10 décembre 2011

Fallait-il parler de Jay Miller et de Pancho Campo?

Fallait-il dénoncer les méthodes de travail de M. Campo, et indirectement, celles de M.Miller et du Wine Advocate, dans ce qu'on appelle couramment le Jumillagate? A savoir, la vente des visites de M. Miller, évoquée dans plusieurs correspondances entre la société de M. Campo et certaines appellations espagnoles?

Certains commentateurs en doutent. Pour eux, il n'y a pas de délit, c'est juste un problème d'éthique personnelle. Après tout, personne n'obligeait les appellations à payer. Sans compter que les investigateurs agacent: "Et puis, d'abord, qui sont les accusateurs? Des fouille-merde! Des gens qui se prennent pour des saints... A d'autres!"

Une autre catégorie de lecteurs, au départ favorable à une certaine transparence, pense à présent qu'on en fait trop, que l'histoire est close. Qu'il faut passer à autre chose. "Donnez nous des notes de dégustation, des belles photos de vignerons sympas, plutôt!". Et puis, sous-jacente, il y a peut-être une crainte: "Ce n'est pas bon pour le business!".

Ces deux catégories de commentateurs s'expriment à loisir sur les blogs, que ce soit sur Jim's Loire, sur Catavino ou sur Winediarist, par exemple. Et c'est très bien.

J'ai quand même envie de leur répondre que si l'apprentissage de la lecture est obligatoire, la lecture de tel ou tel article de presse, ou de tel ou tel blog, elle, ne l'est pas. Et puis, on peut comprendre que les journalistes qui ont exposé l'affaire aient envie d'aller jusqu'au bout, de donner un maximum d'arguments - après tout, ils sont sous la menace d'actions en diffamation.

De plus, les versions données par M. Campo sur les faits varient beaucoup: un jour, les dégustations étaient liées au Wine Advocate, une autre jour, elles ne l'étaient pas. Ce sont ces revirements qui incitent les enquêteurs à continuer leur travail.

Quoi qu'il en soit, cette discussion montre bien qu'il y a plusieurs types de communication dans le domaine du vin comme dans d'autres, indépendamment du support choisi (presse ou blogs).

L'information, d'une part, qui doit être étayée, vérifiée, retracée.

Le commentaire, de l'autre, qui est libre (dans les limites de la loi).

Sans la première, le second n'existerait pas.

Je trouve donc qu'on ne peut pas reprocher à Vincent Pousson, à Jim Budd et à Harold Heckle de vouloir ne laisser "aucune pierre non retournée", comme dit l'adage anglais. Même si la succession des articles sur un même thème peut lasser (c'est un phénomène qu'on constate également dans l'affaire DSK, par exemple),  je crois que c'est le prix à payer pour une information complète.

Pour rester dans le vin, il me semble que lorsque la parole médiatique est à ce point monopolisée par quelques uns, et va toujours dans le même sens (comme dans le cas des Droits de Plantation), ou que certains problèmes ne sont pas traités par l'autorité compétente (comme dans le cas du concassage au tractopelle d'un terroir protégé, à Gevrey-Chambertin), il est sain que la presse puisse jouer son rôle de contre-pouvoir jusqu'au bout. Que ce soit au travers des blogs ou des supports plus traditionnels.

Par ailleurs, il est bon que les blogs puissent échapper à la dictature de la ligne rédactionnelle, à une stratégie éditoriale; et qu'on puisse donc y publier ce qu'on veut et quand on veut, sans devoir respecter un quelconque équilibre.

Ici même, sur ce blog, je me rends bien compte que certains de mes billets plaisent plus que d'autres, que certaines thématiques lassent plus vite que d'autres, mais c'est la rançon de l'effet "carnet de bord". Chaque jour est un nouveau jour, il n'y a pas de recherche d'une stratégie d'ensemble, à vous de picorer ce qui peut vous intéresser dans ce qui, moi, m'a intéressé, interpellé, fait sourire, fait grincer des dents ou claquer la langue.

Commentaires

Pour ma part - et ce n'est pas pour tirer la couverture - je pense que ce genre d'histoire est à rapprocher de ce que j'appelle le "mélange des genres" pratiqué par de nombreux journalistes et auteurs de guides. Oserons-nous poser la question qui fâche ? Combien rapportent les différentes "affaires" de Bettane et Desseauve, par exemple, genre "Grand Tasting". Servent-elles vraiment à garantir l'indépendance des auteurs du guide B & D ?

