22 novembre 2011

La fin des VDQS

Les 17 VDQS que compte la France disparaîtront au 31 décembre.

Faisons les comptes ensemble.

-15 ont accédé à l'AOC. Un splendide succès qui sanctionne les efforts (pas toujours payants dans le vin, hélas) des Côtes du Brulhois, de Moselle, d'Estaing, du Haut Poitou, de Saint Sardos, j'en passe et des plus indispensables.

-Un a disparu, bientôt absorbé par une AOC: les Vins du Thouarsais, qui devraient être intégrés à l'AOC Anjou (il n'y avait de toute façon plus que quelques producteurs, ce qui démontre par l'absurde à quel point cette dénomination était recherchée). Accessoirement, notons que pour la bonne cause, une AOC existante, Anjou, peut très bien s'étendre. A l'INAO, l'inflexibilité cotoie la souplesse, c'est ce qui fait de la France un pays si attachant, si différent des autres.

-Le dernier, Lavilledieu, devient IGP. Reconnu VDQS depuis 1947, il ne s'était pas beaucoup étendu, ne couvrant que 150ha sur 13 communes, pour une production de l'ordre de 9.000 hl.

En définitive, les VDQS auront bien tenu le rôle d'antichambre des AOC qui leur avait été dévolu depuis les années 50. Reste que les promotions en AOC ont été très nombreuses, ces dernières années; les 17 restants  n'étaient que les retardataires, les décrochés du peloton. Intégrer les contraintes de l'AOC, en termes de rendement, notamment. ne sera sans doute pas si facile. Enfin, sur le papier, au moins.

L'attrait de la mention suprême, miroir aux alouettes, a été le plus fort. On peut le regretter, car d'une part, le niveau de qualité des nouveaux promus est hétérogène; et de l'autre, peu d'entre eux ont acquis une notoriété comparable à celles des AOC historiques (le Gros Plant du Pays Nantais est sans doute l'exception qui confirme la règle).

Il aurait mieux valu ne pas créer autant de nouvelles AOC; mais quel pouvoir, quel élu syndical, quel "responsable" aurait pu refiser ce hochet à de braves vignerons toujours prompts à la colère, et parfois, pour de bonnes raisons?

Et les consommateurs, là-dedans? Ils s'en fichent, pour la grande majorité. Comme les distributeurs étrangers. Leur confiance dans l'AOC est déjà bien émoussée, qu'un nouveau bataillon rejoigne les rangs déjà pléthoriques de cette armée mexicaine où tout le monde est gradé ne fera que les confirmer dans leur idée que décidément, c'est la marque et le nom du producteur qui comptent.

13:39 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : aovdqs, vin, vignobles, france |

Commentaires

Aussi mauvais que le chauve de Chamalières

Tu as bu les vins d’Estaing ?
Moi oui, souvent car c’est juste aux confins de l’Aubrac et du Rouergue, zones que j’affectionne. Quels picrates !!!!! Sulfitage généreux garanti, maturité absente, vinifications approximatives .... Bon, il y en a sans doute de meilleurs dont je n’ai pas croisé le chemin.

Écrit par : Luc Charlier | 22 novembre 2011

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J'espère que tu avais goûté l'ironie à propos du splendide succès et des efforts
qualitatifs...
Pour Estaing, oui, j'ai dégusté, il y a longtemps. Même impression que toi. Et plus récemment Saint Sardos. Ceux-là, sans défaut, ni vice ni vertu.

Écrit par : hervé Lalau | 22 novembre 2011

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