07 novembre 2011
Pour bien boire, buvez en bonne compagnie!
Pour bien boire - on ne parle pas de déguster, mais bien de boire - il faut savoir choisir ses vins, mais aussi les gens avec qui l'on boit.
On dirait un vieil aphorisme de Malesherbes ou de Saint Simon. Eh bien non, c'est de moi!
Il faut dire que j'ai triché, quand j'ai écrit ces lignes, je carburais au grand vin et aux grands esprits.
C'était vendredi soir, aux Berceaux (ze place to be in Epernay) je dînais en compagnie de trois de mes complices des 5 du Vin, Marc, Jim et David, et d'un très sympathique consultant basco-champenois, Olivier Borneuf. Un jeune à la fois passionné, compétent et ouvert, oui, ça existe.
Comme c'était notre dernier soir ensemble, après deux jours de dégustations avec les Artisans du Champagne, nous avons décidé de changer de région. À l'apéritif, Patrick Michelon, le chef des Berceaux, nous a servi un vin mystère, qui s'est avéré être alsacien - j'avais hésité entre Gaillac et Savennières, il s'agissait d'un vin de Jean Michel Deiss. L'Engelgarten 2008. Miel d'acacia et pétrole au nez, j'aurais dû reconnaître un beau riesling (il y en a dans le lot, mais c'est une parcelle complantée où il y a aussi du muscat et des pinots), mais l'acidité apparemment assez basse m'a fait bifurquer vers d'autres contrées. Deiss 1, Lalau 0.
Marc et David, eux, ont trouvé tout de suite. Jim aussi, après avoir pris le temps de friser sa moustache. Chapeau, les gars!
Engelberg 2008
Nous avons entamé le repas avec un Saint Aubin choisi par David, un Premier Cru les Champlots de Gilles Bouton, millésime 2009.
Riche, gras, miellé, un tantinet sur l'alcool, mais tellement bourguignon!
David aurait préféré le 2008, moins solaire. Je ne peux pas dire, je ne l'ai jamais bu.

Saint Aubin Premier Cru 2009
Pour les côtelettes d'agneau, nous sommes passés à un Saint-Nicolas de Bourgueil, 2009 de Gérald Vallée, à nouveau choisi par David, assisté par Mr Loire en personne, alias Jim Budd. Cuvée Les Perruches.
Quelle fraîcheur, quel exubérance de fruit, quelle belle longueur en bouche! C'est mûr. Mais c'est croquant.

Les Perruches 2009
Comme la bouteille nous a vite semblés trop petite, Marc a commandé une bouteille de Crozes Hermitage, la Cuvée Le Clos des Grives 2009, de Laurent Combier.
Dense, fruité, mais droit, ces grives là nous ont chanté tout le charme des Côtes du Rhône du Nord, la tension sous le velours.
Le Clos des Grives 2009
J'avais encore du Saint Nicolas dans mon premier verre, j'ai donc pu faire des allers-retours entre Loire et Rhône, et je n'ai pas été déçu du voyage. Deux belles expressions de fruit noir, différentes et pourtant, dans un sens, la même précision de vinification, à la recherche de l'expression du cru - je ne parlerai pas de terroir, en bon britannique, David juge le mot imprécis et galvaudé, et je crois qu'il a raison.
Dieu que c'était bon d'être ensemble autour de ces bouteilles-là. Dieu qu'on était loin du microcosme, du showbiz du vin. Et pour ceux qui pensent qu'on se goberge toujours aux frais des producteurs, qu'on ne vaut pas mieux que la mauvaise réputation du journaliste pique assiette, ou pire, du critique acheté, on a payé de nos deniers, 77,5 euros par personne, repas et vin compris. On n'a pas regretté nos sous. Et la conversation, elle, était gratuite. On en reparlera au fil des posts, ici ou sur le blog des 5 du Vin.
Alors faites moi confiance: il y a toutes sortes d'accessoires du vin, aujourd'hui, du verre "Spécial Boisé" à la turbine d'aération en passant par la carafe profilée. Ce n'est pas moi qui vous en dégouterai.
Mais au moins aussi important: choisissez bien avec qui vous buvez!
Et pour ceux qui voudraient récréer l'ambiance (mais avec d'autres amis, je garde les miens), voici l'adresse: Les Berceaux, 13 rue des Berceaux, F-51200 Epernay. http://www.lesberceaux.com/restaurant.htm
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Bourgogne, Champagne, France, Loire, Rhône | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, art de vivre, deiss, engelberg |