Écrit par : michel Smith | 10 décembre 2011

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Décidément je vais croire que Michel m'en veut : tout travail mérite salaire, toute information précise et compétente suppose une enquête, et personne ne viendra demander pourquoi Michel Smith s'est longtemps fait (sans doute mal) payer ses reportages. J'ai déjà dit que le grand tasting est la continuation de mon travail de journaliste : j'aide le public à se diriger dans la foule de nos vins comme journaliste mais je fais mieux, je leur permets non seulement de lire des commentaires de dégustations, mais de déguster. Certains éléments de ce travail, qui suppose aussi celui de collaborateurs qui doivent gagner leur vie, perdent de l'argent, d'autres en gagnent, tout comme la ville de Paris qui gère les espaces des salons comme celui du Carrousel du Louvre, et doit aussi payer ceux qui travaillent à la logistique de ces salons. Et si de nombreux viticulteurs me font confiance, à moi et à mes équipes, c'est que peut être ils trouvent notre travail plus compétent que celui d'autres collègues dont l'isolement professionnel pourrait peut être se comprendre autrement que par leur zèle déontologique auto proclamé. Michel Bettane.

Écrit par : Bettane | 10 décembre 2011

Michel : un groupe comme le B+D, vu la personnalité de Michel Bettane, peut parfaitement monter de telles opérations comme le GT sans que cela se traduise par Thierry demandant à Michel de donner de bonnes notes à untel ou untel.
L'exemple n'est donc pas parfaitement choisi.
Et enfin, ne crois-tu pas que les lecteurs "sentent" ce genre de magouille ? Donc, qu'à terme, agir ainsi c'est un suicide annoncé ?
Mais il est vrai qu'on a en France (aux USA, c'est le mensonge qu'on ne supporte pas) des jalousies malsaines basées sur du n'importe quoi ?
Quand je vois à quel point on a et on continue à attaquer le GJE d'avoir des "copains" qui, fatalement, ont ensuite des bonnes notes, alors que ce GJE déguste à l'aveugle et que je ne suis pas un des dégustateurs, on voit le chemin qu'il reste à accomplir pour arriver à une réelle sérénité sur ce sujet de l'éthique.
J'espère bien que B+D gagnent de l'argent avec le GT. C'est assez bizarre de vouloir lier honnêteté et pauvreté. je sais que ce n'est pas forcément ton cas, mais un lecteur innattentif pourrait le lire ainsi, et ce serait dommage.
Bien à toi,

Écrit par : mauss | 10 décembre 2011

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Le caractère, à l'homme, est son démon; Heraclite a dit un truc dans le genre, un jour qu'il était la proie des réflexes reptiliens de ses concitoyens.

Écrit par : T-rex | 10 décembre 2011

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Simplement un point chronologique : j'ai écrit mon billet avant publication de celui de Bettane. Evitons d'inutiles confusions.

Écrit par : mauss | 10 décembre 2011

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@François Mauss : ne surtout pas croire que quiconque dans le groupe B+D peut influencer la notation de Michel Bettane. Et Thierry pas plus qu'un autre. Il suffit de voir les heures de débat au moment de la finalisation du Guide pour l'attribution des "meilleurs ceci" ou meilleurs cela". Je peux dire à qui veut l'entendre que personne n'influence Michel et sous aucun prétexte, fût-il financier.
J'ajoute que mettre en parallèle l'activité de B+D et celle de Miller-Campo et rapporter l'une à l'autre est parfaitement outrancier, en plus d'être injurieux. On croirait des propos tenus par quelqu'un qui ne connait pas le monde du vin ou qui a une vieille rancune mal digérée. Ou les deux. Ce qui est sans doute le cas, en fait.

Écrit par : Nicolas de Rouyn | 11 décembre 2011

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Dont acte.

A titre personnel, je ne pense pas non plus qu'il y ait un système B&D comparable au système Campo

A propos, j'apprécie tout ralliement, même tardif, à l'idée que vendre des visites de journalistes n'est pas déontologique, et me réjouis que dénoncer ce genre de fait ne soit plus seulement le méprisable fond de commerce d'indignés en chewing gum.

