18 novembre 2011

Le Château Cayrou témoigne du renouveau de Cahors

Le Château du Cayrou se dresse fièrement dans une boucle du Lot, à Puy l'Evêque. Il a du en voir passer, des gabares de vin de Cahors! Pour qui s'y promène au matin d'automne, quand la brume flotte sur la rivière, c'est comme faire un saut dans une autre époque.

La demeure, très vaste, à été rachetée en 2009 par l'ex-Directeur Général Adjoint de Renault, Georges Douin, et son gendre Julien Goursaud, ancien banquier bordelais. C'est ce dernier qui exploite le vignoble et prend en charge les vinifications.
Une histoire de néo-vignerons comme tant d'autres? Oui et non. Rien n'obligeait le trader à changer de métier. Si ce n'est le sentiment de ne pas faire une oeuvre très utile de sa vie, et la question, de plus en plus lancinante, chaque matin: "pourquoi je vais travailler aujourd'hui?"

L'apprenti vigneron à dû faire ses classes, il est retourné sur les bancs de l'école, en l'occurrence la Fac d'oenologie de Bordeaux. Ses stages en cave, il les a fait à Cayrou, bien sûr, parce que dans le même temps, le vin n'allait pas se faire tout seul. Son premier millésime, ce fut le 2009. Une chance, ce fut une belle année à Cahors.

Cayrou.jpgGeorges Douin et Julien Goursaud

 

Les 30 ha de vignes du domaine, encerclées par Lot, sont à dominante de graves. (la Cayre, c'est la pierre, le caillou, en Quercinois); mais l'épaisseur des graves et le type d'alluvions dépendant de la situation par rapport à la rivière. Si, globalement, le domaine est classé dans les terrasses du Lot il n'en présente pas moins de grosses disparités.

La vigne est en conversion vers l'agriculture biologique.

Sur place, jeudi dernier, j'ai dégusté la cuvée haut de gamme, le Château du Cayrou, "Le Grand Vin" 2009.
Un 100% Malbec, qui a subi 30 jours de macération.
Il présente un nez très fin de fruit noir, avec un petit côté floral (serait-ce de la violette?). En bouche, c'est à la fois velouté et acidulé, avec un peu de cette granulosité qui donne du volume au vin. La finale est longue, l'impression générale est celle d'un Cahors racé, élégant, à la fois terrien et aérien, à l'image de la demeure, avec ses moellons massifs et bien alignés, et ses toits escarpés partant à l'assaut du ciel bleu. Bref, un nom à ajouter d'urgence à votre carnet d'adresses.

Château du Cayrou F-46700 Puy-L’Evêque
Tél: +33 6 84 77 89 47; chateauducayrou@yahoo.fr

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Tags : château cayrou, cahors | Lien permanent | Commentaires (2) | | | | |

Commentaires

Je suis d'accord, Cahors et Madiran font vraiment d'admirables choses. C'est dans la vinification sur le fruit, et la recherche de l'équilibre et non dans les élevages longs et fatiguants en barriques que se trouve la vérité.

Écrit par : Gosselin Jean Noël | 18 novembre 2011

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Rien qu’une larme dans tes fûts

Snif, quand j’ai visité le Ch. Cayrou pour la première fois – en 1987 ou 1988 – c’était avec feu M. Jouffreau, et puis une de ses filles. C’était le petit frère du Clos de Gamot.
Snif.

Sic transit gloria pinardi.

Écrit par : Luc Charlier | 22 novembre 2011

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