luc charlier | 10 mai 2012

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Je comprends ton idée. Comme toi, je le répète, je ne pense pas que l'on doive "vendre" le vin sous l'aspect santé. Mais penses-tu vraiment que ne pas répondre à ceux qui ne font que demander l'abstinence totale, comme l'ancien directeur de la Santé, M. Houssin, est une bonne chose? Il faut aussi avoir des arguments, et sérieux. Je ne suis pas compétent pour en juger - ce n'est pas de la fausse modestie, juste un constat, j'admire la science mais je ne comprends rien - alors je laisse d'autres s'exprimer, qui en savent plus que moi.
A propos de Youri, non il n'est pas psy, je crois qu'il est chirurgien.
Mais je peux aussi demander à Olif, qui est gynéco.

Écrit par : Hervé Lalau | 10 mai 2012

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A votre santé !

Dis, et si on créait une policlinique, tous ensemble. On l’appellerait « Slow-Fool Day & Night Clinics ». J’ai bien écrit policlinique, sans « y », car c’est un ensemble de consultations de médecine de ville, et non un grand nombre (πολύς) , qui seraient regroupées chez nous.
On y forcerait les gens à absorber du vin :
. Youri par voie anale, pour qu’ils « l’aient dans le cul »
. Olif’ par les trompes de Fallope, pour rester de ce côté-ci des .... périnées
. Léon, par où il le peut car, comme le dit si bien mon slogan : « A la Coume Majou, vous en boirez par tous les trous ! »

Toi, tu tiendrais la caisse, évidemment : une espèce de Lalaugate au milieu d’un Lalaucamp ... de concentration, bien entendu.

Je rappelle que toute similitude avec des circonstances réelles relèverait du pur hasard.

Écrit par : luc charlier | 10 mai 2012

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Slogan alternatif:

"A la Coume Majou, à la Coume Majou, Tradition du goût" (sur l'air d'une vieille pub pour la beurre de Charentes-Poitou.

Écrit par : Hervé Lalau | 10 mai 2012

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