Écrit par : Hervé LALAU | 11 décembre 2011

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@ Michel, je comprends ce que tu veux dire et mon vieux numéro de carte de presse aurait tendance à me pousser à te suivre sur le terrain du refus du mélange des genres; il est évident que plus on le pratique (le mélange des genres), plus son indépendance s'étiole. Pour autant, je ne vois pas chez Bettane & Desseauve cette position quasi monopolistique qui caractérise (caractérisait ?) Parker et le Wine Advocate. J'ajoute que ce que nous avons dénoncé avec Jacques, puis avec le travail de Jim et d'Harold, cette affaire du Jumillagate Campo/Miller (http://www.berthomeau.com/article-le-texte-furtif-de-vincent-pousson-sur-le-jumillagate-87745614.html) est absolument incomparable car il s'agit-là d'une mise en coupe réglée des appellations d'un pays, enfin me semble-t-il. Il me semble difficile de comparer le Grand Tasting (auquel je n'ai jamais participé, je le précise) et le Campo business : d'un côté, il y a apparemment un vrai évènement avec un public, une organisation, etc…, de l'autre, on vend du vent, à des tarifs considérables qui constituent en fait un "péage" vers le WA. Afin de détendre l'atmosphère, disons qu'il ne faut pas confondre Pompidou et Franco…

Écrit par : Vincent Pousson | 11 décembre 2011

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@Vincent : pourquoi n'est-tu jamais venu au Grand T ? Ce n'est pas sale, tu sais

Écrit par : Nicolas de Rouyn | 11 décembre 2011

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Ci-dessous un copié-collé de ce que j'ai écrit dans ma chronique en ligne demain : Les 7 des Terrasses du Larzac en vedette chez B&D un vendredi&samedi à Paris

Tout d’abord, j’y tiens, le GT de B&D, lorsqu’il met en avant un collectif tel que celui des vignerons des Terrasses du Larzac, est utile. Les vitrines sont les vitrines, il en faut, des dans les hauts lieux, des dans petits lieux, des dans des lieux confidentiels, des dans des lieux courus, peu importe, toute manifestation qui rencontre son public s’installe et devient incontestable. Tel est le cas du GT de B&D.

je rappelle à ceux qui se gaussent des blogs qu'en publiant les chroniques de Vincent j'ai assumé le risque éditorial et nous avons géré cette affaire sans aucun esprit de revanche ou de je ne sais quelle aversion pour la réussite
bon dimanche

Écrit par : Berthomeau | 11 décembre 2011

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Si, si Nicolas j'ai lu sur ton blog que les pipi-room n'étaient pas à la hauteur... Moi qui est de l'hygiène j'y suis allé sans risque de mauvaise rencontre

Écrit par : Berthomeau | 11 décembre 2011

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Nicolas, tout simplement, je n'en ai pas eu l'occasion.
Par ailleurs, j'adhère pleinement à ce que vient d'écrire Jacques (pas sur les pipi-rooms mais sur l'absence d'aversion pour la réussite…).

Écrit par : Vincent Pousson | 11 décembre 2011

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En revanche, pour en revenir à ce qu'a écrit Hervé, je doit dire suis très inquiet de cette coupure d'électricité et d'Internet, à Londres, du côté de Fitzroy Square, et qui a l'air de durer.
Car enfin, si Robert Parker Jr s'est finalement comporté comme un gentleman en tirant les conséquences de l'affaire dans laquelle s'était empêtré Jay Miller (oui, oui, je sais, ce départ était prévu depuis longtemps…), le silence de l'Institute of Masters of Wine sur les pratiques de Pancho Campo MW devient sinon coupable, au moins pesant. On me rétorquera comme d'habitude que, en privé, tel ou tel MW s'est ému, a évoqué son embarras, était gêné, etc… Certes, mais, sans aller jusqu'à dire (je l'ai sorti comme une boutade à ce cher Jim Budd ce matin) que les bonnes manières ont traversé l'Atlantique, cela me semble un peu léger pour une vénérable confrérie qui, je le rappelle, affiche au frontispice de son site Web les mots suivants:
"The Institute’s vision is one of knowledge and integrity." (http://www.mastersofwine.org/). Pour conclure, j'ai envie d'ajouter que les choses tournent au vinaigre (oh le vilain geste que les initiés comprendront!), il faut faire face.

Écrit par : Vincent Pousson | 11 décembre 2011

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Désolé pour les coquilles!
"je dois dire que je suis très inquiet" et non "je doit dire suis très inquiet"
"j'ai envie d'ajouter que quand les choses tournent au vinaigre" et non "j'ai envie d'ajouter que les choses tournent au vinaigre".

