01 novembre 2011

Nous collectons vos produits phyto

Je lis sur TNC le communiqué suivant:

"Les Chambres d’agriculture en association avec Adivalor organisent prochainement la collecte des produits phytopharmaceutiques non utilisables (Ppnu). La campagne viticole étant terminée, c’est le moment de faire le vide et ainsi d’éviter d’éventuelles sanctions en cas de contrôle.

La Dgal (Direction Générale de l'Alimentation) met en place chaque année des contrôles pour s'assurer que les produits phytosanitaires sont bien utilisés conformément aux décisions d'Autorisation de mise sur le marché (Amm), c'est à dire «dans le strict respect des usages et conditions d'emploi officiellement fixés dans l'Amm». Ces contrôles peuvent, en cas d'infraction, faire l'objet de sanctions administratives ou pénales.

Dans le domaine des produits phytopharmaceutiques, c'est le Sral (service régional de l'alimentation) qui est chargé d'effectuer les contrôles au niveau de la distribution mais aussi au niveau des utilisateurs, qu'ils soient agriculteurs ou non. Ils portent sur la sécurité du stockage, l'enregistrement des pratiques et le respect des conditions d'utilisation mentionnées sur l'étiquette (usage, dose à l'hectare, protection des pollinisateurs, la zone non traitée de 5 m au moins par rapport aux points d'eau), ou encore la gestion des déchets..."

Alors je m'interroge. Est-ce que ça veut dire qu'on a employé au cours de cette campagne des produits phytos non autorisés ou en trop grand nombre et que les Chambres d'Agriculture conseillent de s'en débarrasser pour éviter des contrôles? Ou bien s'agit-il seulement d'évacuer les produits qu'on a pas utilisé cette année et qu'on ne pourra pas utiliser les prochaines années?

Je suis parano ou quoi?

Tiens, au fait, et si on soumettait la vente des produits phyto à une ordonnance, comme à la pharmacie, avec une posologie, en fonction de la surface du vignoble? Je sais, ce serait compliqué. Mais pas plus que la gestion des droits de plantations ou des pourcentages des cépages dans les AOC.

C'est pourtant important de protéger la santé des vignerons et des consommateurs.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : phyto, vigne, vignoble | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

Reçu via un ami belge lecteur de ce blog, cet éclairage d'un professionnel

Phytofar l’association belge des producteurs de PPP a commencé la récupération des emballages vides de produits phyto en 1996, à l’époque c’était une première mondiale. Très rapidement nous avons eu des demandes de la part des agriculteurs pour reprendre les restes de produits non utilisables (produits liquides ayant sédimenté, produits techniquement dépassés, produits plus homologués, produits dont l’étiquette est devenue indéchiffrable etc) Nous avons dès lors décidé d’effectuer un ramassage de ce type tous les deux ans (cela coûte cher !) et pour le moment a eu lieu le 6ème ou 7ème. Les premiers ramassages nous ont permis de reprendre des produits datant de plusieurs dizaines d’années. Le ramassage actuel amènera un volume plus important car les matières actives ont du faire l’objet d’un renouvellement d’homologation au niveau européen et beaucoup de producteurs ont renoncé à engager des frais pour des molécules qui n’étaient plus assez rentables et les exigences de plus en plus drastiques ont aussi fait que certaines molécules n’avaient plus de chances d’être ré homologuées. Y voir d’autres sombres manœuvres tiendrait en effet de la paranoïa.

En ce qui concerne la prescription, mon idée PERSONNELLE (pas question ici d’engager Phytofar) est que ce serait un aspect positif pour la distribution, qui serait réservée à de vrais professionnels, mais je pense que les agriculteurs qui ont souvent l’habitude d’acheter leurs produits au moins offrant ne l’entendraient pas de cette oreille. Il faut savoir que beaucoup d’agriculteurs sont capables de décider eux-mêmes des produits à employer ou au moins de faire face aux problèmes les plus simples sans l’aide d’un prescripteur.

Écrit par : Hervé LALAU | 01 novembre 2011

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bonjour
ok pour l'ordonnance,mais pour tous,particuliers,collectivitées professionnels etc;Je doute que les jardineries suivent votre idée.
En ce qui nous concerne le suivi est déjà d'actualité.

Écrit par : diego | 01 novembre 2011

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Bonjour,

Je suis vigneronne, et je vous confirme qu'il s'agit soit de vieux produits rendus inutilisables soit des produits dont l'autorisation d'utilisation n'est plus valable. Il s'agit en fait d'éviter que des produits soient répandus dans la nature car devenus interdits.
Un peu comme quand vous ramenez vos vieilles piles ou ampoules dans les récipients prévues à cette effet dans votre mairie ou autres.

Au fait, est ce que 100 % d'entre nous ramènent ses piles et ampoules...
Les vignerons c'est pareil, globalement ils jouent le jeu, mais il y a aussi ceux qui ce moquent de tout, une minorité je crois.

Écrit par : aurélie | 03 novembre 2011

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Pile ou .... farce ?

Aurélie, ma jolie (on ne se connaît pas mais une Aurélie vigneronne est forcément jolie, à mes yeux), j’aimerais que tu dises vrai en ce qui concerne la conscience écolo-collectivo-sociale des vignerons. On n’a aucun moyen de le savoir. Je suppose que cela dépend de différents paramètres : taille de l’exploitation, style de management, état financier, options « philosophiques », mode de culture ...
Me donneras-tu raison si je t’affirme qu’il est plus vraisemblable qu’un bovéiste baba-cool en biodynamie produisant du vin de pays des Côtes –de-nulle-part à 12 hl/ha, cépage aribourenquignan, vendant sa bouteille dans les bars « pet nat » de Paris à 30 € HT aura plus tendance à rapporter ses crasses au tri sélectif que le Château N’angetéplus d’une AOC prestigieuse pratiquant le « traitement raisonné » (= comment faire vendre un maximum de produits phytos tout en restant légal), propriété d’une compagie d’assurance multinationale ayant sponsorisé la campagne présidentielle de l’UMP (avec Doc Gynéco) et affilée, par le capital, à Rhône-Poulenc ?
Moi, je crois que mes copains se débarrassent proprement des surplus de leur cave particulière. Par contre, tous les apporteurs de raisins fauchés du village entassent ... tout ce qu’ils peuvent pour les réutiliser, encore et encore et encore. Et on ne peut pas les en blâmer.

Écrit par : Luc Charlier | 04 novembre 2011

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bien sur, il y a des sensibilités de vignerons plutôt bio qui vont faire attention (encore que je connais pas mal de vigneron bio qui on aussi une société de négoce à coté histoire d'acheter des raisins à un coup moindre que les leur qui sont produit avec du 8hl/ha), cela étant dit je ne généralise pas et je crois que les bio sont plutôt dans une recherche de production respectueuse. De même, ne généralisez pas quand vous parlez comme vous dites "des apporteurs de raisins fauchés du village", je pense que beaucoup (et j'en connais un certain nombre) sont aussi des professionnels amoureux de leur métiers et non de méchants pollueurs. Bien sur la situation financière de certain n'est pas enviable , ce n'est pas une raison de leur lancer la pierre.

Écrit par : aurélie | 05 novembre 2011

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