08 janvier 2012

Erreur de casting

Quand je vois les prix des vins "icones", je me dis qu'à titre privé, je n'en achèterai jamais. Et que j'aurai du mal  à les recommander à des amis.

Loin de moi l'idée d'en dégoûter ceux que ça intéresse, bien sûr. Peut-être que je ne suis pas dans le groupe cible, tout simplement.

Je considère le vin comme une boisson. Boisson noble, certes, mais boisson tout de même.

Tiens, et s'il y avait une erreur de casting? Faire déguster par des gens comme nous, des journalistes aux petits moyens, des vins de cet acabit, c'est donner des perles aux cochons.

Les chroniqueurs qui encensent ces vins devraient diviser le plaisir annoncé par le prix demandé.

A ce compte-là, pas sûr que l'Yquem, le Latour, le Vega Sicilia ou même le Grange paraissent encore demain en tête des guides...

 

01:15 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |

Commentaires

Once more....100% d' accord avec ton verdict...Vin = Pur Plaisir! La relation graphique entre qualité et prix ne donne évidemment pas une droite linéaire...c'est une courbe qui s'écrase à partir d'un certain niveau. A partir de ce niveau, on rentre dans une bulle faite de tout de sorte de critères conceptuels tels la notoriété de l'appelation, la notoriété du domaine, la rareté, voire la spéculation, notion de produit précieux...etc...tout le monde connait!
Question: à partir de quel niveau de prix la courbe s'écrase-t-elle....notion qui a une subjectivité...moi, je dirais 30€....QUEL EST VOTRE AVIS ?

Écrit par : Gosselin Jean Noël | 08 janvier 2012

Répondre à ce commentaire

Petite anecdote. Je rencontre un journaliste qui parle de vin mais pas que de ça dans un quotidien connu. Il a 30 ans environ. Nous arrivons à parler de Pétrus 1982. Il me demande si je l'ai bu. Je confesse que bien qu'ayant ce vin dans ma cave, je ne l'ai jamais bu, car je n'ai pas trouvé l'occasion de le boire. Et il me répond : "quoi ! Vous ne l'avez pas bu ?" et il m'avoue qu'il l'a bu six ou sept fois.
Il est des moments où l'on se dit qu'un journaliste qui boit un vin ne peut pas avoir la même approche que celui qui est obligé de payer pour boire un vin. Exactement comme le journaliste pour l'automobile qui n'est pas obligé de faire un chèque à six chiffres pour avoir le droit de s'asseoir dans une Ferrari.
Sur le fond du sujet, on demande au journaliste de nous parler du goût, et non pas du goût rapporté à ses moyens à lui.
L'explosion des prix des vins a une raison précise et connue. A chacun de se déterminer par rapport à ce qui devient inaccessible. Et au journaliste de parler de goût pur. Le lecteur connait le prix. A lui de décider.

Si un journaliste automobile finissait son article en disant : "moi, je ne mettrais jamais 200.000 € dans une telle voiture", est-ce que sérieusement ce scoop intéresse le lecteur ?

Bonne journée

Écrit par : François Audouze | 09 janvier 2012

Répondre à ce commentaire

M. Audouze, je ne cherche pas le scoop, sur ce blog, j'essaie juste d'être honnête avec le lecteur et avec moi-même. Je suis d'accord de ne pas dégouter les autres de ce qu'ils aiment quand eux ont les moyens de se l'offrir. Mais je ne suis pas qu'un pisseur de notes de vin, il m'arrive de penser au delà, et je réprouve totalement les dérives mercantiles autour de produits dont le prix n'a plus rien avoir avec la vraie valeur, ni au plan de la qualité, ni au plan des coûts de revient.
Un bémol à ma réflexion, si ces vins vieillissent vraiment mieux que les autres, ils peuvent avoir une valeur accrue, mais de cela, vous êtes meilleur juge que moi.

Bonne journée à vous aussi

Écrit par : Hervé Lalau | 09 janvier 2012

Répondre à ce commentaire

Mon message ne comportait aucune critique à votre endroit. Comme chacun, je me désespère de l'évolution des prix, mais elle est une donnée incontournable à laquelle je ne veux pas accoler de jugement moral. La frénésie acheteuse de gens qui considèrent le vin comme une étape sociale est un fait qui n'est ni moral ni immoral, c'est un fait.
SeaFrance m'interpelle plus sur le plan moral que le prix de Latour ou Ausone. Car personne n'est obligé d'acheter.

Et donc, par rapport à un vin, s'applique la chanson de Brigitte Bardot ou Zanini : "tu veux ou tu veux pas"... Et comme la décision dépend de la situation personnelle de chaque individu, ce qui reste à décrire, c'est le goût intrinsèque du vin et non pas l'attitude qu'il faudrait avoir vis-à-vis de lui.

Je ne veux pas dire plus que cela. Les regrets sur les prix fous sont plus du dépit amoureux qu'un jugement moral.
Je vous rappelle que j'aurai grand plaisir à partager des vins anciens avec vous.

Écrit par : François Audouze | 09 janvier 2012

Répondre à ce commentaire

Il n'est évidemment pas immoral de détenir de "dits précieux flacons" dans sa cave. Il serait indécent de ma part de vouloir faire le profil du détenteur de ces nectars. On connait la motivation qui pousse ces gens à acquérir ces vins....très rares sont ceux qui sont des passionnés du vin (...comme nous...!..humilité oblige!Excusez...).
Perso,...
1. j'ai un ami qui a une cave remplie de grands noms et dont la valeur tourne autour des 150000€. Et comme il ne lira pas ce blog, je peux vous dire que quand je vais manger chez lui, je reviens archi déçu de la qualité des flacons qu'il m'a sympathiquement ouverts....ça, je le tiens strictement pour moi car c'est vraiment un bon ami qui pense vraiment me faire plaisir en ouvrant ces grans noms!
2. Les flacons de plus de 50€ que je détiens dans ma cave me déçoivent tout autant...!
...et je pourrais en raconter d'autres...
Conclusion: Vive la recherche du Vin Plaisir et chassons du temple de la Passion les buveurs d'étiquettes...!!

Écrit par : Gosselin Jean Noël | 10 janvier 2012

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire