21 novembre 2011
Domaine Tempier (Bandol), 1990-2003, par Youri Sokolow
Mon ami Youri Sokolow m'a confié un de ces comptes-rendus de dégustations dont son club d'oenophiles a le secret.
Celui-ci concerne le Domaine Tempier, à Bandol, et plus particulièrement ses 3 cuvées spéciales:
-La Migoua qui est élaborée avec en général 50 à 65 % de Mourvèdre
-La Tourtine qui contient 70 à 80 % de Mourvèdre
-La Cabassaou, qui, elle, atteint 95 % de Mourvèdre.

Un domaine, trois cuvées, cinq millésimes
Lors de notre dégustation, sur cinq millésimes (1990, 1995, 1998, 2000, 2003), nous avons préféré la Cuvée Cabassaou (16,74/20), devant la Migoua (15,98/20), et La Tourtine (15,68/20).
Nous avons commencé par le millésime 1998, où la Migoua est à boire, la Tourtine proche de la maturité, à l’inverse de la Cabassaou, qui apparaît élégante et complexe mais d’une jeunesse impressionnante.
Dans le millésime 1995, à l’inverse, la Tourtine semble avoir dépassé son apogée, alors que la Migoua est superbe d’élégance et d’équilibre. A nouveau la Cabassaou domine les débats avec un vin plus complexe et plus jeune.
Le millésime 2000 est de loin le millésime qui nous a procuré le plus de plaisir.
La Migoua présente un nez puissant sur des notes de cassis, de fumé, une touche métallique et goudronnée, qui évolue vers le floral et l’amande. Bouche à l’attaque ample, un superbe fruit, une matière riche et concentrée, des tannins magnifiquement racés, une longue finale charnue. Un vin magnifique à boire sur cet équilibre mais pourra sans problèmes encore évoluer quelques années. A nouveau, La Cabassaou a dominé les débats, avec un vin au nez complexe sur l’orange sanguine, le minéral, notes de fruits rouges et noirs confiturés, touche mentholée, qui évolue vers la fourrure et le cassis. Bouche tout aussi superbe, riche, concentrée, tannique, sur la réserve mais avec un potentiel gigantesque. Un vin massif à revoir dans 10 ans. Pour finir la Tourtine offrait un nez puissant sur des sanguines, agrumes, menthol, fourrure, goudron, romarin. La bouche était la plus élégante des 3, avec des tannins soyeux et fondus et une finale équilibrée, malgré une légère pointe d’amertume. Le plus aimable des vins, il est prêt à boire.
Sans surprise, le millésime 2003 est apparu extrêmement chaud et opulent, avec des vins d’une richesse à la limite de l’écœurement, et dont il est difficile de prévoir l’évolution. A nouveau, le seul qui sort son épingle du jeu, fut la Cabassaou, dont le coté strict équilibrait, autant que faire se peut, la richesse alcoolique.
La dernière série, celle des 1990, fut hétéroclite; notre seule déception de la soirée fut de voir une Cabassaou 1990 fatiguée, austère et manquant d’équilibre, à l’inverse du Château Pibarnon 1990, notre vin pirate, qui se montrait élégant et fondu.
Youri Sokolow
Plus d'info: http://domainetempier.com/
00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Provence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : bandol, provence, domaine tempier |



Commentaires
Écrit par : Gosselin Jean Noël | 21 novembre 2011
Répondre à ce commentaireAllez, j’en remets une couche.
Léon « pratique » le Bandol depuis 1987, avec assiduité.
Il a eu la chance de connaître Lucien Peyraud et la Comtesse Portalis, mais pas le Suisse.
Respect pour le travail à Tempier et salut à François et Jean-Marie, ainsi que le très sympathique et compétent Daniel Ravier, qui a « remis les pendules à l’heure » après quelques millésimes moins glorieux au milieu des années ’90. On a bu une Tourtine ’86 il n’y a pas longtemps : très réussie et bonne tension – comme on dit maintenant – sur ce millésime jaloux. Ne négligez JAMAIS la Tourtine : moins puissante que la Migoua, moins mourvédreuse que Cabassaou, elle a toujours une acidité d’avance. Et puis, le « grand aïoli » dans la véranda, quelle magie !!!!!
Pour La Bégude ?????? I don’t get it.
Les Tari, récemment débarqués (fin des années ’90), noient les quelques vignes qu’ils possèdent à la limite de l’appellation, près du circuit Paul Ricard, dans du bois neuf. On se situe dans la zone la plus froide et la moins recherchée de l’aire du Bandol : trop haut, trop venteux, trop acidifié par les pinèdes. Mais peut-être les gaz d’échappement et les pétarades du circuit automobile procurent-ils une « typicité » au Bordelais bandolinant ? Moi, ce n’est pas mon truc.
Outre Tempier, allez goûter les domaines (personnes à contacter de ma part) :
. La Tour du Bon (Agnès Henry)
. Lafan-Veyrolles (Madame Jouve et Jean-Marie)
. Jean-Pierre Gaussen (et Mireille !)
. Le Galantin (toute la famille)
. Gros Noré (les frères Pascal)
. Bastide Blanche (oenologue Daniel Abrial)
. Pibarnon (Eric de St Victor)
. Saint-Anne (le fils et la fille cadette de Françoise et François)
. Cagueloup (Richard)
. Suffren (Cédric Gravier) .... et La Laidière (Freddy) pour ses blancs.
Vous vous régalerez !
Enfin, c’est juste mon avis.
Écrit par : Luc Charlier | 22 novembre 2011
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