Commentaires
Un des maîtres de Léon avait l’habitude de lui dire : - « Il y a deux manières de boire du vin : avec les amis – et c’est la meilleure – ou bien avec des fâcheux; cela s’appelle un déjeuner de presse ! ».
Écrit par : Luc Charlier | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hervé Lalau | 07 novembre 2011
Écrit par : Jim Budd | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : michel Smith | 07 novembre 2011
Écrit par : michel Smith | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hervé Lalau | 07 novembre 2011
Et il passe aussi sous silence deux vins également bus avant le dîner : un très intéressant Crémant de Jura, fourni par Marc Vanhellemont, et un Champagne (un blanc de blanc de Deibolt-Vallois, de Cramant), bien choisi par Olivier Borneuf, notre spécialiste locale.
Écrit par : David Cobbold | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireJe suis pourtant sûr d'avoir écrit un petit paragraphe sur votre supériorité, et je ne l'ai pas retrouvé dans le texte. Curieux.
Et pour le Crémant du Jura, c'est la Cuvée Béthanie, de la Fruitière d'Arbois.
Tu nous fais un commentaire?
Écrit par : hervé Lalau | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentairePour information, le terme fruitière signifie une cave coopérative, mais je trouve ce mot bien plus jolie, et aussi plus approprié au vin.
Je ne sais pas ce que signifie le mot Bethanie (un lieu ?) appliqué à la cuvée. En tout cas je ne crois pas que notre éminent collègue Michel Bettane ait participé à son élaboration.
Cette cuvée contient, dixit Marc, 7% du cépage savagnin sur une grosse base de chardonnay. Cela la marque, effectivement, lui donnant un fond très ferme, et même un peu amer en finale, ce qui n'est pas désagréable, mais ne sera pas nécessairement au goût de tous. On croit y déceler l'écho lointain d'un vin jaune. C'est assez typique de ces Crémants du Jura que je trouve plein de personnalité, et je souligne au passage que cette catégorie de vins représente maintenant 25% de la production de la région. Est-ce que cela veut dire qu'ils marchent très fort, ou que les autres vins de la région marchent moins bien ? Je l'ignore. En tout cas je trouve que les Crémants du Jura ont plus de caractère que la plupart des autres Crémants.
Écrit par : David Cobbold | 07 novembre 2011
Écrit par : Hervé LALAU | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireBises à tutti !
Écrit par : michel Smith | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : David Cobbold | 07 novembre 2011
Marc, le sentiment du Jurassien d'adoption?
Écrit par : hervé Lalau | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireMes petits amours, on voit que vous êtes jeunes – n’est-ce pas, Forgeron, et toi, le Ducatiste !
Le Château Béthanie est une des propriétés de cette EXCELLENTE coopérative d’Arbois, voir http://www.chateau-bethanie.com/presentation.htm.
Leur gamme en décline plusieurs produits : en vins tranquilles, en « bulles » et même en « jaune », je crois (à vérifier). Quand Léon fréquentait le XVIIIème (1986) - côté Caulaincourt, pas Abesses, hélas – il traînait ses bottes à la Foire de Paris, au Salon de l’Agri, aux Caves Part Porte de Champerret etc .... Et souvent il en ramenait une « Cuvée Béthanie » (sans bulles).
On m’a dit que cette bouteille pouvait bénéficier de l’agrément rabinique aussi, sous le nom de « Cuvée Gethsémanie », moyennant une petite ... surtaxe. Ils élaborent aussi une huile d’olives du même nom ; mais ça, c’est logique.
Lisez d’ailleurs mon reportage sur le vif à ce sujet : (Luc 22:39 )
39. Après être sorti, Hervé alla, selon sa coutume, à la Montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent.
40. Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il dit à Marc et à David: - « Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. »
41. Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il vida d’un trait un canon de Cuvée Gethsémanie.
42. Disant: - « Forgeron, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. »
43. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Il portait dans son calice une plaine ration du vin de Jolo (appelé Maury).
La sagesse populaire en a gardé la trace, qui proclame avec raison :
« Du Maury ? Tu ris tout en salivant. »
Écrit par : Luc Charlier | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hervé Lalau | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireMerci pour cette excellente soirée, je me dois néanmoins de rappeler les quelques mots "fins" tout droits sortis d'esprits tout aussi aiguisés... "La tarte aux...." de Marc, les "muscats-dets" d'Hervé sont quelques pirouettes de nos écrivains du vin qui n'ont pas attendu le troisième verre pour faire chauffer les neurones. Une fois les langues déliées, le fond du verre comme celui des paroles était plein, toujours plein... L'élégance dans l'ivresse, c'est aussi ça savoir boire, bravo Messieurs et merci de m'avoir accorder une place à vos côté le temps d'une soirée.
Amicalement.
Olivier Borneuf
Écrit par : Olivier Borneuf | 07 novembre 2011
Répondre à ce commentaireOlivier Borneuf
Écrit par : Olivier Borneuf | 07 novembre 2011
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