Écrit par : Vincent Pousson | 11 décembre 2011

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J'espère que ceux qui critiquent le fait d'avoir parlé de cette histoire et d'en avoir cherché les tenants et aboutissants ne sont pas journalistes...

Écrit par : Egmont Labadie | 11 décembre 2011

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J'en déduis en vous lisant que tout va bien dans le meilleur des mondes, que nous sommes en France irréprochables, que j'ai tort de poser des questions et que barre ta gueule à la récré. Tartuffe au pays de Molière, rien de plus normal. Je répète ce que j'ai déjà écrit sur www.Les5duVin.com que je n'ai rien contre Michel et Thierry que je considère comme des amis sérieux et compétents. Je ne fais que poser quelques questions stupides sur le fait de savoir, par exemple, si en étant à la fois journalistes et hommes d'affaires, on ne contribue pas à diriger la presse du vin dans un seul sens, celui du mélange des genres. Les questions sont multiples, mais s'i vaut mieux fermer sa gueule, je la ferme.

Écrit par : michel Smith | 11 décembre 2011

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Alors Michel : qu'est ce qui t'arrête à promouvoir de façon claire les dégustations à l'aveugle qui réduisent tous ces problèmes latents, récurrents, permanents, immortels à une valeur proche du zéro ?
C'est quand même fort de café de lire des tas et des tas de commentaires sur un problème qui a une solution radicale immédiate.
La peur supérieure de dire des conneries au point d'y perdre très vite sa crédibilité ?
Car, en étant un peu de mauvaise foi, je peux dire que jusqu'à nouvel ordre, je ne vois aucun "journaliste" prêcher l'aveugle en dégustation, ultime système, on le sait et surtout on le comprend, qui évite toute suspicion de collusion. Ou il y en a un autre ? On m'explique ?

Écrit par : mauss | 11 décembre 2011

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Il semble que cette affaire ne concerne pas la pertinence ou l'honnêteté de commentaires de dégustation, mais le fait pour un producteur de devoir payer un intermédiaire - dans des conditions discutables- pour accéder à un critique et ainsi à une visibilité sur un marché.

Écrit par : Jean-Michel | 11 décembre 2011

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Cher François Mauss
J'ai dit et écrit à maintes reprises par le passé que les dégustations à l'aveugle constituaient pour moi un gage d'honnêteté pour peu qu'elles aient été soigneusement orchestrées. J'ai pratiqué de la sorte devant témoins lors de nombreux reportages et durant une bonne vingtaine d'années. J'en reviens un peu en ce moment car il me semble que j'avais un peu tendance à expédier trop vite certains vins. J'ai constaté aussi que certaines de ces dégustations - pas les tiennes, bien sûr - n'offraient aucune garantie scientifique. Mais en même temps, je ne souhaite plus goûter les vins de manière méthodique. Cependant, j'aime de plus en plus goûter un vin sans savoir ce que je goûte et si je suis en présence du vigneron, je lui demande de se taire durant ma dégustation car j'adore trouver du grenache là où il n'y a que de la syrah et vice versa. Que veux-tu, je vieillis...
Bien à toi

Écrit par : michel Smith | 11 décembre 2011

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Désolé, mais ce n'est pas , pour moi, une réponse satisfaisante car je peux parfaitement imaginer qu'un producteur, ou une association paie un journaliste/critique/écrivain pour qu'on parle de lui mais alors, il faut bien que l'opinion que je vais lire ensuite soit "neutre" et donc sans relation avec ce paiement.
Il ne doit pas y avoir de honte à assurer un tel travail si cette règle de l'acceptation par le commanditaire du commentaire est claire. C'est un risque qu'il prend en toute connaissance de cause.
Certes, c'est bien loin de la pureté que réclame Monsieur Smith, mais soyons lucides : ce ne sont ni ses lecteurs, ni ses supports papier qui peuvent assurer (là, je généralise au delà de Michel Smith) ses revenus. Il faut donc bien trouver d'autres modes de financement et celui là me paraît moins batard que d'autres sans être parfait, c'est évident ! L'autre mode, on le connaît : c'est la pub, telle qu'on la voit à la RVF et ailleurs. C'est plus accepté ? Probablement, mais là, les étanchéités sont parfois délicates, n'est-il pas ?

