11 mai 2012

Où l'on reparle des Crémants d'Alsace

Post Scriptum à mon papier d'hier, au sujet des Crémants d'Alsace d'Arthur Metz.

Hier après-midi, j'ai participé à une dégustation de Crémants d'Alsace, mettant surtout en scène des vins "de vignerons".

Hélas, bon nombre de ces Crémants "de vignerons", même ceux produits par des gens à la réputation bien assise, (au moins pour leurs vins tranquilles), étaient bien en dessous du niveau de ceux que j'ai dégustés chez Arthur Metz.

La réputation, le "small is beautiful", c'est une chose. La dégustation, c'en est une autre.

Plusieurs pistes possibles pour expliquer cet étonnant écart:

Primo, le processus de la champagnisation est complexe, tous les vignerons ne la maîtrisent pas - ce ne sont pas des Champenois, qui ne font que ça - d'ailleurs, pas mal de petits producteurs alsaciens font faire leurs Crémants à façon par de grands opérateurs spécialisés. Le succès des bulles alsaciennes est indéniable, mais cela reste une activité "en plus", pour la plupart des caves particulières.

Secundo, l'assemblage n'est pas la tasse de thé de la plupart des vignerons d'Alsace, qui raisonnent le plus souvent en terme de monocépage.

Tertio, les grands faiseurs comme Athur Metz ont accès à une diversité d'approvisionnements sans comparaison avec celles des "récoltants manipulants" (si c'est comme cela qu'on peut les appeler en Alsace)...

Quarto... je n'ai pas d'explication, et on ne peut pas généraliser à partir d'une seule dégustation.

En définitive, la structure juridique d'un opérateur, sa taille, son chiffre d'affaires ne devraient pas influencer le dégustateur dans son approche d'un vin. C'est un voeu pieux, bien sûr, car nous avons toujours une tendresse particulière pour les belles aventures humaines, pour les caves pittoresques, pour les vignerons truculents.

Mais la vérité est dans le verre.

Bien sûr, les grosses sociétés ont des moyens de promotion sans commune mesure avec les caves particulières, ce qui garantit leur présence dans les grands canaux de distribution. Alors le journaliste vineux, lui, a plutôt tendance à parler des autres, pour rétablir un improbable équilibre qui n'existe que dans ses rêves. Et puis, il se dit qu'un vigneron qui exploite 5 ha les soigne aux petits oignons, qu'il chouchoute son vin comme une mère son nouveau-né. C'est souvent vrai, d'ailleurs.

Oui, mais quand le vin de la grosse entreprise est meilleur que celui du petit vigneron, qu'est-ce qu'on fait?

Eh bien, on le dit.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Commentaires

Rassurez-vous, je n'ai aucun "désir" de mettre en avant l'uniformisation, ni de faire un ostracisme à rebours conte les petites structures. Si vous venez régulièrement sur ce blog, vous me voyez souvent mettre en avant les petits producteurs.
Je constate juste un état de fait, et je me dis que quand les Crémants d'Alsace sont nés, il aurait peut-être fallu sensibiliser plus de producteurs, notamment les petits à la nécessité de s'impliquer à fond dans le produit, pas seulement comme un complément de gamme.

Mais merci de votre commentaire

Écrit par : Hervé Lalau | 11 mai 2012

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Et bien on n'est pas d'accord.

Écrit par : Hervé Lalau | 11 mai 2012

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Aucun soucis pour échanger des avis contraire Hervé, sachez que les grandes maisons de Crémant ne me font pas peur, pour preuve je bosse assez souvent avec le Crémant Cuvée Julien de Dopff au Moulin, un brut impeccable depuis de très longues années alors que les quantités produites sont loin d'être infime.

Mais j'ai personnellement déjà entendu tellement de fois des maison encore plus grande, de la taille d'A.Metz ou presque, nous sortir qu'à l'aveugle tel ou telle crémant à surpassé tel Dom Pé, ou tel autre grand nom que je me demande sur quel pied dansé avec ce sujet.

Effectivement cela n'est pas impossible qu'à l'aveugle total, en un jour donné et sur un panel de dégustateur donné, cela soit ressenti comme tel mais je me demande bien quoi faire de ces informations, en tenir compte ou pas ?

A part ça, oui et trois fois oui, moi qui passe de temps à autre par chez vous, je sais pertinement que vous n'êtes de loin pas inféodé aux "grand" chai et consort (en un mot comme en deux !).

Écrit par : Antoine M | 11 mai 2012

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C'était à Luc que je répondais, en disant qu'on n'était pas d'accord

Écrit par : Hervé Lalau | 11 mai 2012

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