Écrit par : mauss | 11 décembre 2011

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Michel : tu as vite compris que mon dernier post répondait non pas au tien, qui est venu après, mais à celui de Jean-Michel.
Je comprends totalement ton point de vue qui est, (à ton corps défendant ?) celui que michel Bettane m'explique souvent avec beaucoup de patience, ce en quoi je lui suis reconnaissant.
Ce que je constate quand même sur ce sujet, c'est que l'homme qui a eu , et de loin, le plus d'influence dans la critique vineuse, Robert Parker, est un vigoureux défenseur de "l'aveugle" même si certains faits montrent qu'il y a eu beaucoup de coups de canif dans la chose. Nature humaine…
En tous cas, voilà un système, l'aveugle, qui éteindrait bien des discussions de clercs inutiles, superfétatoires et porteuses de zones d'ombre qui deviennent lassantes.
Porte toi bien !

Écrit par : mauss | 11 décembre 2011

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Mais dans cette affaire, c'est le paiement auprès d'un intermédiaire unique et obligatoire qui pose problème. A la lecture des commentaires de certains producteurs impliqués dans cette affaire, la question se posait de manière simple: payer ou crever. Autrement, ce ne serait que de la publicité.

Écrit par : Jean-Michel | 11 décembre 2011

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Jean-Michel : ce dernier commentaire est sournois, très réducteur quand bien même il correspond, hélas, à une réalité désolante.
D'accord : si un intermédiaire essaie de me "vendre", sans le dire ou en le disant, une possible critique par Parker de mon vin, je le paie ou pas : il ne me pose pas un pistolet sur la tempe. Et ici à Bordeaux, dans une très élégante subtilité, c'est un processus qui a été mené de façon très efficace par plusieurs personnes, féminines ou masculines. C'était moins balourd que Campo mais surtout bien plus efficace, car on était dans le "non-dit" qui était en fait un "oui-dit".
On est là dans un autre domaine, effectivement, celui du rôle d'intermédiaire que jouent certaines personnes. Détestable, mais parfois avec des résultats.

Écrit par : mauss | 11 décembre 2011

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On ne va peut-être pas relire les Travaux et les jours et discuter les mérites respectifs de la saine "émulation" et de l'"envie" destructrice ce soir - demain c'est lundi - mais une chose m'apparaît sûre: le journalisme indépendant et pluriel tel que le défend Michel Smith, de manière pragmatique et sensible, est indispensable au bon fonctionnement de nos démocraties. Je ne le crois pas si isolé "professionnellement" que le prétend Michel Bettane dans son message d'hier. Tant mieux.

Écrit par : Jean-Michel | 11 décembre 2011

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@ François Mauss

Je reprends ces phrases écrites plus haut : “…je peux parfaitement imaginer qu'un producteur, ou une association paie un journaliste/critique/écrivain pour qu'on parle de lui mais alors, il faut bien que l'opinion que je vais lire ensuite soit "neutre" et donc sans relation avec ce paiement. Il ne doit pas y avoir de honte à assurer un tel travail si cette règle de l'acceptation par le commanditaire du commentaire est claire. C'est un risque qu'il prend en toute connaissance de cause.”

Certes, ce n’est “que” de cela dont il est question dans l’affaire du Jumillagate. Dans le premier mail que révélions fin octobre, celui que l’Asevin envoie à 75 destinataires de la province de Murcia, est établi un tarif, un barème

1.- 200-300 € por cada muestra de vino enviada para catar.
2.- 500 € por cada vino seleccionado para la Cata magistral.
3.- 1.000 € por visita a cada bodega seleccionada.

Même sans une pratique soutenue de la langue de Cervantes, on comprend très bien le “deal”, il s’agit de payer pour chaque échantillon avec ensuite l’ajout ou pas d’options complémentaires (dont on peut difficilement se passer…). Le problème est que, outre une entorse grave aux règles d’éthique édictés par Robert Parker Jr lui-même (entorse connue ou pas de Jay Miller…), ce système induit immanquablement des effets pervers.

Dans une Espagne agricole et viticole modelée par le latifundisme puis par le collectivisme franquiste, dans une Espagne qui compte dix fois moins de Domaines que la France par exemple, dans cette Espagne structurellement “anti-bourguignonne”, ce genre de système de dégustation à péage, à mon sens, n’a pas vraiment contribué à l’éclosion de jeunes talents. Et qu’on le veuille ou non, le résultat est là: souvent le vin espagnol tombe dans le convenu, dans le l’ennuyeux quand ce n’est pas, comme la critique anglo-saxonne vient de le découvrir, dans la caricature pure et simple avec une multiplication de cuvées “parkerisables” ultra-boisées, hautement glycérinées et sucrailleuses. Tout cela dans un pays qui, à grands pas, s’éloigne du vin, voyant sa consommation annuelle per capita tomber sous les 18 litres!

Pour ce qui est de la notion de dégustation à l’aveugle, dans cette affaire, il est évident qu’on en est à des années-lumière, les vins étant de préférence dégustés à la bodega, sous l’œil du propriétaire (cf. les nombreuses vidéos fièrement postées par Pancho Campo des Spain tours de Jay Miller). Par parenthèse, la dégustation à l’aveugle (dont je suis un fervent partisan) a elle aussi ses limites; sans juges qualifiés, “délicats”, elle tourne rapidement au concours de body-building, ce dont, je viens de l’écrire plus haut, l’Espagne n’a pas nécessairement besoin…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Merci Vincent de recadrer le débat que j'ai suivi sans intervenir car je ne suis qu'un clerc inutile...

Écrit par : Berthomeau | 12 décembre 2011

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Merci, Jean-Michel de vos propos...
Une chose : la pub, dans un journal est là pour le faire fonctionner et cette pratique est entendue depuis des lustres. Mais, pour un salon élitiste, faire payer cher un vigneron qui peut ainsi espérer de meilleures notes (et de meilleurs articles) dans le guide ou les reportages réalisés par les organisateurs, me paraît dangereux.

Écrit par : michel Smith | 12 décembre 2011

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Que de remerciements de part et d'autres... Le sujet ne me semblait pas "décadré" puisque nous causions aimablement de liberté de la presse. Vaste sujet en effet....

Écrit par : michel Smith | 12 décembre 2011

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Pour ceux qui lisent l'Espagnol, un long papier que vient de publier Antonio Casa dans El MundoVino car, décidément, de l'autre côté des Pyrénées, après la bataille les langues se délient (sûrement la tradition de la tertulia…). C'est une mise en perspective assez intéressante qui permet de voir le niveau technique de ce que proposait le duo Miller-Pancho (et là, franchement, Michel, je pense que même si on n'est pas irréprochables en France, on vole quand même un peu au-dessus!). On trouve d'ailleurs même une certaine tendresse pour le "pauvre" Jay, avec un passage qui n'est pas sans rappeler le chien qui pète chez Parker de Nossiter, celui des chats de Miller entre les bouteilles de sauvignon.
http://elmundovino.elmundo.es/elmundovino/noticia.html?vi_seccion=2&vs_fecha=201112&vs_noticia=1323621873

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Il est bien évident que je ne cherche nullement à défendre MM Campo et Miller. Et cela est écrit depuis des lustres sur mon blog.
Cel a également été évoqué lors du séminaire "Bettane-Schildknecht" au dernier WWS à Villa d'Este où Michel a qualifié "d'idiot" cette déviance financière.
Et donc, je comprends parfaitement le commentaire de Jean-Michel, à rapporcher des différences fondamentales qui existent entre Bordeaux et Bourgogne : l'une de ces régions ayant été "marquée" par Parker, l'autre non.
Disons que là où Bordeaux a joué une carte de belle subtilité, l'Espagne semble réagir trop mal, trop vite, en oubliant un peu que Parker ne fait plus la pluie et le bon temps comme par le passé. Il fut suivre ce qui s'écrit sur le forum Squires pour s'en convaincre.
On est en train de changer de période et il va falloir trouver de nouveaux modus vivendi entre producteurs et consommateurs, via une critique qui va devoir être plus claire dans son fonctionnement puisqu'il est évident que "l'aveugle" fera toujours trop peur, et des deux côtés.
A nous, les consommateurs, de chercher quels seront les "bons" critiques, les moins perméables aux influences financières (et donc des critiques bénéficiant d'autres sources de revenus) par rapport aux futurs Jay Miller qui vont essayer - plus discrètement, probablement - de suivre ses traces pas vraiment sympathiques.

Écrit par : mauss | 12 décembre 2011

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Pour ce qui est du changement de période, le "succès relatif" du récent Wine Future panchocampesque de HK avec sa brochette de dégustateurs stars me semble riche d'enseignements comme en témoigne cet article passé inaperçu et dont voici un extrait:
"« J’aurais aimé avoir une réponse plus enthousiaste de la part des professionnels de Hong-Kong, » avoue Pancho Campo, « il est probable que la réunion d’un tel panel de personnalités et d’experts restera unique dans l’histoire de Hong Kong. C’était une opportunité exceptionnelle que les acteurs du vin à Hong-Kong n’auraient pas dû laisser passer. »"
http://chine.aujourdhuilemonde.com/hong-kong-le-centre-du-monde-du-vin

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Pour Hong Kong, Campo a fait une faute majeure en choisissant la zone de l'aéroport pour son événement. Les amateurs de HK, qui ont de multiples choix tous les jours pour des dégustations d'exception, ne voyaient pas vriament l'intérêt de courrir à l'aéroport pour écouter Parker.
Ceci dit, il y a eu quand même pas mal de monde et sa dégustation géante a eu du succès.

Écrit par : mauss | 12 décembre 2011

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Vu la mise en doute des compétences de dégustation de M. Campo par M. Casado, et compte tenu du récent Wine Future, je propose de rebaptiser pour lui le MW: "Master of Wok".

Écrit par : Hervé LALAU | 12 décembre 2011

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Pour MW, un grand vigneron australien m'a glissé un jour sur le coin du bar "Master of Wanker". Sorry…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Concernant Antonio Casado dont j'apprécie le joli papier d'ElMundoVino (lien ci-dessus) et, surtout, tous les grands noms de la critique vinicole espagnole, muets il y a peu et aujourd'hui si prolixes, si virulents, je répète ce que j'ai écrit par ailleurs : pourquoi n'ont-ils par raconté ça plus tôt? Car enfin, avant la tertulia, il y a la corrida, non?
Je sais, ça ne se fait pas, mais enfin bon…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Connaissant un peu Antonio, je pense que son passage, même bref, au sein de l'équipe de M. Campo, devait lui faire penser que son témoignage pouvait être pris comme un réglement de compte. Ce qu'il n'est pas, j'en suis sûr, pour autant que je m'y connais en hommes.

Écrit par : Hervé LALAU | 12 décembre 2011

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… et le papier d'Antonio Casado prouve ce que j'ai écrit dès le premier jour chez Jacques Berthomeau, tout le monde savait.

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Oui, c'est pour le moins troublant. Et pourtant, en privé, combien de nos confrères espagnols ne nous ont pas fait part de leur doute, déjà lors de l'affaire de l'alerte interpol, en 2009, puis à l'occasion du premier Wine Future, et la dégustation des grenaches en Rioja? Je me rappelle aussi qu'on s'est ému de l'attribution de Vinoble à la Wine Academy of Spain. Puis du fait que M. Campo ait la carte de presse. Pris isolément, tout ça pouvait peut-être sembler de peu d'importance, mais le tout ajouté...
Mais M. Campo n'a jamais manqué pas de défenseurs, non plus, notamment parmi ceux qui parlaient à ses tribunes.
D'autre part, il faut lui reconnaître un certain entregent, une audace naturelle qui tranchait avec un certain ronron dans le vin espagnol.

Écrit par : Hervé LALAU | 12 décembre 2011

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Donc, pour tout dire, je m'interroge sur le sincérité des résistants de la dernière heure (ou même de l'heure d'après)…
Et finalement, j'ai presque un peu de tendresse pour le pathétique anachronisme de ce vigneron du Priorat qui alors que le couperet était tombé s'est lancé dans un vibrant plaidoyer en faveur des ex-Laurel et hardy du vignoble espagnol; il est vrai qu'il avait obtenu un improbable 96/100 dans le WA.
http://debrujasyvino.blogspot.com/2011/12/el-regreso-del-pepino-o-bien-en-defensa.html

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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À ce propos, pour ceux qui ont un lien avec lui, Pancho Campo MW est justement en train de publier des dizaines de photos de ses (anciens?) amis sur son compte Facebook. Assez drôle…

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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Est-ce qu'Al Gore y est? Je crois qu'il avait brillé par son absence à la conférence sur le Climate Change de Barcelone, on avait dû organiser une vidéoconférence, je crois, certaines personnes assistant à l'événement en avaient été assez déçues, je crois, vu qu'il était annoncé sur le programme

Au fait, Vincent, vous y êtes, sur ce Campo Book of real friends?

Écrit par : hervé Lalau | 12 décembre 2011

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Absolument pas, Hervé… Ce n'est pas le genre de la maison!

Écrit par : Vincent Pousson | 12 décembre 2011

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